journeesansfessee.gif

 

leslivres.gif

L'école à la maison ou vivre ensemble

L'école s'empare d'une grande partie du temps familial, vous l'avez sûrement remarqué, nos enfants lorsqu'ils ont fini leur journée, ont encore des devoirs à faire. Ce travail est une corvée pour la plupart des parents que je connais, encore une occasion de lutter contre son enfant, tant on a le sentiment que l'école détermine son avenir, tant on nous demande d'être solidaire des enseignants, de "suivre" nos enfants !
Je connais des parents qui appréhendent la fin de journée, ils savent que leurs enfants essaieront de résister à cette pression, à juste titre du reste, après 6 à 8 heures de présence à l'école, pourquoi faudrait-il encore se mettre au travail !
L'école s'empare d'une partie du temps familial, mais elle en colore l'intégralité.
En jugeant de la "valeur", du "niveau" d'un enfant, en transmettant des évaluations régulières à la famille, elle modifie parfois la perception que les parents ont de leurs enfants. Ces derniers seront alors jaugés en fonction de leurs résultats scolaires et ce dans tous les domaines de leur vie.
Si vos enfants vont à l'école, ne laissez pas l'institution vous dire que votre enfant est "mauvais" ou "bon".
Votre enfant parvient plus ou moins bien à s'adapter à des conditions d'apprentissage qui ne correspondent que rarement à son fonctionnement. (Je ne sais pas si vous avez pu lire ce rapport du CERI dont je parlais dans un article précédent).
Les résultats qu'il obtient ne sont qu'un reflet de la difficulté qu'il rencontre à se faire entendre.
Les parents d'enfants qui obtiennent de"bons" résultats scolaires vivent dans l'idée qu'ils sont tranquilles avec leurs enfants, qu'il n'y aura pas de "problème". Il faut vivre dans la peau d'un enfant pour se rendre compte qu'on attend vraiment autre chose de la part de ses parents (Vous vous rappelez ?).
Nos enfants sont merveilleux, compétents, uniques, ils ne demandent qu'à apprendre, ils sont passionnés et très intelligents, l'école nous déconnecte trop souvent de cette réalité. Et plus grave elle déconnecte nos enfants de cette évidence.

Bonne semaine !

Catherine Dumonteil Kremer

Lundi 5 mars 2007 1 05 /03 /Mars /2007 06:55

Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Il y a une chose que j'ai constatée dans le comportement de mes filles, qui sont toutes allées à l'école malheureusement... (Agathe n'a fait que le primaire à la maison, et Coline et Claire en sont sortis en début de CE2 et CM1.) C'est qu'elles ont perdu trois éléments moteurs pour l'apprentissage.
Le premier c'est le questionnement, ou autrement dit la curiosité. A force de vivre la contrainte scolaire où on est forcé d'apprendre ce qui ne nous intéresse pas et où la plupart des questions ne sont pas au programme, on se lasse. Les questions restent sans réponse, une information en grande quantité dont on ne perçoit pas toujours le sens doit être stockée par tous les moyens en nous, cela a pour effet d'anesthésier la curiosité.
Les petits enfants en sont naturellement pourvu, ils traversent des périodes où ils posent quinze questions par jour, et des questions auxquelles nous ne savons pas toujours répondre (mais qu'avons-nous donc appris à l'école ?), c'est ainsi que pourrait se faire l'apprentissage de façon souple et naturelle. Ce qui se passe à l'école fait que le savoir que l'on avait envie d'acquérir le plus souvent dans un état d'excitation intense, est devenu un travail imposé, la plupart du temps morne et insipide, du coup on a tendance à se braquer de façon systématique contre ce qui pourrait être un grand plaisir dans nos vies.
Le deuxième élément c'est la motivation, et si vous êtes parents de bambins vous savez combien leur volonté est forte, ils veulent vraiment et ce de toutes leur force. Cette volonté si elle n'est pas brisée par l'éducation sera une excellente base pour la motivation. Cette motivation qui manque tant aujourd'hui aux enfants et aux jeunes ! Cette motivation dont on parle souvent en salle des profs essentiellement pour déplorer son absence. Et bien elle était présente en abondance en chacun d'entre nous, elle nous poussait à l'action. Et je me demande pourquoi cette motivation disparait (j'ai quand même des embryons de réponses), et comment on peut la préserver.
Le troisième c'est l'estime dans leurs capacités à apprendre, liée à l'habitude de considérer l'erreur comme un drame.
A force d'être évaluée, surveillée, à force de ne pas être considérée et appréciée pour ce que l'on est, on engrange un sentiment d'échec assez fort.
On se dit qu'on ne comprend pas, et qu'on ne comprendra jamais, on fait des erreurs et au lieu de les considérer comme des signes de bonne santé, on s'en désespére en se jugeant nul et inapte. On baisse rapidement les bras, considérant comme anormal le temps mis pour assimiler quoique ce soit.


