Ce matin belle surprise, ma table était complètement dégagée des affreuses piles de trucs, bouquins, papiers, cd, stylos, et autres qui l'encombraient !
Un peu de paix dans mon espace visuel, ça fait combien de temps que cela n'est pas arrivé ? Peut-être bien six mois, depuis la publication de frères et soeurs. Ma maison est dans un état piteux depuis cette date, et moi avec. Je m'étais à nouveau métamorphosée en mère sacrifiée qui se lamente toute la journée, à propos de tout ce que les autres ne font JAMAIS et que je fais TOUJOURS.
Je sais bien que c'est totalement inefficace, mais il n'y a pas, ça doit me défouler, mes enfants détestent ça et moi aussi dans le fond !
Donc avant hier, j'ai réutilisé un vieux truc que je n'avais pas ressorti des cartons depuis des années, le tableau de tâches !
J'ai fait un tableau assez rudimentaire, avec seulement quinze tâches : celles qui nous permettront de survivre quelques semaines dans notre petit espace. Le but du jeu est d'inscrire ses initiales quand on a fait quelque chose dans la maison, tout le monde y passe. Par contre pour une à deux semaines, chacun est libre de choisir ce qu'il veut faire, personne n'est contraint, on fera un bilan plus tard. Si ça fonctionne ainsi, on continuera à garder cette liberté, sinon on en parlera, et on verra bien quelle orientation donner à ce projet.
Et bien vous me croirez si vous voulez, ça a super bien marché ! Tout le monde voulait ses initiales dans les petites cases, même notre jérémie adoptif ! Hier soir, j'ai regardé mon tableau, tout le monde a fait au moins une part du travail, et ça change tout ! Même moi qui fait toujours tout, j'ai quand même fait un peu plus que d'habitude.
Le truc du tableau je l'utilisais quand mes beaux enfants étaient plus petits, c'est Barbara qui me l'a rappelé, je l'avais totalement oublié, et c'était une technique de survie, avec huit enfants il fallait que je trouve des idées, pas d'internet à ce moment-là dommage !
J'espère que nous allons nous y tenir, je vous raconterai... En tout cas, même s'il n'y avait qu'un jour d'efficacité je ne le regrette pas du tout !
Bonne journée.
Catherine Dumonteil Kremer
Il n'y a que les enfants qui puissent faire cela... C'est arrivé un jour de grande morosité dans le métro parisien, j'allais rejoindre des amis après une journée de stage. J'étais assise et presque face à moi, une petite fille prenait des photos avec un ticket de métro, enfin elle faisait semblant, elle s'amusait bien, mais à son insistance à me graver sur sa pellicule, j'ai senti qu'elle attendait une réponse que je n'osais pas trop lui donner. Le métro était bondé, j'allais sûrement me rendre ridicule, mais j'en mourrais d'envie quand même !
"Mon bouquin sur le jeu va sortir, c'est le moment de se jeter à l'eau" ai-je pensé, et je l'ai mitraillée à mon tour la petite fille... Elle en est restée bouche bée, et très vite elle a surenchérit en riant. Au bout de quelques minutes, un vieux couple fatigué posait pour nous en souriant, et l'ambiance est devenue bon enfant comme ça, d'un instant à l'autre.
La bonne humeur c'est contagieux, je ferais bien de m'en souvenir les jours où je vais mal où je suis fatiguée, où mes filles m'énervent comme c'est le cas en ce moment ! Il faut trouverle bon bouton, l'interrupteur qui va modifier l'ambiance, et c'est souvent le jeu et le rire qui font le meilleur boulot !
Catherine Dumonteil Kremer
ça fait très longtemps que je n'ai pas écrit, je me rattrape !
Vous savez ou pas, qu'une de mes amies proches attend un bébé pour la fin du mois d'aout, et cela fait longtemps que nous avions mes filles et moi décidé d'organiser en son honneur un rituel pour célébrer son état !
Le temps passant très vite, les journées et leurs frustrantes vingt quatre heures s'écoulant à une allure folle, je me suis rendue compte que nous ne pourrions guère vivre cette fête comme cela pourrait se faire, entre femmes... Nous avions bien trop peu de temps, démobilisées par les vacances, voici ce que nous avons fait :
J'avais commandé il y a deux ou trois mois du henné 100 pour cent henné aux états unis , sur ce site : http://www.earthhenna.com/
(Si vous avez des idées pour trouver du henné pur, non mélangé aux nombreuses cochonneries dont on parle beaucoup en ce moment, les commentaires son ouverts.)
Je souhaitais lui faire un tatouage au henné sur le ventre.
