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Elever son enfant autrement

J'attends quelques jours pour publier une page de vos trucs de parents débordés, et bien franchement ce sera une référence car des idées, vous en avez beaucoup ;-)))

 

 

Pour quelles raisons les besoins de nos enfants et les notres seraient-ils prioritaires ?  Voici une des premières réponses qui me vient à l'esprit sous la forme d'un texte que vous connaissez peut-être...

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« Vous ne marcherez pas toujours dans la lumière du soleil avec une
douce petite main se nichant dans chacune des vôtres, ni n’entendrez de
petits pieds trottinant à vos côtés, et de petites voix impatientes posant
des questions et babillant de mille et une choses dans une excitation sans
fin.
Vous ne verrez pas pour longtemps ce visage confiant tourné vers vous
et cherchant votre regard, ni ne sentirez ces petits bras autour de votre cou et les tendres lèvres pressées sur vos joues, ni ne verrez cette petite
forme agenouillée à côté de vous et murmurant des prières d¹enfant dans
votre oreille.
Aimez et gagnez leur amour et comblez-les de tous les trésors de votre
coeur. Remplissez-les journellement de bonheur et partagez avec eux leur
joie et leurs délices innocentes.
Avant même que vous ne vous en rendiez compte, cela sera déjà envolé
ainsi que tous ces avantages pour toujours ».

texte d'Abdu'l-Baha,1895 

 

 

Ce texte m'a toujours fait éprouver plein de sensations et de sentiments différents... Et vous ?

 

Catherine Dumonteil Kremer

Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 07:37

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pereNoel

 

 

 

 

Oui, je sais nous sommes au mois d'octobre, mais si on s'y prenait plus tôt cette année pour parler de cet épineux sujet... Je partage ici, un premier mail sur le thème du père noël, il y en aura plusieurs autres toute la semaine.

Qu'en pensez-vous ? Comment pensez-vous vous y prendre ? Que représente le père Noêl pour vous ?

 

Bonne lecture à tous !

 

 

"Je crois que cette discussion a le mérite d'exister et elle est importante. J'ai envie d'y apporter une contribution : ça secoue parfois d'être sur parents conscients, le but n'est pas de blesser mais de générer des prises de conscience... peut-être.
Je comprends que pour certains la fête de Noel et le père Noel symbolisent quelque chose d'essentiel, c'est là le pb quelquefois c'était le seul moment "magique" de l'année, le moment où nos désirs étaient enfin pris en compte, le moment où nous vivions des périodes d'attention exclusives. Ma mère a connu ça à la puissance 100 par rapport à moi. Noel était un moment magique, son père lui fabriquait des jouets merveilleux, il décorait la maison, et elle a fait la même chose pour mon frère et moi.
J'ai vécu des noel où nous croulions sous les cadeaux mon frère et moi. Il n'est pas de désirs que nous ayons émis qui n'aient pas été satisfait à noel, nous étions hyperexcités, nous attendions cette fin d'année avec beaucoup d'impatience, et puis... Une fois le jour de noel passé, il ne restait pas grand chose de tout ce que nous avions vécu. Une grosse décharge d'adrénaline qui laisse un peu de vide derrière elle, bien sûr enfant je n'en avais pas conscience, mais je peux aujourd'hui comparer cela avec ce qui se passe au moment où on s'apprête à acheter un objet qui nous fait envie, il y a la période de désir, la période de satisfaction du désir,  et le moment de vide derrière. Car finalement ce n'est pas ce qui est matériel qui nous comble, nous nourrit.
Cela nous le savons presque tous je crois, c'est presque une évidence.
Je suis devenue adulte, et j'ai eu une immense nostalgie de Noel, ça a commencé par le fait de vouloir reproduire chez moi ce que mes parents faisaient, même si je n'avais pas d'enfant mon arbre était grandiose. Cette nostalgie me pesait dans le fond. J'ai eu mon premier enfant, je ne parle pas de père noel parce que chez nous c'est une question qui ne s'est jamais posée. Pour moi c'est un peu une atteinte à la dignité d'une enfant quel que soit son âge de raconter qu'il existe. Je ME suis offert des tas de cadeaux pour son premier noel, il y en avait tant que j'ai eu un sentiment de culpabilité et j'en ai donné quelques uns à une association charitative.
J'utilise sciemment cette formulation, car offrir des cadeaux à un bébé c'est d'abord se faire plaisir à soi. Il ne demande rien et nous projetons sur lui nos désirs. Je ne veux pas jouer les troubles fêtes, mais c'est intéressant aussi d'être clair sur la question.
Qui offre à qui et pourquoi ?
Je crois avoir écrit des articles sur mon blog sur ce thème-là.
A deux ou trois ans un enfant a des désirs et demande des jouets, ou des jeux, et à ce moment-là on se pose des questions, que fait-on ?
Je passe du coq à l'âne mais enfant je trouvais le temps long avec tous ces adultes qui prennent leurs désirs pour des réalités, qui voudraient que l'on se satisfasse d'un monde factice. Enfant j'attendais une chose : être adulte.
C'est ce qui m'attirait le plus, prendre le contrôle de ma vie enfin !
Enfin cesser d'être sage pour convenir, être moi même, ne plus craindre les représailles éventuelles d'un comportement inadapté pour mes parents, ne plus aller à l'école, c'est long une vie d'enfant, et dans tout cela il y a noel qui nous distrait un peu, mais qui n'apportera jamais la magie que la réalité peut nous faire vivre (en ce moment il neige énormément chez nous, et c'est extraordinaire)
le plaisir de prendre des décisions pour soi, on oublie quelquefois pour la vie ce que ce plaisir peut être, on prend l'habitude de ne plus décider, de se faire prendre en charge !
Aujourd'hui noel pour nous c'est une réunion familiale, et j'adore la vivre, j'aime revoir mes parents à cette occasion, on se fait des cadeaux et ce sont des marques d'attention délicates, et réfléchies. Je fais des cadeaux à mes enfants toute l'année, on joue ensemble, on parle, on danse, on rit, et du coup ce moment de fin d'année est loin de constituer la seule période où mes enfants reçoivent de l'attention.
Voilà en vrac ce que je voulais dire, et pour moi tout est occasion de travail sur soi, y compris ces fêtes de fin d'année. Quel est l'objectif ? Le sens ? le père Noel est une tradition, un mythe rien d'autre, tout comme le lapin de paques, la petite souris, on peut jouer avec ces traditions, mais dire qu'elles sont réelles aux enfants, j'ai l'impression que c'est une toute autre démarche.
Bonne soirée à tous"

