Ah la la ! Il se passe des évènements parfois... Tenez, par exemple, il y a peut-être une quinzaine de jours, je
tombe en panne avec mon merveilleux véhicule de seize ans cette année, une vieille princesse pleine d'énergie quand elle l'a décidée.
J'étais fort ennuyée, et j'ai appelé mon compagnon à l'aide. Après avoir acheté un jeu de cosses pour
aider ma seconde maison à redémarrer, elle était probablement contrariée par le froid, nous branchons les fils rouges et noirs comme indiqué sur la notice (j'en profite pour vous avouer que nous
ne sommes pas spécialement bricoleurs dans la famille !).
Malheureusement, aucun signe de retour à la vie de ma titine...
Quand tout à coup, surgit de nulle part (mais plus certainement de son bureau ;-))) apparait un homme,
souriant, et décidé à nous prêter main forte.
Avec beaucoup de gentillesse et de délicatesse, il tente de comprendre ce qui se passe. Et... Au moment
où je décide que j'en ai assez, et que j'abandonne ma voiture jusqu'au lendemain... Mon moteur démarre ! Et c'est à ce moment-là qu'il me dit :"Il faut toujours aller jusqu'au bout !"
Et je le connais ce refrain-là. Ne pas baisser les bras, essayer de se dépasser et de trouver des
solutions.
C'est ce que je fais pour d'autres sujets, et vous aussi, même si parfois vous êtes un peu fatigués et
découragés... Même si quelquefois vous avez le sentiment d'avoir abandonné vos résolutions concernant l'accompagnement de vos enfants, ne baissez pas les bras. Il y a des périodes de doutes,
d'épuisement, mais il y a aussi l'intense satisfaction de voir nos enfants nourris et heureux !
Pour conclure, l'homme de la situation n'était autre que Yves Michel le fondateur des éditions du Souffle d'Or.
J'en profite pour vous inviter à acheter les livres de cette maison d'éditions, chez qui je n'ai aucune
action, mais dont j'ai envie de célébrer la cohérence !
Bonne journée à tous !
Catherine Dumonteil Kremer
Je n'ai pas vu la fin de l'année passer, ça a été étrange, divers
sentiments parasitaient mon quotidien. Je n'avais pas l'élan d'écrire quoique ce soit sur le thème des voeux.
Jusqu'à ce matin, voilà un jour nouveau paisible et plein de fraîcheur : il a neigé ici, tout est blanc
et lumineux.
Et puis je sors peu à peu de la rédaction d'un livre qui m'a énormément appris... Et hier justement je
suis tombée sur une perle ! Une citation de de ce psychologue au nom imprononçable : Csikszentmihalyi...
"Ce qui est exceptionnel ne peut pas être normal !" C'est bien dit non ? Et ça m'a donné envie de vous
souhaiter une année d'exception dans tous les domaines. Vous vous plaignez souvent du regard des autres qui évaluent de façon parfois très négative votre façon d'être avec vos enfants... Vous
déplorez que vos choix de vie soient jugés et quelquefois traînés très rudement dans la boue... Consolez-vous vous êtes exceptionnel, la morose normalité ce n'est pas pour vous. Je vous invite
cette année à vous laisser vivre ce que vous souhaitez vraiment sans vous encombrer du regard d'autrui qui tend à vous ramener à une normalité rassurante, confortable, alors que l'exceptionnel
vous tend les bras... Ne vous laissez pas faire par cette routine épuisante qui envahit parfois vos vies par simple facilité, revenez à vos rêves, à vos projets... Vous deviendrez ainsi des
modèles inspirants pour vos enfants mais aussi pour les normatifs qui vous entourent qui ne sont rien d'autre que des individus apeurés à l'idée de faire évoluer leur façon d'être et qui ont bien
besoin de vous.
Alors ne perdez pas un instant, allez-y, foncez !
Affectueusement
Catherine Dumonteil-Kremer
Ce n'est pas plus tard
qu'avant hier qu'on me l'a relatée...
Ce petit garçon d'environ 9 ans, en avait vraiment marre de rater ses autodictées.
Il décida d'y remédier. "Cette fois" se dit-il "je vais travailler si fort à mon nouveau texte, que
j'aurais une bonne note..."
Et il fournit des efforts considérables pour atteindre ses objectifs.
Le jour de la fameuse dictée arriva. Je suppose qu'il s'est senti un peu inquiet et en même temps sûr de
lui puisqu'il connaissait très bien son texte.
Le soir, une fois rentrée chez lui il annonce à sa maman :"Je suis sûre que je vais avoir une très bonne
note".
Le jour où l'enseignante rendit les copies, il était fébrile et attendait avec impatience la
sienne.
Et c'était fait, il avait réussi, il n'avait fait aucune erreur, alors pour quelle raison avait-il obtenu
un 8 sur 10 ?
... Il avait oublié de souligner le mot "Autodictée"...
Quels sont les messages (plus ou moins visibles) que son enseignante a transmis à ce petit garçon, plein
de bonne volonté.
