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Ce matin belle surprise, ma table était complètement dégagée des affreuses  piles de trucs, bouquins, papiers, cd, stylos, et autres qui l'encombraient !

Un peu de paix dans mon espace visuel, ça fait combien de temps que cela n'est pas arrivé ? Peut-être bien six mois, depuis la publication de frères et soeurs. Ma maison est dans un état piteux depuis cette date, et moi avec. Je m'étais à nouveau métamorphosée en mère sacrifiée qui se lamente toute la journée, à propos de tout ce que les autres ne font JAMAIS et que je fais TOUJOURS.

Je sais bien que c'est totalement inefficace, mais il n'y a pas, ça doit me défouler, mes enfants détestent ça et moi aussi dans le fond !

Donc avant hier, j'ai réutilisé un vieux truc que je n'avais pas ressorti des cartons depuis des années, le tableau de tâches !

J'ai fait un tableau assez rudimentaire, avec seulement quinze tâches : celles qui nous permettront de survivre quelques semaines dans notre petit espace. Le but du jeu est d'inscrire ses initiales quand on a fait quelque chose dans la maison, tout le monde y passe. Par contre pour une à deux semaines, chacun est libre de choisir ce qu'il veut faire, personne n'est contraint, on fera un bilan plus tard. Si ça fonctionne ainsi, on continuera à garder cette liberté, sinon on en parlera, et on verra bien quelle orientation donner à ce projet.

Et bien vous me croirez si vous voulez, ça a super bien marché ! Tout le monde voulait ses initiales dans les petites cases, même notre jérémie adoptif ! Hier soir, j'ai regardé mon tableau, tout le monde a fait au moins une part du travail, et ça change tout ! Même moi qui fait toujours tout, j'ai quand même fait un peu plus que d'habitude.

Le truc du tableau je l'utilisais quand mes beaux enfants étaient plus petits, c'est Barbara qui me l'a rappelé, je l'avais totalement oublié, et c'était une technique de survie, avec huit enfants il fallait que je trouve des idées, pas d'internet à ce moment-là dommage !

J'espère que nous allons nous y tenir, je vous raconterai... En tout cas, même s'il n'y avait qu'un jour d'efficacité je ne le regrette pas du tout !

Bonne journée.

Catherine Dumonteil Kremer

Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /Nov /2006 07:52

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Emmanuel,

je voulais répondre à ton commentaire, mais ça risque d'être long alors je préfère en faire un petit article. En même temps je prends mon petit déjeuner avec toi si ça ne te dérange pas...

"Dans une société malheureuse, une personne heureuse parle plus de malheur qu'une personne malheureuse".
D'abord est-ce que tu fais référence au concept de résilience de Cyrulnick ?

Cela mériterait d'être clarifié. Pour moi ne pas avoir d'histoire c'est en définitive, "être sain et équilibré", et un être sain je pense ne parle pas de malheur. Il a autre chose à faire et à vivre. Evidemment tu risques de me dire, mais qui est sain de nos jours, pas grand monde n'est-ce pas ? Et je suis d'accord, cela dit après avoir lu "Comment être un névrosé heureux ?" par le fondateur de la thérapie familiale, je sais qu'il y a eu une étude sur le fonctionnement des familles saines, qui parait-il seraient aussi nombreuses que le nombre de médaillés d'or aux jeux Olympiques, tu vois, ça va pas chercher loin !

C'est une boutade de sa part, mais quand même il doit y avoir du vrai dans cette proportion fantaisiste.

Tout d'abord ce passage à propos de la "normalité" :

"Il y a un pb quand on discute de ce qui est normal. Parce que quand on est jeune, on croit que la plupart des grandes personnes sont relativement normales. C'est seulement en vieillissant qu'on commence à perdre ses illusions. En fait la seule chose normale chez 90 pour cent de mes amis, c'est leur façade. Elle n'est pas mal d'ailleurs, en tout cas assez bien pour bluffer de lointaines connaissances et une grande majorité d'enfants. Mais la vérité c'est que la plupart des gens ne trouvent pas la vie particulièrement facile, même si leur existence matérielle est plutôt agréable. Et c'est sans doute encore plus vrai, chez les gens riches, puissants et célèbres. On se fait seulement avoir par la façade, parce que les types influents ont souvent l'air très impressionnants."

Ensuite quelques caractéristiques des familles dites saines :

"Ces familles particulièrement saines, sont exceptionnellement positives dans la vie, et face à autrui. Elles donnent en général l'impression de bien s'amuser, d'aimer les gens, et d'aller à la rencontre de leur entourage avec une grande cordialité."

"Leur attitude fait apparaitre les gens sous leur meilleur jour."

"Ils ont une grande réserve de bien être c'est la raison pour laquelle ils sont capables d'en donner, ils ne font pas cela dans le but d'être approuvé"

"Cet amour est assez différent de ce que nous entendons généralement par ce mot"

"Leur amour est fait de proximité et de distance. Ces gens sont capables d'une grande complicité affective, mais ils se sentent par ailleurs autonomes, confiants, libres, et n'ont pas un besoin désespéré de l'autre. Lorsqu'ils sont tout seuls ils s'en sortent très bien. Ils s'amusent même comme des petits fous !"

