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Elever son enfant autrement

Pendant quelques jours j'ai envie de partager quelques mails que j'ai écrit pour ma liste de discussion "Parents Conscients" qui a dépassé ses dix ans, et même sa onzième année sans que l'on fête son anniversaire ;-)))
Je te cite un poème que j'ai trouvé dans un bouquin en anglais, je te le traduis :
  
Demain, demain,
Ils m'aimeront
Si j'étais toujours douce, jamais en colère,
si je faisais exactement  tout ce que ma mère souhaite,
 ils m'aimeraient...
  
Si je ressentais ce qu'il faut sentir,
si je pensais ce qu'il faut penser
sans jamais me tromper,
ils m'aimeraient
Demain, demain,
ils m'aimeront...
  
Jeannette Meivogel
 
Ce poème me rappelle tous les faux espoirs que nous entretenons toute notre vie vis à vis de nos parents.
Mais quoique nous fassions la situation restera la même, ce sont bel et bien de faux espoirs. Dans la relation parentale il n'y a que nous qui puissions évoluer de manière à ne plus entretenir ces attentes. Et c'est difficile d'en faire son deuil...
Pour moi une des manières de faire une partie de ce deuil, ça a été de vivre ma colère et mon chagrin d'enfant, non pas en présence de mes parents mais dans un cadre de sécurité.
J'ai mis un coup d'arrêt à certains comportements en faisant un courrier à mes parents qui a été très efficace. Pour le reste, je me soigne, j'essaie de ne plus espérer de mes parents quelque chose qu'ils ne me donneront pas, je tente de ne pas l'espérer de quelqu'un d'autre non plus (de mon conjoint par exemple) parce que cette attente pour moi est vouée à l'échec.
La conséquence du travail c'est l'amour qui peut de nouveau circuler, mais la route est longue !
Bon courage à tous
Catherine Dumonteil Kremer
Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 08:10

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cannes_018.jpg Je sais, je vous avais promis un article sur la fête des mères pour lundi, mais voilà, je n’ai toujours pas internet et je me demande à quel moment je serai reliée à vous tous !

Mais, heureusement Francis est là avec son cybercafé familial de quartier !

Vous vous rappelez que j’avais déjà écrit un texte intitulé "Pourquoi j'aime être une femme ?",  et puis ma réponse à Elisabeth Badinter « Pourquoi j’aime être un chimpanzé ? »

Et voilà que j’ai trouvé une source d’inspiration dans une encyclopédie des années cinquante, l’encyclopédie de la femme. Une lecture édifiante pour toutes les femmes qui voudraient connaître la source des conditionnements inhérents à leur sexe.

Je vous en livre ici un passage :

«Education des filles : Elle doit se faire dans le sens le plus altruiste. Le rôle de la femme dans la vie est de tout donner autour d’elle : confort, joie, beauté, tout en gardant le sourire, sans faire figure de martyre, sans mauvaise humeur, sans fatigue apparente.

C’est une lourde tâche. Il faut entraîner notre fille à ce renoncement perpétuel et heureux. Dès la première année, elle doit savoir spontanément partager ses jouets, ses bonbons, et donner ce qu’elle a autour d’elle, surtout ce à quoi elle tient le plus. » Encyclopédie de la femme chez Fernand Nathan 1950.

Alors ? Qu’est-ce que vous en dites ? Etonnant, indignant, édifiant, éloquent, révoltant ?

1950 ce n’est pas si vieux, je suis née en 1962, ma mère en 1930, autant dire que cette « philosophie » était dans l’air, comme un poison étouffant les femmes.

En lisant cela je me dis, tiens ce n’est pas très étonnant que les femmes se sentent mal à l’aise à l’idée d’affirmer leur volonté, à l’idée de dire non, stop ! Une femme c’est souriant, aimable, compréhensif, une femme que l’on peut aimer doit convenir, penser à chacun dans sa famille… C’est une loi non écrite, sinon elle sera taxée d’emmerdeuse, de mal b….., on l’accusera d’être victime d’un syndrôme prémenstruel… Et pour la remercier on a inventé ce jour : La fête des mères ! Pour la remercier du sacrifice permanent qu’elle fait de sa vie, elle se sacrifie à ses enfants à son partenaire, et elle mérite bien un cadeau de la part de ses enfants, petits ingrats qui doivent intégrer cette donnée, leur mère s’est bel et bien sacrifiée pour eux ! Bien sûr une femme sacrifiée, c’est un  paquet de souffrances non exprimées, elle prend sur elle, elle finit par devenir amère, violente physiquement ou psychologiquement avec ses enfants, ou avec elle même…

Mais ça ne fait rien, ses enfants doivent lui dire merci ce jour-là, ils doivent lui montrer des signes de reconnaissance par le biais de cadeaux et de poèmes !

