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ça fait très longtemps que je n'ai pas écrit, je me rattrape !

Vous savez ou pas, qu'une de mes amies proches attend un bébé pour la fin du mois d'aout, et cela fait longtemps que nous avions mes filles et moi décidé d'organiser en son honneur un rituel pour célébrer son état !

Le temps passant très vite, les journées et leurs frustrantes vingt quatre heures s'écoulant à une allure folle, je me suis rendue compte que nous ne pourrions guère vivre cette fête comme cela pourrait se faire, entre femmes... Nous avions bien trop peu de temps, démobilisées par les vacances, voici ce que nous avons fait :

J'avais commandé il y a deux ou trois mois du henné 100 pour cent henné aux états unis , sur ce site : http://www.earthhenna.com/

(Si vous avez des idées pour trouver du henné pur, non mélangé aux nombreuses cochonneries dont on parle beaucoup en ce moment, les commentaires son ouverts.)

Je souhaitais lui faire un tatouage au henné sur le ventre.

Le but du rituel étant de la mettre au centre de la "chouchouter" de manière à ce qu'elle se sente aimée, appréciée, accueillie, célébrée aussi dans son état de femme enceinte.

Et puis nous voulions aussi un bellycast, une de mes amies m'en avait parlé et m'avait donné rapidement les consignes par internet. Qu'est-ce qu'un bellycast : un moulage de platre du ventre et des seins de la mère concernée.

Nous nous sommes procurées des bandes de platre à prise rapide dans la première pharmacie venue, (il me semble que c'est beaucoup moins cher que les bandes vendues dans les magasins de travaux manuels, et c'est aussi plus adapté car plus large), nous avons trouvé trois bandes de 2 m par 15 cm pour deux d'entre elles, et par 20 cm pour la dernière. Il nous a manqué un morceau de 50 cm environ.

Puis nous avons acheté des petits présents, Claire avait acheté une paire de boucles d'oreille en forme de spirale, Coline avait choisi de fabriquer un bracelet avec de très jolies perles, pour ma part j'avais choisi un petit bracelet et un livre contenant des photos symbolisant les relations entre humains.

 

Le jour venu, je me sentais bizarre, comment cela allait-il se passer ? Après tout je n'avais jamais vécu une telle expérience, je me sentais un peu maladroite et en dehors de l'évènement... J'avais la volonté de le vivre, le désir, pour mon amie, et en même temps une espèce de réticence : comment elle même va-t-elle le recevoir ? Est-ce qu'elle va comprendre ou sentir quelque chose, est-ce que nous ne sommes pas trop à côté de la plaque avec notre mode de vie ? Est-ce que je suis suffisament centrée pour être là avec elle, et pas dans les dix mille trucs que j'ai à faire ?

 

J'aime beaucoup l'idée de marquer certaines étapes de la vie par des fêtes où le but est de donner de l'attention à la personne par divers moyens, je trouve que  notre famille manque de cela et j'ai l'intention de développer cette idée-là pour nous, mais dans les faits je me sentais presque mal à l'aise. Etait-ce la dimension spirituelle ? C'est à creuser en tout cas.

 

J'ai été étonnée par l'attitude de Coline qui a tout bonnement pris en charge d'une manière très naturelle la mise en oeuvre de cette petite fête. Elle nous a préparé un coin intime, avec un grand tapis au sol, des coussins où elle avait soigneusement disposé de jolis paréos de couleur, il y a avit des bougies qu'elle avait éclairé en ayant soin de fermer les volets, elle avait installé un magnifique rideau pour fermer l'espace destiné à notre amie.

 

Avec ce décor je me suis sentie tout de suite dans une ambiance très particulière. Nous étions trois finalement, mes deux autres filles étant prise ailleurs. Nous avons commencé par un petit cercle de parole, où chacune d'entre nous a émis à haute voix deux souhaits : un pour la naissance et un pour le bébé à venir, nous nous tenions les mains.

