Autre sortie intéressante ces jours-ci, le livre de Pascal Deru, pour les connaisseurs je sais que vous savez qui il est, et vous attendiez tous son livre avec impatience !
Je suis un peu jalouse que ce livre sur le jeu sorte avant le mien, et en même temps Pascal a été une de mes nombreuses sources sur ce thème, c'est à lui que j'ai acheté mes premiers jeux vraiment intéressants et ludiques ! C'est grâce à lui que m'est venu l'idée il y a déjà une dizaine d'année d'animer des groupes de parents sur le thème du jeu. Et aujourd'hui le jeu fait partie du programme de réunions des parents ressources. Le jeu fait partie de mes stages "Vivre en famille" et c'est en grande partie à Pascal que je le dois, à son amour pour le jeu, pour les personnes, et les relations.
Je me souviens des lettres manuscrites de Pascal à la suite de question concernant ces boîtes un peu magiques capables de miracle relationnel d'après Pascal, tout était possible avec un jeu.
Avec une de mes amies, nous étions soupçonnées d'être un peu amoureuse de lui, tant la communication autour de son thème d'élection était fascinante. (Carole si tu me lis, tu te rappelles lorsque tu as acheté cette ravissante fleur de bois sonore que je t'avais empruntée pour une conférence ?)
Chez Pascal on pouvait trouver toute sorte de "connecteurs" entre les êtres !
Alors voilà ce livre sur le jeu aux éditions du souffle d'or, je sais par d'autres qu'il le portait depuis longtemps en lui, et le voilà !
Il lui ressemble, c'est un poète, ces paroles sont chaleureuses, il nous parle de jeux de société mais aussi de rencontres, de plaisir de vivre !
Un livre plein de saveurs à mettre entre toutes les mains, y compris celles de ceux qui n'aiment pas jouer !
Catherine Dumonteil Kremer
Jeudi 9 mars 2006
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Titre accrocheur s'il en est ! Allez dites-moi que vous n'avez pas été appatés ;-))))
Il faut dire que Michel Odent qui se présente fréquemment comme la plus vieille sage-femme d'Angleterre, doit avoir à peu près 75 ans !
Il traverse les continents, fait des conférences partout, des informations de doulas, des séminaires, il cherche sans relâche à alimenter la banque de données du centre de recherche en santé primale...
Il a toujours un livre en cours, et en plus il a son boulot de doulas, sage femme obstétricien !
J'ai vraiment l'impression de manquer d'énergie quand je vois ça !
A table, pendant notre information de doulas, je lui demande comment il arrive à tenir...
"Si tu veux tenir longtemps, en bonne santé avec beaucoup d'énergie, en bon état, il faut que tu choisisses bien ta mère..."
lol, je m'attendais un peu à celle-là ! Il se tourne alors vers Agathe :"Alors, toi, as-tu bien choisi ta mère ?", elle se tourne vers moi l'air malicieux, et lui répond l'air faussement hésitant :"Moui, je crois..."
Et vous ? Avez-vous bien choisi votre mère ?
Catherine Dumonteil-Kremer
Mercredi 8 mars 2006
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.. Et vos enfants ? Avez-vous du mal à aller dormir ?
Cela fait quelques semaines que je pense souvent aux probèmes de sommeil que peuvent vivre les parents lorsqu'ils ont des jeunes enfants, en particulier des bébés.
Et je me suis posée la question suivante : Quelles seront les répercussions sur nos enfants des tensions évidentes que nous manifestons au moment de "les endormir" ou bien lorsqu'ils nous réveillent fréquemment la nuit ?
Et si nos angoisses à propos de l'obscurité venaient de là, si nous évitions d'aller nous coucher parce que nous craignons de souffrir encore ?
Je suis presque sûre que nous avons vécu beaucoup de souffrances dans l'obscurité, et plus généralement lorsque nos parents étaient réveillés la nuit par nos cris, comment ont-ils pu réagir ? Lorsque je vois les réactions disproportionnée des parents, le désespoir lié à l'épuisement, le questionnement :"Est-ce normal que mon enfant de deux ans se réveille encore la nuit ?", je ne peux m'empêcher de me poser la question.
Nos parents n'ont pas fait exception à la règle, de plus dans une société qui culturellement s'attendait (et s'attend toujours) à ce que les bébés dorment la nuit, ne soient pas pris dans les bras au risque de les "dérégler définitivement", on peut se demander quelles "méthodes" ont utilisé nos parents pour nous "faire dormir".
A bien y réfléchir ce n'est pas un sujet que j'ai souvent entendu évoquer par mes parents, ou mes grands parents. Ce que je sais c'est qu'on m'a laissé dans le noir seule, pendant trois mois, trois longs mois. J'imagine que le désespoir dans lequel m'a plongé cet abandon nocturne a eu des conséquences importantes sur mon comportement d'adulte. C'est la chose la plus avouable que j'ai entendu, mais j'ai un soupçon, je pense que j'ai au moins reçu la colère de mes parents qui ne supportaient pas, et ne comprenaient pas plus que je les réclame la nuit, le pédiatre ayant recommandé de supprimer le plus vite possible l'unique biberon de nuit.
J'étais seule et j'avais faim. Je sais que ma mère était une jeune femme totalement inexpérimentée, sa mère ne lui était d'aucun soutien, et elle était la première de toutes ses amies à avoir un bébé. Difficile dans ses conditions de bénéficier d'autres expériences.