Le but du rituel étant de la mettre au centre de la "chouchouter" de manière à ce qu'elle se sente aimée, appréciée, accueillie, célébrée aussi dans son état de femme enceinte.
Et puis nous voulions aussi un bellycast, une de mes amies m'en avait parlé et m'avait donné rapidement les consignes par internet. Qu'est-ce qu'un bellycast : un moulage de platre du ventre et des seins de la mère concernée.
Nous nous sommes procurées des bandes de platre à prise rapide dans la première pharmacie venue, (il me semble que c'est beaucoup moins cher que les bandes vendues dans les magasins de travaux manuels, et c'est aussi plus adapté car plus large), nous avons trouvé trois bandes de 2 m par 15 cm pour deux d'entre elles, et par 20 cm pour la dernière. Il nous a manqué un morceau de 50 cm environ.
Puis nous avons acheté des petits présents, Claire avait acheté une paire de boucles d'oreille en forme de spirale, Coline avait choisi de fabriquer un bracelet avec de très jolies perles, pour ma part j'avais choisi un petit bracelet et un livre contenant des photos symbolisant les relations entre humains.
Le jour venu, je me sentais bizarre, comment cela allait-il se passer ? Après tout je n'avais jamais vécu une telle expérience, je me sentais un peu maladroite et en dehors de l'évènement... J'avais la volonté de le vivre, le désir, pour mon amie, et en même temps une espèce de réticence : comment elle même va-t-elle le recevoir ? Est-ce qu'elle va comprendre ou sentir quelque chose, est-ce que nous ne sommes pas trop à côté de la plaque avec notre mode de vie ? Est-ce que je suis suffisament centrée pour être là avec elle, et pas dans les dix mille trucs que j'ai à faire ?
J'aime beaucoup l'idée de marquer certaines étapes de la vie par des fêtes où le but est de donner de l'attention à la personne par divers moyens, je trouve que notre famille manque de cela et j'ai l'intention de développer cette idée-là pour nous, mais dans les faits je me sentais presque mal à l'aise. Etait-ce la dimension spirituelle ? C'est à creuser en tout cas.
J'ai été étonnée par l'attitude de Coline qui a tout bonnement pris en charge d'une manière très naturelle la mise en oeuvre de cette petite fête. Elle nous a préparé un coin intime, avec un grand tapis au sol, des coussins où elle avait soigneusement disposé de jolis paréos de couleur, il y a avit des bougies qu'elle avait éclairé en ayant soin de fermer les volets, elle avait installé un magnifique rideau pour fermer l'espace destiné à notre amie.
Avec ce décor je me suis sentie tout de suite dans une ambiance très particulière. Nous étions trois finalement, mes deux autres filles étant prise ailleurs. Nous avons commencé par un petit cercle de parole, où chacune d'entre nous a émis à haute voix deux souhaits : un pour la naissance et un pour le bébé à venir, nous nous tenions les mains.
Puis nous avons offert nos petits cadeaux...J'ai préparé la baignoire de notre salle de bain en disposant au fond des oreillers recouvert d'un drap de bain, G s'installe, s'allonge même, et c'est parti pour le bellycast. Nous avions préparé un saladier d'eau tiède assez large pour pouvoir y tremper les bandes de platre. Après avoir déballé ces dernières nous les avons coupé à la dimension voulue, en les positionnant sur le ventre (sans les mouiller bien sûr), et en sachant que nous voulions superposer deux couches de platre pour avoir un moulage assez solide. Ensuite nous avons demandé à G de se pommader le ventre de vaseline, il faut en mettre partout où le platre va être posé une bonne couche, sans oublier les côtés.
Une fois toutes nos bandes coupées, Coline et moi avons successivement mouillé les bandes de platre et nous les avons appliquées en prenant bien soin de les lisser après application. Il est important de les mouiller rapidement et de les positionner tout aussi vite, puis on lisse et on place une autre bande en la superposant un minimum à la précédente et on fait comme cela deux couches. Une fois le travail terminé, on laisse poser une dizaine de minutes, et on peut démouler et laisser sécher, le moulage est encore fragile, il doit sécher à mon avis quelques heures avant de pouvoir être manipulé. Pour la suite, mon amie doit se doucher, en effet la vaseline pourrait empêcher le taouage au henné de marquer suffisament sa peau.
Pendant ce temps le mélange eau-thé noir-henné attendait son heure, il faut le préparer deux heures à l'avance. Coline s'était entrainée à faire des dessins qui pourraient servir de taouage et en avait préparé un pour ce jour-là. Elle a demandé à notre amie son accord et s'est lancée dans la confection d' un assez grand taouage au henné qui avait pour centre un magnifique nombril !