 

Puis nous avons offert nos petits cadeaux...J'ai préparé la baignoire de notre salle de bain en disposant au fond des oreillers recouvert d'un drap de bain, G s'installe, s'allonge même, et c'est parti pour le bellycast. Nous avions préparé un saladier d'eau tiède assez large pour pouvoir y tremper les bandes de platre. Après avoir déballé ces dernières nous les avons coupé à la dimension voulue, en les positionnant sur le ventre (sans les mouiller bien sûr), et en sachant que nous voulions superposer deux couches de platre pour avoir un moulage assez solide. Ensuite nous avons demandé à G de se pommader le ventre de vaseline, il faut en mettre partout où le platre va être posé une bonne couche, sans oublier les côtés.

 

Une fois toutes nos bandes coupées, Coline et moi avons successivement mouillé les bandes de platre et nous les avons appliquées en prenant bien soin de les lisser après application. Il est important de les mouiller rapidement et de les positionner tout aussi vite, puis on lisse et on place une autre bande en la superposant un minimum à la précédente et on fait comme cela deux couches. Une fois le travail terminé, on laisse poser une dizaine de minutes, et on peut démouler et laisser sécher, le moulage est encore fragile, il doit sécher à mon avis quelques heures avant de pouvoir être manipulé. Pour la suite, mon amie doit se doucher, en effet la vaseline pourrait empêcher le taouage au henné de marquer suffisament sa peau.

 

Pendant ce temps le mélange eau-thé noir-henné attendait son heure, il faut le préparer deux heures à l'avance. Coline s'était entrainée à faire des dessins qui pourraient servir de taouage et en avait préparé un pour ce jour-là. Elle a demandé à notre amie son accord et s'est lancée dans la confection d' un assez grand taouage au henné qui avait pour centre un magnifique nombril !

 

Je ne saurai dire combien de temps ce travail a duré, pendant ce temps je massais les pieds et les mains de mon amie, je sentais beaucoup d'affection pour elle, le temps s'était arrété, j'étais bien centrée, concentrée sur elle et sur mon propre ressenti.

 

Le rituel a fait ce travail d'apaisement un peu magique, j'ai laissé aller, laissé faire, les choses se présentant naturellement l'une après l'autre.

 

J'oubliais de dire que les enfants de G étaient là, ils n'ont nullement gêné le déroulement du rituel au contraire ! C'est un  peu comme si cette ambiance inhabituelle ralentissait leur rythme de bambin. Après le tatouage, Coline a massé le visage de G et nous avons cloturé la fête en dégustant un couscous assis sur le tapis au sol...

 

Je ne sais pas si cela vous inspire mais c'était vraiment un bon moment pour nous, riche de paix d'amour, de calme.

 

J'ajoute deux bricoles pratiques, avant de dessiner le taouage, on peut appliquer un peu d'huile essentielle d'eucalyptus, nous avons utilisé un flacon spécial puni d'un embout très fin pour dessiner, mais certaines personnes prennent une seringue sans aiguille, à priori ça semble beaucoup moins pratique. Le fait de mélanger longtemps à l'avance le henné évite les grumeaux, c'est très important. Au cours du travail, pensez à avoir des cotons tiges et de l'eau tiède pour effacer les éventuelles erreurs, ça s'efface très bien.

 

Il faut le laisser poser six heures, ne pas chercher à enlever les surplus de henné, mettre un peu d'huile d'olive le lendemain dessus pour l'entretenir et le résultat est très chouette.

 

 

 

Alors qu'est-ce que vous en pensez ?

 

Bonne journée.

 

Catherine Dumonteil Kremer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 11 août 2006 5 11 /08 /Août /2006 10:00

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... Allez avouez tout de suite que vous avez cliqué par gourmandise, j'en aurais fait autant à votre place ! Une machine à tartiner le nutella, non, mais vous vous rendez compte que jusqu'à hier j'ignorais l'existence de ce petit bijou !