"Ne crois pas que tu vas réussir si facilement", "Ton travail n'est pas parfait selon mes critères", "tu
es puni parce-tu n'as pas écouté la consigne", "tu étais focalisé sur l'orthographe, mais ça ne suffisait pas !", "Tu dois respecter toutes les consignes, tu ne peux pas présenter ta copie à ta
façon", "je suis là pour traquer tes fautes, pas pour t'encourager lorsque tu fais au mieux"etc.
Bien sûr me direz-vous cette histoire est on ne peut plus banale, l'enseignante croit qu'elle est
perfectioniste alors qu'elle détruit la motivation de cet enfant, ses efforts et sa capacité à être autonome. Dans quelques années on lui reprochera de ne pas l'être lorsqu'il posera la question
:"il faut que je souligne le titre ?"
Catherine Dumonteil Kremer
Article paru
dans "Le monde" le 22 mai 2009, à réfléchir...
"Michel Godet, prof de prospective industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers
(CNAM)
La politique familiale menacée par la crise. Mesures à prendre pour rétablir la perte de niveau de vie
des familles : -Versement des allocations familiales dès le premier enfant, quitte à les rendre imposables. C’est au 2e enfant que les femmes renoncent le plus souvent pour des raisons
économiques.
- Tenir compte de la taille des ménages (quotient familial) pour le calcul de la CSG comme on le fait
pour l’impôt sur le revenu (le montant de la CSG dépasse de 30% celui de l’impôt sur le revenu)
- Tenir compte de l’investissement en capital humain réalisé par les familles dans l’éducation de leurs
enfants. Cette cotisation jeunesse chère à Jacques Bichot devrait être prise en compte dans le calcul des retraites par répartition.
- La femme d’ouvrier qui a eu quatre enfants et a cessé de travailler pour les élever verra ses droits à
la retraite largement amputés par une carrière écourtée. Sans oublier que la même femme d’ouvrier touchera une faible pension de réversion puisque son mari a une espérance de vie de neuf ans
inférieure à celle d’un cadre.
-Dans notre pays, c’est un vrai métier que d’être payé pour s’occuper d’enfants à condition que ce ne
soient pas les siens ! Et l’idéal, du point de vue des retraites par répartition, est de ne pas avoir d’enfant et de cotiser au maximum, sans arrêt d’activité, pour des retraites qui seront
payées par les enfants des autres. Pourtant, les familles qui éduquent leurs enfants font faire d’énormes économies à la société, elles reçoivent en moyenne 5000 à 6000 euros par enfant et par
an, ce qui ne compense que partiellement le coût de l’enfant.
- Alors que le coût de la “non-famille”, c’est-à-dire le placement d’enfants dans une famille d’accueil,
est trois fois plus élevé, six fois plus pour des structures d’accueil et exorbitant (180 000 euros par an !) pour les jeunes prédélinquants qu’il faut placer dans des centres éducatifs fermés.
L’éclatement des familles est peut-être une affaire privée, mais la prise en charge de l’éducation (ou de la non-éducation) des jeunes est certainement une affaire publique.
- Il est normal de prendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres, mais il faut le faire aussi au
sein de chaque catégorie sociale en tenant compte de la charge des familles.
- En limitant le congé parental à deux ans, on entend inviter les femmes à reprendre au plus vite le
chemin du boulot, comme si la vie quotidienne d’une jeune femme avec un ou plusieurs enfants en bas âge au foyer n’était pas active. L’idéologie dominante (l’emploi d’abord l’enfant après)
conduit à un gaspillage de ressources : une place de crèche revient à 1200 euros par mois et par enfant à la collectivité. - Ne serait-il pas préférable de permettre aux hommes et aux femmes, qui
le désirent, de s’occuper de leurs enfants et de bénéficier d’un salaire et congé parental maintenu à trois ans par enfant quelle que soit la différence d’âge entre les enfants ? (...) On
pourrait prendre ce droit au congé parental à la carte et à temps partiel tout au long de la vie : au moment de l’adolescence des enfants ou pour s’occuper d’un parent âgé en
difficulté.
- On compte 1,7 millions de familles nombreuses (trois enfants et plus) dont 350 000 familles très
nombreuses (4 enfants et plus) et 200 000 familles monoparentales issues le plus souvent de couples séparés. Leur niveau de vie est de 30 à 40% inférieur à celui des couples actifs sans enfants à
charge.
- Il serait justifié et urgent de leur attribuer une allocation spéciale de vie chère. Ces familles sont
souvent d’origines modestes (40% des familles très nombreuses sont de référence ouvrière et un tiers d’origine immigrée). On ferait ainsi d’une pierre plusieurs coups : la politique familiale
profite d’abord aux plus démunis et à l’intégration des enfants d’immigrés. La revalorisation de 3% des allocations familiales a été présentée par le président Sarkozy comme un “effort” qui
donnera “un milliard d’euros de pouvoir d’achat en plus pour les familles”. En réalité, c’est un simple rattrapage comptable, prévu par les textes, découlant de l’inflation constatée en
2007-2008."
Ce texte m'a été transmis par Olivier Maurel.
Bonne journée !
Catherine Dumonteil-Kremer