La suite demain...

Catherine Dumonteil-Kremer



Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 07:39

Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
"Car la machine scolaire oeuvre à d'autres dessins qu'à ceux qu'elle proclame. Elle prétend former l'individu, la personne, le citoyen, l'homme et la femme ; de fait elle produit des singes savants, des consommateurs, des sujets dociles, des abrutis rompus aux ruses utiles pour obtenir une place dans la société et s'y maintenir. D'où sa passion pour les têtes bien pleines or rien n'est plus vide qu'une tête bien pleine." Michel Onfray.




Cette citation est tirée de la préface du livre de Gilles Geneviève " La raison puérile. Philosopher avec des enfants ?", j'ai envie de vous parler un peu de cet ouvrage que j'ai vraiment aimé lire. Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à partager l'expérience d'un auteur. C'est Pierre, mon compagnon qui m'a offert cet ouvrage et je dois dire que mon premier réflexe a été un mouvement de recul ! Qu'est-ce que cela peut cacher un titre pareil ? "Enseigner" la philosophie à des enfants ? Encore un livre pour enseigner quelque chose à des enfants, mais quand les laissera-t-on tranquilles ? Je me trompais lourdement sur la démarche de Gilles Geneviève qui raconte l'expérience de l'atelier de philosophie pour enfant de l'université de Caen. Les enfants sont volontaires pour s'y rendre, l'adulte (en l'occurence l'auteur) y est seulement facilitateur, il a à coeur de se rendre presque invisible, laissant toute la place à l'expression des individus qui sont là pour poser des questions et en parler ensemble.
Il n'est pas là pour évaluer, pas plus pour donner son avis d'ailleurs, il prend des notes et reste à l'écoute humblement. J'ai senti de la part de Gilles Geneviève un immense respect des enfants, une grande confiance aussi dans leur capacité de réflexion, un lâcher prise : il se laisse mener par le groupe, si le débat attendu n'a pas lieu, inutile de forcer les choses, tout le groupe en fait l'expérience. Au fil des pages on partage ses enthousiasmes, ses déceptions, ses considérations, il rend compte de chaque questionnement, chaque débat sans jamais émettre aucun jugement sur la parole des enfants, aucun sous entendu, aucune ironie.
A ma grande surprise, j'ai retrouvé mes valeurs dans cet écrit, l'écoute (avec des références à Gordon notamment), le jeu (Gilles Geneviève parle de jeux coopératifs assez brièvement), le non jugement, l'acceptation de l'autre avec ses différences, le refus d'une école où l'élève est seulement soumis à l'adulte...etc...
Ce livre est truffé de réflexions à propos de l'école, ce qui me permet de revenir à mon sujet avec celle-ci par exemple :
"De même penser l'école comme une sorte de marche-pied permettant d'entrer gaiement dans la grande famille du salariat, n'est-il pas pernicieux ?