Depuis que je l'ai vu elle m'a tapée dans l'oeil la machine à tartiner le nutella, elle est splendide... Imaginez plutôt, mesurant peut-etre une dizaine de mètres de long, ce qui présente de gros avantages (lesquels ? Celui d'avoir seulement l'indispensable chez vous !) il suffit de poser une tartine pleine de promesses, de potentialités extraordinaires à l'endroit prévu à cet effet, de tourner une manivelle, et le tour est joué, la tartine se présente au gourmand, pas avant d'avoir traversé cependant un rideau rouge digne des plus grandes scènes de théâtre !

Evidemment, si j'avais un tel engin chez moi, je ne pourrai pas emmener le public et le machiniste (spécialiste de la machine à tartiner le nutella ? Si, si ça existe !). Car cet objet je l'ai vu à Paris au grand palais, entouré d'un public hilare, le regard brillant d'envie, salivant ostensiblement, gémissant même en choeur au moment périlleux où la mini pelle va chercher dans le pot une quantité non négligeable de cette onctueuse, et odorante pâte, qui n'était destiné qu'à un seul ... attendant tranquillement derrière le rideau rouge que la tartine se présente.

Il y a des injustices dans la vie contre lesquelles on ne peut rien, j'ai failli perdre mon sang froid lorsque le machiniste d'un geste très professionnel, a testé la température de la pâte chocolatée, d'un doigt expert, et avec beaucoup d'autorité, il a osé goûté ce nutella que nous étions une cinquantaine à désirer...Argh !

Je me suis abondamment renseigné sur la possibilité de jouer le rôle de "la machine à sucer la cuillère après", là encore toutes mes espérances ont été déçues, la place était prise...

Si vous le pouvez encore et que vous êtes dans le coin, emmenez vos enfants voir cet exposition de machines de spectacles de rue, toutes plus loufoques les unes que les autres, car la machine à tartiner le nutella n'est pas seule, elle côtoie la machine à marcher comme les Romains, la machine à soulever les robes, le giroudoumdoum (et oui, le fameux giroudoumdoum), la baignoire roulante, le chiotte solex, le vélo à tamponner les empreintes de vache, le piano à poules, etc... il y en a comme ça une centaine, toutes uniques et en parfait état de marche, c'est le royaume de la récup, et c'est tout un enseignement technique de les voir fonctionner, de savoir comment ça marche ...

Vous verrez aussi un mur de lumière (entièrement construiit avec des phares de vieilles bagnoles), un canon à eau, une machine à fabriquer la neige, et le clou de l'expo : la catapulte à piano (IMPRESSIONNANT !)

Vous pouvez aller voir quelques photos ici.

Bonnes vacances !

Catherine Dumonteil Kremer

Vendredi 11 août 2006 5 11 /08 /Août /2006 08:46

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ça y est !!! Mon livre sur les frères et soeurs est sorti chez Jouvence, au format maxi pratique.
Vous y trouverez quelques pistes concrètes, et comme d'habitude des témoignages de parents qui vivent au quotidien les difficultés de la fratrie.
Je le dis dans l'intro, depuis que j'ai plusieurs enfants les problèmes se sont multipliés, je ne voyais pas à quel point un groupe de ce type réactive mille souvenirs, émotions, sentiments, de l'ordre de la compétition, la préférence, la culpabilité, la comparaison, la liste n'est pas exhaustive, elle pourrait être très longue.
Que c'est compliqué de vivre avec un groupe, de vivre avec des individus qui n'ont au début de leur vie et pendant une bonne quinzaine d'année qu'une seule idée en tête être proche de leurs parents ! Que c'est difficile dans une société qui ne nous soutient pas beaucoup ! Pourquoi devrions-nous nous sentir régulièrement seuls, découragés, désespérés même ? Si vous vivez avec plus d'un enfant de moins de trois ans, voyez-vous ce que je veux dire ?
Vous savez aussi que c'est riche d'être parent, c'est encore compliqué mais vous le remarquez déjà vos enfants sont des personnes très différentes, qui ont beaucoup à dire. Voilà ce que je découvre chez mes enfants en ce moment et depuis quelques années, le plaisir de partager, de parler ensemble, de découvrir des êtres qui ont une intelligence vive et fraîche, à laquelle j'ai plaisir à me confronter. Ainsi je peux donc dire sans hésitation que je suis à la fois exténuée et ravie, l'un ne va pas sans l'autre, et chez vous c'est comment ?