"Lorsqu'une relation est fondée sur un besoin anxieux, chaque partenaire tente de s'appuyer sur l'autre en lui démontrant qu'il ne peut se passer de lui. Pour être plus convaincant, il ne faut pas donner l'impression de s'amuser beaucoup pendant les moments de séparation. Du coup ils renoncent progressivement à leurs centres d'intérêts personnels et à leurs amis, ce qui accroit peu à peu le sentiment de dépendance et d'impuissance."

De ce fait ils surmontent beaucoup plus rapidement les deuils et les séparations.

Comme ils ont beaucoup d'amis ils reçoivent beaucoup de soutien, et n'hésitent pas à en demander lorsqu'ils en ont besoin. Les enfants sont écoutés quoiqu'ils aient à exprimer et sont consultés lors des prises de décision. Lorsqu'on ne trouve pas de compromis les parents décident.

Les familles moyennes ont tendance à trouver les familles saines bizarres, naives ou animées de mauvaises intentions, ils les jugent laxistes et parfois peu aimantes à cause de l'indépendance que les couples montrent. D'un autre côté les familles saines savent parfaitement se confronter, et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Ils ont souvent un projet qui dépasse le cadre familial et correspond à leur valeur.

Je te renvoie au livre de John Cleese et Robin Skynner "Comment être un névrosé heureux ?" éditions Odile Jacob, je pense que tu dois pouvoir le trouver en poche.

Ce que l'on conclut à la lecture de cet ouvrage c'est que les familles "saines" de cherchent pas le succés ou la célébrité, elles cherchent à vivre leur vie assez simplement. Le succés et la célébrité sont presque un gage de "malheur" de solitude, du fait que l'on recherche l'amour que l'on  n'a pas reçu enfant, on court après sans être jamais satisfait. Mais on n'a pas vraiment le choix, on sort de cette course effrenée par la thérapie peut-être.

C'est la raison pour laquelle je modérais mon propos et mon enthousiasme à propos des cancres et divers rebelles et génies quels qu'ils soient !

Dis moi ce que tu en penses ?

Bonne journée à toi.

Catherine Dumonteil Kremer

Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /Nov /2006 08:16

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Je devrais ajouter, "je regarde" parce-que j'adore le cinéma !

Le dernier film que j'ai vu avec mes enfants c'est "L'homme de sa vie" de Zabou Breitman. Je ne veux pas vous raconter ce film, simplement vous dire, que je l'ai ressenti plus que regardé. Je trouve le regard de Zabou très sensuel-sensoriel. On voit pas mal de pieds nus, des petits pieds et des grands, des qui marchent sur le carrelage froid, ou sur les parquets qui craquent, des pieds tout doux tout petits qui vont rejoindre maman dans son lit.

Il y a ce voile tout simple, bousculé par le vent qui n'a cessé d'attirer mon regard, et puis il y a cette magnifique scène où Charles Berling s'allonge aux côtés de son père mourant, un père qui l'a renié, blessé, et qu'il rejoint malgré tout à la fin  de sa vie, ressentant peut-être qu'il ne reste de lui que l'essentiel.

Il y a cette torture que procure le sentiment amoureux !

Allez le voir si ça vous tente, c'est un merveilleux spectacle doublé d'une sensibilité rare...

Catherine Dumonteil Kremer

Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /Nov /2006 07:10

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Il n'y a que les enfants qui puissent faire cela... C'est arrivé un jour de grande morosité dans le métro parisien, j'allais rejoindre des amis après une journée de stage. J'étais assise et presque face à moi, une petite fille prenait des photos avec un ticket de métro, enfin elle faisait semblant, elle s'amusait bien, mais à son insistance à me graver sur sa pellicule, j'ai senti qu'elle attendait une réponse que je n'osais pas trop lui donner. Le métro était bondé, j'allais sûrement me rendre ridicule, mais j'en mourrais d'envie quand même !

"Mon bouquin sur le jeu va sortir, c'est le moment de se jeter à l'eau" ai-je pensé, et je l'ai mitraillée à mon tour la petite fille... Elle en est restée bouche bée, et très vite elle a surenchérit en riant. Au bout de quelques minutes, un vieux couple fatigué posait pour nous en souriant, et l'ambiance est devenue bon enfant comme ça, d'un instant à l'autre.

La bonne humeur c'est contagieux, je ferais bien de m'en souvenir les jours où je vais mal où je suis fatiguée, où mes filles m'énervent comme c'est le cas en ce moment ! Il faut trouverle bon bouton, l'interrupteur qui va modifier l'ambiance, et c'est souvent le jeu et le rire qui font le meilleur boulot !

Catherine Dumonteil Kremer

 

Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /Nov /2006 06:52

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