Sacrée fête des mères ! qui contraint les enfants à « honorer » leurs parents quels que soient les traitements subis, qui les poussent parfois à espérer qu’en faisant un cadeau, en lisant un joli poème, peut-être cette fois-ci leur maman les aimera pour ce qu’ils sont…

Vous savez ce que j’en pense ? J’ai le sentiment que c’est à moi de remercier mes enfants d’être ce qu’ils sont, de m’avoir subie quand j’étais à la recherche d’un mode d’accompagnement acceptable, d’avoir vécu à mes côtés en m’aimant inconditionnellement malgré mes souffrances, de m’avoir montré à quel point c’est merveilleux d’être une femme…

Pas une femme sacrifiée, mais une femme qui jouit à chaque instant de ce qu’elle est… Un femme qui refuse le sacrifice, mais qui sait se dépasser, une femme qui sait faire de bons choix pour elle-même, une femme puissante qui accompagne la vie sous une forme ou une autre…

Alors si nous revisitions ce petit passage,

« Les petites filles ont besoin que l’on respecte leur connexion à elle même, le pouvoir qu’elles ont sur leur vie en dépend… Il est important qu’elles sachent demander, explorer, chahuter, agir parce qu’elles ressentent du plaisir à le faire, comme tout être humain soumis à ce traitement, elles seront capables d’élaborer une connexion aux autres, une forme d’empathie, doublé d’une écoute d’elles mêmes qui leur permettra de mener une vie pleine et riche en expériences de toutes sortes. »

Par exemple…

Cela dit, pour mon boulot de mère j’aimerais recevoir une prime annuelle d’environ 20 000 euro, je crois que cela me montrerait que l’on prend en considération cette énorme tâche qui consiste à être parent ;-)))

Militons pour une prime de 20 000 euro par enfant xD

Bonne journée à tous !

Catherine Dumonteil Kremer

Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 10:37

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Les oiseaux chantent, le ciel est bleu, il fait beau, nous voilà en pleine saison de printemps… Mais si on veut préparer sa rentrée scolaire correctement, autant s’y prendre à l’avance, l’été passe si vite que l’on se retrouve très vite aux portes de septembre sans avoir rien compris ! Quel rabat-joie je fais ! Non, ne me dites pas que vous n’y avez pas pensé cinq petites minutes là tout de suite, à l’instant…

Profitez de l’instant présent, dorez vous au soleil, mais … N’oubliez pas que la rentrée est un moment important dans la vie des enfants et des parents.

 

Quelques petites questions préliminaires vont nous aider à faire le tri dans les éléments à traiter prioritairement : Quel est l’âge de votre enfant ? A partir de la troisième année de leur petit les parents commencent à se poser la question de l’école… Pourtant, elle devient une préoccupation légale seulement après six ans et pas avant. Alors si vous vous rajoutiez trois bonnes années ensemble… Trois années de légèreté, de jeux, de tendresse, d’apprentissage de votre fonction parentale, trois années qui consolideront les liens entre vous !

Ça vous tente ? lancez-vous sans aucun soucis, aucune culpabilité ! C’est facile, économique, et hyper rentable lorsque l’on pense que le milieu le plus riche pour explorer et apprendre sans intervention de qui que ce soit c’est… une maison.

 

Mais il a six ans cette année… Aie, vous voilà dans la panade ! ;-) Et bien vous le savez sûrement, la loi française vous permet de choisir l’instruction en famille, il suffit de le déclarer à l’inspection académique de votre secteur…Ah six ans ! L’âge des apprentissages fondamentaux… Oui, mais ce qui est fondamental c’est surtout ce que votre enfant choisit de faire… C’est ce qui fonctionnera le mieux sur le plan de l’apprentissage. Allez faire un tour sur le site de la revue « Grandir Autrement » et lisez ou relisez le hors série portant sur ce thème. Je suis sûre que vous vous sentirez mieux une fois que vous l’aurez lu.