Bon courage !

Catherine Dumonteil Kremer


Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /Mai /2006 06:59

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Après mon week-end à Strasbourg (c'était vraiment très chouette !), je me suis précipitée chez mon libraire habituel, et je me suis procurée une BD recommandée par Christian (merci à toi si tu me lis, j'ai suivi toutes tes  suggestions au moins pour les mangas.) "Blankets, manteau de neige" de Craig Thomson.
Pourquoi cet article n'est-il pas classé dans la rubrique "Je lis, j'écoute", et bien parce qu'en le lisant, j'ai recontacté la terrible solitude de mon enfance, et celle de mon adolescence. Nous en avons même discuté avec Coline, je sais que mes enfants se sentent compris partiellement, il y a toujours des points complexes, mais ils ne se sentent pas seuls dans un monde complètement hostile, ils n'ont pas peur de s'exprimer, de dire ce qui ne va pas, ils sentent que notre vie est "aussi" organisée en fonction d'eux de leurs besoins, de leurs affinités, de leurs désirs.
Je n'ai jamais été très amateur de BD, bidochons et frustrés mis à part. Mais j'ai trouvé dans celle-ci une grande sensibilité, c'est une découverte pour moi en tout cas.
Dés les premières pages l'auteur met en scène la peur d'un petit enfant, punis, enfermé dans un placard, il s'agit du frère du personnage central, sa peur est perceptible, elle dépasse le cadre du dessin, on pourrait presque la sentir. Ce qui m'a frappée le plus c'est la grande solitude de Craig (cette histoire est autobiographique), partout où il est, il ne se sent compris par personne, il est écrasé par ses "copains" de classe, il subit des railleries de toute part, ses parents tentent de le faire entrer dans un certain type de moule, son éducation est très reliée à la religion chrétienne. Mais lui en tant qu'être, n'a aucun espace de reconnaissance. Il fuit dans le dessin, c'est sa seule respiration, ce sont ses seuls moments de bien-être. Voici quelques unes de ses paroles :
"Enfant j'étais convaincu que le vrai monde était horrible et qu'il devait y avoir quelque chose de mieux."
Et il ajoute "Tous les soirs j'aurais aimé pouvoir m'enfuir".
Cela me rappelle le titre du célèbre bouquin de John Holt "Sévader de l'enfance", moi aussi j'aurais bien aimé m'évader, mais c'était impossible, je me sentais seule, et mes livres constituaient un refuge. J'ai passé un temps infini seule, à penser, et à repenser à tout ce qui allait m'arriver avant l'âge adulte où je pourrai faire ce que je voudrais faire, enfin !!! (Je n'avais pas beaucoup d'ambition de ce côté-là, juste vivre à mon propre rythme !)
Je voyais l'école comme une période d'enfermement interminable, je crois qu'à trois ans, je n'arrivais pas en voir le bout, j'essayais d'imaginer mais c'était impossible. En plus, avec mes livres j'étais en constant décalage avec les centres d'intérêt des autres, j'avais malheureusement une année d'avance et cela n'arrangeait rien.
J'ai eu comme cet auteur envie de quitter l'enfance, je n'y avais aucun pouvoir sur ma vie, je devais seulement me conformer aux demandes des autres : Parents et enseignants. Tout cela a cessé au lycée où subitement je suis devenue très populaire. Mais la route m'a semblé longue, un désert d'incompréhension.
Voilà le commentaire du Time trouvé sur la quatrième de couv du bouquin de Craig Thomson :"Une rareté : L'histoire d'un premier amour si précisément et si honnêtement relatée qu'elle nous rappelle ce que c'est que tomber amoureux... Vraiment magnifique."
Je vais y ajouter ceci, une vision de l'enfance très réaliste, un coup de crayon qui pénétre sans ménagement au coeur de l'émotion passée, cette histoire fera-t-elle écho à la votre ? Tenez-moi au courant...
Bonne journée.

Catherine Dumonteil-Kremer


 

Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 07:31

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