Je ne saurai dire combien de temps ce travail a duré, pendant ce temps je massais les pieds et les mains de mon amie, je sentais beaucoup d'affection pour elle, le temps s'était arrété, j'étais bien centrée, concentrée sur elle et sur mon propre ressenti.
Le rituel a fait ce travail d'apaisement un peu magique, j'ai laissé aller, laissé faire, les choses se présentant naturellement l'une après l'autre.
J'oubliais de dire que les enfants de G étaient là, ils n'ont nullement gêné le déroulement du rituel au contraire ! C'est un peu comme si cette ambiance inhabituelle ralentissait leur rythme de bambin. Après le tatouage, Coline a massé le visage de G et nous avons cloturé la fête en dégustant un couscous assis sur le tapis au sol...
Je ne sais pas si cela vous inspire mais c'était vraiment un bon moment pour nous, riche de paix d'amour, de calme.
J'ajoute deux bricoles pratiques, avant de dessiner le taouage, on peut appliquer un peu d'huile essentielle d'eucalyptus, nous avons utilisé un flacon spécial puni d'un embout très fin pour dessiner, mais certaines personnes prennent une seringue sans aiguille, à priori ça semble beaucoup moins pratique. Le fait de mélanger longtemps à l'avance le henné évite les grumeaux, c'est très important. Au cours du travail, pensez à avoir des cotons tiges et de l'eau tiède pour effacer les éventuelles erreurs, ça s'efface très bien.
Il faut le laisser poser six heures, ne pas chercher à enlever les surplus de henné, mettre un peu d'huile d'olive le lendemain dessus pour l'entretenir et le résultat est très chouette.
Alors qu'est-ce que vous en pensez ?
Bonne journée.
Catherine Dumonteil Kremer
... Allez avouez tout de suite que vous avez cliqué par gourmandise, j'en aurais fait autant à votre place ! Une machine à tartiner le nutella, non, mais vous vous rendez compte que jusqu'à hier j'ignorais l'existence de ce petit bijou !
Depuis que je l'ai vu elle m'a tapée dans l'oeil la machine à tartiner le nutella, elle est splendide... Imaginez plutôt, mesurant peut-etre une dizaine de mètres de long, ce qui présente de gros avantages (lesquels ? Celui d'avoir seulement l'indispensable chez vous !) il suffit de poser une tartine pleine de promesses, de potentialités extraordinaires à l'endroit prévu à cet effet, de tourner une manivelle, et le tour est joué, la tartine se présente au gourmand, pas avant d'avoir traversé cependant un rideau rouge digne des plus grandes scènes de théâtre !
Evidemment, si j'avais un tel engin chez moi, je ne pourrai pas emmener le public et le machiniste (spécialiste de la machine à tartiner le nutella ? Si, si ça existe !). Car cet objet je l'ai vu à Paris au grand palais, entouré d'un public hilare, le regard brillant d'envie, salivant ostensiblement, gémissant même en choeur au moment périlleux où la mini pelle va chercher dans le pot une quantité non négligeable de cette onctueuse, et odorante pâte, qui n'était destiné qu'à un seul ... attendant tranquillement derrière le rideau rouge que la tartine se présente.
Il y a des injustices dans la vie contre lesquelles on ne peut rien, j'ai failli perdre mon sang froid lorsque le machiniste d'un geste très professionnel, a testé la température de la pâte chocolatée, d'un doigt expert, et avec beaucoup d'autorité, il a osé goûté ce nutella que nous étions une cinquantaine à désirer...Argh !
Je me suis abondamment renseigné sur la possibilité de jouer le rôle de "la machine à sucer la cuillère après", là encore toutes mes espérances ont été déçues, la place était prise...
Si vous le pouvez encore et que vous êtes dans le coin, emmenez vos enfants voir cet exposition de machines de spectacles de rue, toutes plus loufoques les unes que les autres, car la machine à tartiner le nutella n'est pas seule, elle côtoie la machine à marcher comme les Romains, la machine à soulever les robes, le giroudoumdoum (et oui, le fameux giroudoumdoum), la baignoire roulante, le chiotte solex, le vélo à tamponner les empreintes de vache, le piano à poules, etc... il y en a comme ça une centaine, toutes uniques et en parfait état de marche, c'est le royaume de la récup, et c'est tout un enseignement technique de les voir fonctionner, de savoir comment ça marche ...
Vous verrez aussi un mur de lumière (entièrement construiit avec des phares de vieilles bagnoles), un canon à eau, une machine à fabriquer la neige, et le clou de l'expo : la catapulte à piano (IMPRESSIONNANT !)
Vous pouvez aller voir quelques photos ici.
Bonnes vacances !
Catherine Dumonteil Kremer