 

Catherine Dumonteil Kremer

Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 07:23

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Voilà une question qui me taraude depuis que j'ai des enfants... Et mes derniers articles n'ont rien arrangé, vous objectez parfois :" C'est bien beau tout ça mais on est crevé, on n'y arrive pas, on est déçue" !

Et vous vous demandez comment faire... Voici quelques pistes de réflexions...

Tout d'abord cessez de vouloir ressembler à la mère ci-dessus ! (Dorénavant sur ce blog Coco, illustrateur et papa sévira ;-)))

La supermaman qui essaie de tout accomplir parfaitement, en cela elle agit en fonction de son conditionnement féminin, elle rêve d'avoir plusieurs bras, quelle mère n'en rêve pas du reste... Si vous êtes épuisées commencez par traquer les tâches inutiles.

La chasse aux tâches inutiles

Qu'est-ce qui est inutile ??? Dans un premier temps, tout ce qui ne concerne pas les besoins de vos enfants, vos besoins, votre confort, votre énergie... Faites une liste... Tout ce qui vous prend de l'énergie sans rien donner en retour, faites le disparaître de votre emploi du temps jusqu'à nouvel ordre.

Ici : plus de repassage depuis ... une vingtaine d'année ;-)) Et l'entretien de la maison s'est toujours fait de manière plus ou moins chaotique, jusqu'à ce que flylady croise ma route ! Mais je n'en fais pas une religion non plus...Je n'ai pas de standards élevés concernant les repas, ça doit être vite fait etc.

Et puis, arrêtez de penser à ce que vous ne faites pas, que vous ne ferez pas, à ce que vont penser la voisine, les amies, le facteur, votre partenaire quand ils vont entrer chez vous...Ceci est source de tensions incroyables et nous pousse quelquefois à des actes désespérés comme passer nerveusement un coup de balai cinq minutes avant "qu'ils" arrivent...

 

Petits coups de main

Allez je vous propose une autre façon de voir.

Toute personne qui entre chez vous pourrait vous donner un coup de main, Non ?

Voici une petite anecdote : Nous invitons beaucoup de monde (mais d'une façon très particulière).

Un jour, j'ai eu un éclair de génie ;-) (et ça ne m'arrive pas si souvent) alors qu'un ami de mon compagnon me demadait s'il pouvait m'aider, et que je n'avais pas grand chose à lui confier, j'ai réfléchi et en un quart de seconde je me suis entendue lui proposer de me faire une vitre... Oui mes vitres à ce moment-là... étaient terriblement opaques...