 

« Je ne me sens pas capable, je n’y arriverai pas, je ne saurais pas quoi faire toute la journée avec lui, je n’arriverai pas à le supporter 24 heures sur 24 » sont des arguments que j’entends souvent, plutôt des sujets d’inquiétude du reste. Capable de quoi ??? Faites comme d’habitude, répondez simplement aux questions qui se posent, organisez les activités que votre enfant aime, partagez de bons moments ensemble, la curiosité des petits est un puis sans fond et je serai étonnée qu’elle ne se manifeste pas au fil du temps à vos côtés.

Le supporter 24 h sur 24, oui là, je le reconnais vous allez avoir un peu de travail sur vous mêmes, mais votre enfant sera plus détendu hors de l’école. La non scolarisation ne ressemble en rien à des vacances scolaires. Pendant les vacances les enfants relâchent les tensions, ce qui peut les faire ressembler à des périodes complexes, mais lorsqu’il n’y a plus d’école, une fois les tensions accumulées déchargées, on se met à vivre très simplement les uns avec les autres.

Il y a des difficultés, mais elles sont un peu différentes de celles aux quelles nous faisons face lorsque nos enfants sont scolarisés.

 

Il est déjà scolarisé et vous n’osez pas le déscolariser. Pourtant il n’aime pas l’école, vous en convenez. Mais qu’est-ce qui vous empêche de sauter le pas ? Vous avez peut-être les mêmes inquiétudes que précédemment… Mais en plus il faudra peut-être faire face à un directeur d’école, ou à un enseignant pour lui faire part de votre choix. Peut-être pas, si vous faites votre déclaration dans les délais légaux, vous n’aurez pas à expliquer ce qui vous conduit à cela. Mais mon idée est la suivante : S’il arrive à votre enfant de vouloir retourner à l’école, vous serez avisée d’aller rencontrer enseignants et directeur d’établissement, pour leur faire part de votre choix, pas pour vous justifier, mais pour les informer chaleureusement…

Votre enfant aime aller à l’école, il a beaucoup d’amis, il n’est pas question pour lui de ne pas y aller. Faites-lui savoir que vous pourriez le déscolariser s’il en éprouve le besoin, et n’insistez pas, s’il ne le souhaite pas il a le droit de faire ce choix pour lui-même, c’est important qu’il sache que ses parents sont prêts à l’écouter en cas de besoin. Même si ce n’est pas simple, ce sera pour un autre article cependant.

 

Ça y est ?? Vous avancez dans votre préparation ?

Je sais que j’ai oublié quelque chose de très important dans votre vie… Le travail, et l’argent.

Là encore il y a des petites questions intéressantes à se poser. Pouvez-vous réduire votre train de vie et comment ? Pourriez vous réduire votre temps de travail ? Travailler à partir de votre domicile ? Pourriez vous prendre une jeune fille/homme au pair enjoué pour jouer avec votre enfant pendant vos heures de travail ? N’y aurait-il pas d’autres familles non sco dans votre région qui vous soutiendrait en attendant que vous trouviez des solutions ?

 

Comme vous pouvez le constater une non rentrée scolaire (je sors du film « Alice aux pays des merveilles » et le non anniversaire m’a manquée ;-)) ça se prépare ça se mûrit, mais un second article vous attend pour aller un peu plus loin dans la jungle des sentiments associés à l’école…

 

A la semaine prochaine donc…

 

Catherine Dumonteil Kremer

 

 

 

 

 

 

Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 10:46

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En ce moment les colistiers de Parents Conscients débattent  au sujet de la différence qui existe entre  politesse,  et communication respectueuse (il y  est plus précisément question de la cnv, mais je pense que sous cette appellation  sont regroupées d'autres techniques qui visent  à vivre la relation  à l'autre différemment même si la cnv a ses spécificités propres).
J'inclus à mon article les questions de respect, et d'amour parce-qu'elles me paraissent parfois radicalement opposées.
Commençons par la politesse :
Il s'agit d'un code social, elle fait partie de l'éventail des conventions auquel les enfants ne prêtent pas forcément une attention démesurée ! Vous le savez si vous êtes parents, ces petits mots : Bonjour, au revoir, merci, s'il te plait etc... s'acquièrent par imitation, ils deviennent peu à peu des automatismes, ce sont des rituels quasi obligatoires dans notre société. Les enfants s'en emparent et en usent d'autant plus vite que leurs parents les utilisent eux mêmes sans stigmatiser leurs enfants à chaque fois qu'un petit mot-clé manque à l'appel.
Quand on parle de conventions, il est difficile d'évoquer l'authenticité, car elle est absente le plus souvent de ces échanges superficiels que nous vivons parfois le "çava?çavaettoimoiçava" est une entrée en matière qui n'a presque aucun sens, mais nous l'utilisons malgré tout avant de passer à autre chose dans l'échange.
Améliorer sa communication, à quoi ça mène ?
La communication respectueuse quelle que soit la méthode utilisée, ou sans aucune méthode, nous demande d'examiner avec précision notre ressenti pour le livrer à l'autre. Nous nous retrouvons face à nous mêmes, c'est une situation inhabituelle, et elle l'est tant que nous ignorons quelquefois ce que nous ressentons,  nous avons tellement été habitué à nous couper de nous mêmes depuis l'enfance !
Certains sentiments n'étaient pas bienvenus, nous ne pouvions clairement parler de nos souffrances, il était même dangereux de les ressentir tant elles étaient violentes, du coup nous avons appris à refouler, ce vieux réflexe est toujours à l'oeuvre en nous.
"J'ai mal, mais à quoi bon en parler, cela n'intéressera personne, je n'ai pas envie d'ennuyer les autres avec mes états d'âme" ou bien "tout va bien, la vie est belle, je ne ressens rien !"
Il nous faut de l'honneteté vis à vis de nous mêmes, et du courage pour faire face à des sentiments que nous avons enterrés car personne n'était là pour les écouter.
La communication respectueuse c'est aussi cela : être authentique vis à vis de soi. Se retrouver, se reconnecter à soi, dire quelle est sa réalité...
C'est presque le contraire de la politesse, où on s'évertue à faire briller notre image sociale, à être prévisible, sans émotions, le sourire aux lèvres en permanence. (A propos du sourire qui ne signifie rien je vous renvoie à ce livre pour enfant :
Juste une rencontre :
http://www.pourpenser.com/livres_pdf/rencontre.pdf )
Et si nous vivions les techniques de communication comme un outil de découverte de soi ?
Ce sont nos relations aux autres, notre santé, notre joie de vivre qui en dépendent... Ce que l'on prend comme un outil pour communiquer sans blesser l'autre nous entraîne sur des chemins insoupçonnés qui nous conduisent largement au-delà de ce simple objectif.

Le respect
Celui-là est mis à toutes les sauces, la pédagogie noire s'en sert d'ailleurs abondamment. A certains il serait du, sans qu'ils le méritent, privilège de l'âge je suppose, car les petits n'y ont pas droit, ils devraient se montrer "exemplaires" (selon des critères flous et oppressifs) pour le mériter, et l'obtenir au prix exhorbitant d'un écrasement de soi, d'une non existence.
A une époque pas si lointaine, les femmes se trouvaient dans la même situation !
Le respect se mérite en effet, en particulier quand on est adulte.  S'il y a des personnes auxquelles il devrait être du, ce sont les touts petits qui ne l'exigent pas et qui en ont tant besoin. Respect de leur dignité, de leurs besoins spécifiques, de leur personnalité, de leurs désirs !
Le respect est une étrange notion qui nécessite une prise de distance, j'ai l'impression qu'elle se dilue dans le lien, l'amour, l'attention...
Quand la tendresse, la confiance, le plaisir d'être ensemble, les élans communs, sont là on n'a vraiment plus besoin du respect.
L'amour suffit amplement...
Evidemment cela dépend de ce que l'on entend par amour, si c'est encore une occasion de manipulation, d'abus de pouvoir, "je t'aimerais seulement si tu fais ce que je veux, et tu m'appartiendras", "je t'aimerais parce-ce que j'ai tellement besoin d'amour, que je vais te vampiriser autant qu'il me sera possible de le faire"... Cet amour-là aurait encore bien besoin de respect.
Mais s'il s'agit d'une forme d'amour gratuite qui laisse l'autre, les autres devenir ce qu'ils sont, qui les soutient dans leurs projets, qui est loyal, et plein d'attention, celui-là se suffit à lui même et balance le respect par la fenêtre ! En plus il nous fait du bien, vous l'avez remarqué ?

Bonne journée à vous tous

Catherine Dumonteil Kremer


Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 08:37

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