Aujourd'hui je suis convaincue que les pires violences nous les avons reçu la nuit, au moment de l'endormissement. Un endormissement qui était attendu, espéré en fin de journée, au moment où tout le monde est fatigué, où les adultes espèraient pouvoir se reposer, ou se retrouver en couple.
Pour cela il fallait que les bébés dorment, et d'ailleurs y avait-il d'autres choix ?
Nos avons du en recevoir des tensions, et des colères, des reproches, et peut-être aussi des coups, de la violence... Nous avons peut-être été secoué : "Tu vas dormir oui !!!"
Tout ceci n'est pas sans conséquences sur nos vies d'adultes et sur notre comportement de parents également.
Je ne vous apprends rien si j'ajoute à la peur du noir et à l'impossibilité d'aller se coucher, des difficultés à "gérer" l'endormissement. Nous tentons de gérer d'ailleurs ce qui n'est pas gérable, le sommeil de nos petits qui est un besoin physiologique sur lequel nous n'avons aucune prise. Nous avons seulement le pouvoir de dérégler à vie un processus qui se mettra en place sans notre intervention si nous acceptons notre fonction parentale, nous sommes là pour protéger et accompagner. Dormir avec nos enfants est une manière de jouer ce rôle. Et penser à nos propres difficultés d'enfant liée au sommeil et à l'endormissement , les travailler pourra nous aider à nous débarrasser de ces sentiments d'épuisement qui nous poursuivent.
Bonne journée à tous.
Catherine Dumonteil-Kremer
Mercredi 8 mars 2006
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J'ai créé La Maison de L'Enfant en 1998, la liste Parents Conscients un an après, à cette époque m'est venue l'idée de proposer à aol des chats sur le thème de la parentalité et sur le thème du couple. L'expérience a duré trois années. J'étais très enthousiaste pour ce projet et j'en conserve un excellent souvenir.
J'étais enseignante en parallèle et je voyais de temps à autre des parents en réunion parents professeurs.
Je me fais depuis longtemps la réflexion suivante : ou sont les parents d'enfants de plus de six-huit ans ? Ou ont-ils disparu ? N'ont-ils plus besoin de soutien ? Pourquoi ne pas continuer à partager quand nos enfants grandissent ? Leur accompagnement ne présente-t-il plus aucun défi ?
Je suis parvenue à la conclusion suivante : C'est l'école qui prend le relais, l'école et les copains.
Pour les parents les six premières années en gros, sont les plus difficiles, il y a l'adaptation au fait d'avoir un enfant, toutes les questions que nous nous posons, nos vieilles blessures qui nous empêchent d'être rationnel.
A partir de trois ans l'école intervient dans la vie de la plupart des enfants et de leurs parents. Au départ nous sommes très vigilants, puis peu à peu, les enfants s'adaptent, se conforment à tout ce qu'on peut leur demander au sein de la collectivité. Nous pouvons avoir l'impression de vivre une période de tranquillité relative. L'école renforce notre autorité, nous renforçons l'autorité de l'école, et tout va bien. N'êtes vous pas accusés quelquefois par certains enseignants de ne pas faire comme "à l'école".
A partir de six ans avec l'apprentissage de la lecture nous sommes de nouveau stressés. Par la suite, toute la vie de notre enfant sera centrée sur l'école. Elle prend presque tout son temps, y compris son temps libre. Il y a les devoirs, les divers cahiers à faire signer... Notre enfant à partir du moment où il entre à l'école devient seulement un élève. D'ailleurs quelle question lui pose-t-on plus que toute autre : Comment ça va à l'école ? Comme s'il n'y avait qu'un seul domaine dans sa vie, comme si c'était la chose la plus importante !
En attendant les parents sont tranquilles avec l'école, la difficulté de vivre avec nos enfants 24 h sur 24 n'existe plus. Avec cette difficulté qui disparait, il y a la demande de soutien ce qui explique que les parents se volatilisent ils ne sont plus dans les groupes de soutien à la parentalité quand leur enfant atteint un certain âge.
Mais... A l'adolescence il se passe quelque chose de nouveau, le jeune devient adulte, il a une certaine force physique, et il va très souvent décharger sur ses parents toute la repression qu'il a reçu. Les adultes sont devenus des ennemis, il va manifester des symptômes qui montrent cette absence de vie pendant toutes ces années.
J'ai fait un constat intéressant : les parents qui continuent à parenter toute la journée, et qui vivent une relation axée sur l'attachement quel que soit l'âge de leur enfant, ont besoin de beaucoup de soutien. Ce sont des parents pionniers, j'espère qu'il y en aura de plus en plus...
Si vous scolarisez vos enfants, n'oubliez pas que sa vraie vie est ailleurs, et que lorsqu'il sort de l'école il a besoin de se reconnecter au côté stimulant et joyeux de celle-ci.
La prochaine fois que vous rencontrerez un enfant dans la rue, par pitié ne lui demandez pas comment ça va l'école, si vous avez un intérêt réel pour lui, proposez lui une course, une partie de trap-trap, un jeu, c'est ça qu'il meurt d'envie d'obtenir de la part des adultes, pas des questions automatiques sur un ton monocorde, qui n'établissent aucune connexion entre deux êtres.
Bonne journée !
Mercredi 1 mars 2006
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