Et bien il l'a fait, et en plus il était ravie de me rendre ce service... Bien entendu mon compagnon m'a trouvé gonflée. Mais bien sincèrement j'espère que vous exploiterez cette piste. Après tout nettoyer une vitre ce n'est pas grand chose, mais ça m'a beaucoup aidée, et notre ami était tout content... Alors la prochaine fois qu'on vous proposera un coup de main, réfléchissez-y à deux fois !


Votre sommeil

Vous dormez mal, interrompu par un bébé ou un bambin qui demande à têter, ou qui est malade, qui a peur, qui fait ses dents, c'est son rythme de vie pour l'instant, que sais-je ? Il se réveille et vous empêche de bénéficier de ce repos récupérateur dont vous auriez tant besoin. J'ai remarqué une chose pour moi même, compter le nombre de fois où mon bébé me sollicitait m'a surprise, inquiétée, puis j'ai commencé à devenir amère en tentant d'établir des comparaisons avec les autres parents (pourquoi ma fille se réveille-t-elle 20 fois par nuit à deux ans ??? Pourquoi moi ? Ils ont un bébé qui dort la nuit eux etc. Une litanie de victime commençait à s'enraciner...).

J'ai également arrêté de regarder mon réveil, ça me rendait chèvre ;-)))

En faisant cela je me focalisais sur mon mal être, j'anticipais sur l'épuisement ressenti la journée suivante :"je vais encore être crevée, comment je vais faire ?"

J'ai tenté de gérer le sommeil de mon premier enfant, de le régulariser, comme le disait pas mal de bouquins de cette époque-là, avec  ma troisième fille j'ai compris que c'était MON sommeil que je devais gérer.

Comment ??? J'ai expliqué ça dans "Elever son enfant autrement" nouvelle édition, quand j'ai entendu Isabelle Autissier parler de son sommeil en course... Bon sang mais c'était bien sûr ;-) Nous qui avions navigué en famille, pas de là à prendre des quarts, mais à lire mille récits de courses et de voyages en mer, si...

Alors si les marins pouvaient réguler leur sommeil, pourquoi nous parents n'y arriverions-nous pas ?

Du coup, j'ai ajouté pas mal d'éléments pratiques sur le sommeil dans mon livre...

En gros, posez vous, là n'importe ou, fermez les yeux, et profitez des 5, 10, 15 minutes que vous avez pour vous reposer... Faites le aussi souvent que possible. personnellement j'ai toujours préféré 15 minutes de sieste à 15 minutes de rangement, entretien de la maison, ou autre... Vous vous occupez de petits humains vous avez besoin de beaucoup d'énergie !!! Profitez de votre temps libre pour dormir ou pour...

 

Téléphoner

Coco il nous manque un téléphone sur ce dessin...

Oui téléphoner à vos amies, ça vous fait du bien, vous partagez le contenu de vos journées avec quelqu'un qui vous comprend parce qu'il vit la même chose que vous...  Le téléphone ne coûte plus des fortunes, alors profitez-en !!!

Participez à des groupes de parents, en live ou sur internet, vous vous ressourcerez en un clin d'oeil...

Qui peut comprendre ce que vous avez ressenti la dernière fois que vous êtes allés seule à la piscine avec vos trois enfants ?  Ou que vous avez simplement essayé de quitter le square en tentant vainement de ne pas vous faire remarquer alors que votre bambin insatisfait hurlait toute son insatisfaction, que le dernier voulait têter, et que l'aîné avait décidé de quitter l'endroit seul... L'avantage avec les amies, ou les pairs c'est que non seulement ils nous écoutent, ils nous comprennent, mais ils ont parfois de bonnes idées inspirantes. Et ils nous placent aussi dans un rôle d'écoutant, nous avons une utilité énorme pour eux... Et se sentir utile donne de l'énergie et du sens à nos vies...

 

Faites vous chouchouter

Ou masser, ou caliner, remplissez votre réservoir affectif de contacts physiques, c'est nourrissant, parfois réparateur.

Vous vous souvenez de l'article sur la fatigue ? Votre histoire passée vous prend beaucoup d'énergie, peut-être avez-vous besoin d'être maternée ? Par votre partenaire, vos amis, vous ne guérirez pas instantanément de vos blessures d'enfant, et pour le moment vous avez des besoins de ce côté-là....