Cette façon de faire n'est-elle pas percluse de présupposés économiques, politiques, philosophiques pour tout dire ? Car pouvons-nous accepter de laisser nos jeunes, ceux que nous revendiquons comme "la chair de notre chair" immoler leur enfance sur l'autel de l'ascenseur social ? Qui dans cette nouvelle et laïque version du sacrifice d'Abraham, retiendra notre bras ? C'est nous-mêmes qui les conduisons au martyre en les contraignant à consacrer le plus clair de leur temps à leurs études-Des dizaines d'heures chaque semaine, autant voire plus que bien des salariés- Et en leur disant implicitement, ou explicitement, "travaillez maintenant vous serez heureux plus tard".Mais de quel bonheur s'agit-il ?
Sans l'énoncer clairement, l'expression "ascenseur social" assimile le bonheur au confort matériel, aux postes de pouvoir."  La suite est édifiante, mais je suis obligée d'interrompre là ma citation, mais vraiment  lisez ce livre de Gille Geneviève, je suis sûre que vous ne le regretterez pas !
Voici une nouvelle raison qui fait que mes enfants ne vont pas à l'école, parce qu'elle leur volerait leur enfance, et leur enfance n'a pas de prix !

Catherine Dumonteil Kremer








Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 07:15

Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Est-ce parce que l'école, le collège, rendent les enfants dépendants de l'autorité ? Contrairement à ce que l'on peut penser, l'école ne donne pas aux enfants l'autonomie dont ils auraient besoin à un certain âge.
Ils ne peuvent prendre aucune décision, même celle d'écrire avec un stylo de couleur ne leur appartient pas, les feuilles "doivent" appartenir à une catégorie x ou y, leur couleur également, au risque de contrarier l'enseignant... Si vous êtes parents vous vous souvenez probablement des listes d'exigences professorales, de la crainte de vos enfants de ne pouvoir les satisfaire...
Quand leur explique-t-on le bien fondé de ces exigences, en leur donnant la possibilité de ne pas les satisfaire dans la mesure où du matériel reste de l'année précédente qui pourrait être écoulé ? Cela dépend beaucoup de l'adulte face à eux.
A quel moment demande-t-on aux enfants ce qu'ils voudraient apprendre, et comment ils souhaiterait acquérir le savoir faire choisi ? Pour éviter de répondre jamais, je vais répondre que ce n'est pas le cas dans l'immense majorité des collèges et des écoles de France. Pourtant je crois qu'aujourd'hui personne ne remet en question l'importance de la motivation dans l'apprentissage. Pour autant, je n'ai pas l'impression qu'il en soit tenu compte à l'école.
L'éducation nationale tient-elle compte des récentes découvertes en neurosciences cognitives ? J'ai découvert sur internet un rapport des plus intéressants sur les liens que l'on pourrait d'ores et déjà établir entre le fonctionnement du cerveau et l'apprentissage.
Ce rapport émane de l'OCDE qui a mis en place le CERI, Centre pour la recherche et l'innovation dans l'enseignement. L'objectif du Ceri est d'établir des liens entre plusieurs disciplines (neurosciences, éducation, santé, politique, psychologie) et d'en tirer des conlusions pour ce qui est de l'apprentissage. On peut constester l'action de l'OCDE, mais ce rapport est vraiment édifiant et je vous recommande d'aller le lire et de faire circuler le lien autour de vous tant il lève le voile sur l'incapacité pour l'école telle qu'elle est aujourd'hui de remplir sa mission.
Quelques citations éloquentes tirées de ce rapport :

"Plus nous en apprenons sur le cerveau humain, en particulier les premières années de l’existence, moins nous sommes à l’aise avec le modèle traditionnel de la salle de classe et le programme imposé de l’éducation formelle. Ce soucis est particulièrement pertinent par exemple, lorsqu’on cherche à évaluer les mérites respectifs pour le nourrisson, de la mère et de la crêche, pour l’enfant de la scolarité à domicile et de l’éducation formelle ; pour l’adolescent de ses intérêts naturels et des programmes nationaux. Il semble douteux que la configuration actuelle de l’éducation de la jeunesse soit conçue pour encourager l’imagination et la créativité, l’autonomie, et l’estime de soi. Pour tous les âges mais spécialement pour les jeunes, il est nécessaire de reconsidérer l’importance du jeu, le rôle du stress (vu à la fois comme un défi et comme une menace), et les implications de la diversité humaine. "