 

Cessez de vous dévaloriser

Il parait qu'en France nous sommes les champions de l'autodénigrement, et ça aussi c'est énergétivore... Vous êtes parents, vous faites de votre mieux... Abandonnez le perfectionnisme c'est votre ennemi le plus sûr, le poison de votre existence, et en plus il a plutôt tendance à vous séparer des autres parents dont vous avez tellement besoin... Les gens ont besoin que vous soyez vous-mêmes avec votre vulnérabilité pour vivre de vraies relations avec vous...

 

Les commentaires sont obligatoires aujourd'hui :-)))

Partagez vos trucs pour vous sentir mieux... Astuces liées à l'organisation, au bien être, à l'optimisme, recettes rapides et savoureuses, idées, bric à brac en tout genre... Allez-y, je tenterai d'organiser tout ça sur une autre page...

 

A vos claviers !

 

Bonne journée ;-)

Catherine Dumonteil Kremer

 




Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 00:00

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"Allez, je vous transmets un extrait du livre "les enfants d'abord" de  Christiane Rochefort. Ne le cherchez pas , il n'est plus édité, hélas!!!



"L'enfance est une institution, non un fait. Comme fait, l'enfance (première partie de la vie humaine, dit prudemment le dictionnaire Robert) est un état mouvant aux limites imprécises. Comme institution, elle va de la naissance à un âge fixé par décret. On dit "enfant", "adolescents", ou "jeunes" selon les besoins de la cause.
La loi dit "mineurs", et c'est la seule expression claire. Les sociétés modernes ont légalisé une discrimination fondée sur une différence de force musculaire. Mineur signifie : moindre. Plus petit. Inférieur. Les dits "enfants" sont un ensemble d'humains plus faibles au combat au corps à corps, constitué par les plus forts en catégorie, et soumis à un statut et à un traitement spéciaux.
Le statut est la privation de l'autonomie.
Le traitement appliqué par l'autorité adulte, à laquelle les mineurs ne peuvent se soustraire, consiste à éliminer du potentiel inné, les éléments indésirables, incontrôlables, ou simplement superflus, pour ne conserver et développer que ceux utiles à l'exploitation.
C'est proprement une mutilation. Une mutilation corporelle pas seulement un conditionnement mental. Les mutilations corporelles tombent sous le coup des lois dans nos sociétés, mais pas celle là, qui n'est pas avouée comme telle.
Elle est dite formation, éducation.

Pour estimer à peu près ce qui a été retranché au niveau corporel, il n'est que de comparer l'acuité des sens d'un enfant de trois ans, sa vitalité permanente, l'intensité de ses désirs, son regard, son émerveillement, sa tendresse, sa souplesse de chat, et jusqu'à son sommeil avec ceux d'un adulte moyen.
C'est comme une lampe qui s'est éteinte. On voit à l'oeil nu sur quels points cet adulte réussi, modèle conforme, se rendant à son bureau, a été opéré : Il n'utilise qu'une faible partie de son équipement sensoriel; sa musculature est plus ou moins atrophiée, sa colonne vertébrale est soudée ou menacée d'effondrement, sa capacité respiratoire est réduite, son système nerveux autonome est bloqué, ses plexus sont noués, son énergie ne circule pas, il est dérythmé, son corps en est au point qu'il doit le préparer dans un "club" avant d'aller en vacances, (S'il peut lui payer ça); sa sexualité est misérable, il est plein de maladies psychosomatiques et de dépressions ainsi que de drogues diverses, son cerveau est un magnétophone, ses récepteurs sont saturés , il n'a pas de regard, il dort mal. Ses émotions négatives le dominent; quant au positives : il ne connait pratiquement plus la joie. Ne parlons pas de l'émerveillement ce serait trop triste. Sa faculté de relation est rabattue jusqu'à la rétractation totale : L'autre lui fait peur !
Et tout ça, qu'il n'a pas, il redoute de le perdre. Lampe éteinte qui craint le moindre souffle. Les adultes ont fini par croire que c'est "naturel" de dégringoler à ce point là. Sinon ils se flingueraient. Mais ça ne l'est pas: c'est une mutilation. Accomplie durant les cinq premières années de la vie. Et si profonde qu'ils aspirent encore à la transmettre. Le mort tire le vif.
L'oppression des enfants est première et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres."

Christiane Rochefort
"les enfants d'abord"



Bonne journée à vous tous.

Catherine Dumonteil Kremer

Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 08:17

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