« Aujourd’hui l’idée que l’intelligence humaine puisse être strictement limitée ou présente en faible quantité paraît des plus bizarre. »

« La seule chose que l’on puisse affirmer avec certitude à propos des limites de l’intelligence humaine (telles qu’elles sont mesurées par l’intelligence scolaire) c’est qu’elles sont inconnues et qu’elles continuent de déjouer nos prévisions » p 21

 

« Les groupes humains tendent à se conformer à une norme perçue. Les groupes résultants d’une ségrégation le font de façon encore plus forte que les groupes à population variée. Comparons le comportement d’enfants à l’école et en famille, ou d’adultes au travail et à la maison. La présence d’un groupe de pairs, à l’école ou sur le lieu de travail, peut conduire à un comportement conformiste. Notre conduite semble plus libre dans un contexte plus varié. Nous sommes davantage en mesure d’être nous mêmes, et d’accomplir notre potentiel, lorsque nos pairs ne sont pas là pour nous limiter. »

 

« Un système conçu pour trier et récompenser les plus capables peut-il être réformé de façon à aider tous les élèves à réaliser leur potentiel ? Ou si une réforme est impossible l’avenir de l’éducation passe-t-il par une révolution ? »

 «Traditionnellement un programme scolaire se compose de trois éléments : connaissances, compétences et attitudes. Et les programmes scolaires traditionnels ont tendance à placer les connaissances au dessus des compétences, et les compétences au-dessus des attitudes.

L’expérience de la vie et du travail suggère un ordre de priorités différents : Attitudes, compétences et connaissances. Les attitudes positives (responsabilité, espoir, confiance en soi, confiance dans les autres ) sont la clé d’une vie réussie et d’un travail gratifiant.

Certaines compétences ( communication, travail en équipe, organisation, résolution de problèmes ) sont elles aussi essentielles. Maintenant qu’une immense partie des connaissances du monde est accessible dans les livres ou sur l’internet, il devient moins important de pouvoir la stocker dans son cerveau. Le défi est de créer une société apprenante et non une société de la connaissance pour le 21 ème siècle, société qui exige un programme ASK. (attitudes, skills, knowledge, le verbe ask signifiant demander.)"

" Comment font les gens pour apprendre au mieux ? Et ou aiment-ils le mieux apprendre ?

Certains préfèrent apprendre chez eux, d’autres au travail, d’autres à l’université. La réussite remarquable de la scolarité à domicile pourrait avoir des implications révolutionnaires. Il existe apparemment une multitude de styles d’apprentissages, définies par exemple en fonction d’un médium (l’œil, l’oreille, la main) ou d’un type d’intelligence préféré, ou encore du sexe, de la préférence pour la théorie ou la pratique, de la méthode, par incréments ou en commençant par la fin, ainsi de suite. Nous sommes encore loin d’avoir élaboré une théorie adéquate, et une analyse pratique des styles d’apprentissages.

Ce que nous savons c’est que la réussite est probable si l’apprenant a
une grande assurance et une bonne estime de soi, a une forte motivation pour apprendre,"

 

Je n'ai pas pu m'empêcher de souligner en gras la remarque ci-dessus... Vivant en France j'ai parfois l'impression que les parents qui ne scolarisent pas leurs enfants sont vus comme des marginaux qui n'ont aucune conscience des besoins de leurs enfants, quand je lis ce rapport j'ai plutôt le sentiment que ces familles ont un savoir, une expérience de valeur à partager avec l'institution Education nationale. Tout comme les enseignants ont aussi à nous apprendre, lorsqu'ils sont passionnés par leur métier !

 

Allez vite le lire,


 

La suite demain...

Catherine Dumonteil Kremer









Mercredi 21 février 2007 3 21 /02 /Fév /2007 08:00

Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire

presentation.jpg

bienvenue.jpg

categories.jpg

 

accompagnement.jpg

contact.jpg


newsletter.jpg

 

recherche.jpg

 

agenda

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés