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Au fil des jours

Ha ha, intriguée hein ?

Et bien ...OUI !


ça vous en bouche un coin !!! (Photos de Coline Kremer).


Catherine Dumonteil Kremer
Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 10:03

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Hier j'ai reçu le mail d'une enseignante qui réagit à mes propos extrêmes... Et elle a raison, oui c'est extrême ce que je raconte, et non les enseignants ne sont pas tous entre les maisons de repos de la MGEN, et une autorité contrôlante dont ils ont du mal à sortir.
Il y a tous ceux qui essaient de faire leur boulot au sein d'une institution complexe, et les relations humaines sont au centre de cette tâche. Travaillant toute la journée avec des jeunes, ou des enfants ils sont sensés faire des miracles avec 25 à 30 jeunes originaires de quartiers dits "sensibles", on attend d'eux qu'ils se préoccupent de la socialisation des premières années de maternelles, on s'attend à ce qu'ils trouvent quasiment seuls les solutions, ou bien on s'attend à ce qu'ils les "gardent" en classe, on sait qu'on ne peut "plus rien faire pour certains jeunes", mais il y a l'obsession de les "garder" afin qu'ils n'aillent pas nuire ailleurs, ou qu'ils ne se retrouvent pas prématurément sur un marché du travail déjà plus que saturé.
Il faut dire que j'ai été enseignante, et que j'ai beaucoup tourné au sein d'établissements scolaires difficiles dans les quartiers nord de Marseille, et quelques années après dans les Hautes Alpes.
J'ai rencontré des enseignants formidables, et j'ai aussi rencontré des gens usés jusqu'à la corde, las, déprimés, n'y croyant plus.
J'en ai même rencontré qui étaient tout simplement terrorisés par leurs élèves, vous pensez que c'est une situation facile d'être enseignant ?
Parce qu'il y a beaucoup de vacances ? Oui parfois ça l'est,  dans certaines régions, en lycée, mais c'est de moins en moins le cas et puis même quand la situation est plus facile à gérer cela demande un gros travail.
C'est aussi dans les quartiers difficiles que j'ai trouvé les équipes les plus soudées, et les plus motivées. Mais un enseignant a une carrière longue, je suis presque sûre que c'est un boulot qui use, que tous ceux que j'ai connu et qui en avait assez, ont commencé autrement, plein d'élan et d'enthousiasme.
Voilà tout ça pour dire à mon interlocutrice que c'était un billet d'humeur, j'en ai assez d'observer l'hypocrisie de l'institution qui laisse parfois complètement tomber ses enseignants. Même si il y a beaucoup d'inspecteurs d'avant garde, qui jouent complètement leur rôle de soutien.
Tout n'est pas tout noir ou tout blanc, c'est vrai, mais il y a un réel problème et si on ne le regarde pas, je me demande comment on pourra trouver des solutions. Qu'en pensez-vous ?
ça me donne envie de faire une page enseignant tout ça !

Catherine Dumontei Kremer

Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 04:58

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Afin de vous mettre dans le bain je vous propose d'aller voir là.
Il s'agit d'une émission de France cinq qui a pour objet le documentaire de Christopher Nick "L'école en France".

Je ne l'ai pas encore vu, mais "Arrêt sur image" en donne un avant goût. Le premier extrait montre les larmes d'un petit garçon face à son enseignante qui lui demande justement, la définition du mot "extrait". Il ne sait que répondre, elle réitère sa question, Grégory finira en larmes. Sa détresse est visible, cette pression de l'adulte semble intolérable. Et ce qui est curieux, c'est qu'elle frappe les représentants de l'éducation nationale sur le plateau. "Nous avons envie de détester l'enseignante" dit Martine Storti inspectrice de l'éducation nationale. Un bien curieux commentaire, quand on a vu cette enseignante : quel crime a-t-elle donc commis qui ne soit habituel dans le milieu scolaire ? Ne fait-elle pas ce qu'on lui a appris à faire ?

Ne croit-elle pas en l'école, et sa mission de service public ? N'est-ce pas avec les meilleures intentions qui soient qu'elle agit de la sorte dans sa classe ? J'ajoute qu'elle a vu le documentaire avant sa sortie, qu'elle a demandé quelques modifications, et qu'elle a laissé en toute bonne foi ces scènes où on la voit clairement juger, évaluer, reprendre, insister à coup de pourquoi ! C'est bien qu'elle pense faire son travail correctement, au mieux. L'a-t-on vu crier ? frapper ? punir ?

J'ai envie de dire que son fonctionnement est tristement banal dans l'éducation nationale, et j'ai subitement eu l'impression qu'elle était vue comme une institutrice maltraitante, que l'on stigmatise. Elle est un bouc émissaire un peu facile, et elle n'est surtout pas responsable des défaillances de l'école. Elle y participe, mais je trouve un peu fort que cette femme devienne une cible. Quoique me direz-vous nous pourrions nous réjouir que subitement l'opinion publique soit sensible à de telles atteintes à la dignité des enfants, qui sont assez subtiles la plupart du temps et passent inaperçue à la majorité d'entre nous.

Mais que diriez-vous si je vous disais qu'il y a encore des enseignants qui frappent, qui humilient, que le piquet est encore pratiqué et ce dés la maternelle, que la sanction est de mise, non seulement pour des raisons de comportement, mais aussi de manque de travail, ou de "mauvais" résultats. Ce serait probablement la révolution ! C'est un peu ironique vous l'aurez compris.

Quand je vois que la plupart des parents avec lesquels je suis ne contact ont du mal à faire valoir le droit de leur enfant à ne pas être maltraité, frappé, insulté, humilié. Je m'interroge sur cette conscience nouvelle des difficultés que les enfants rencontrent à l'école.
Et puis quel est donc ce tribunal populaire qui se trompe de coupable ?
J'ai trouvé l'institution fort peu courageuse face à ses lacunes. Les commentaires, les chiffres parlent et accablent le système scolaire français, à la traîne des pays occidentaux, nous détenons par exemple  le triste record du stress scolaire (une étude faites par l'ocde a été cité pendant les extraits diffusés). Pour ce qui est de l'acquisition des connaissances nous ne sommes pas mieux lotis. Tout ceci reposerait sur les frêles épaules de Véronique ?
Il serait bien difficile pour l'institution de voir à quel point elle a laissé ses enseignants faire face à des situations inextricables qu'ils ne savent pas gérer. Chacun applique dans sa classe un peu de ce qu'il est, de son vécu d'enfant scolarisé, les enseignants sont bien souvent seuls face à des élèves qui cumulent les difficultés. Seuls et sans soutien, coincé par une administration convaincue qu'il y a de "bons" et de "mauvais" enseignants, qu'il y a ceux qui ont une autorité naturelle, et ceux qui  se "font bouffer".
Les uns tiennent à coup de contrôle, de menaces, les autres finissent dans les maisons de repos de l'éducation nationale.
Car si nous détenons le record du stress scolaire pour les enfants, je ne serais pas très étonnée que nous détenions aussi celui des adultes au sein de tous les établissements scolaires. Comment dans de telles conditions nos enfants pourraient-ils se connecter avec le plaisir d'apprendre ?
Que leur apprend l'école ? Quel est le message dominant ? Que deviendront-ils ?

On leur apprend le non respect, car ils ne sont pas respectés, on les oblige à apprendre sans joie, ils ne peuvent à aucun moment assouvir leur curiosité naturelle, il n'y a qu'une seule bonne réponse, les autres sont rejetées, évaluées, ils apprennent qu'ils ne peuvent pas se faire confiance, ils ne peuvent pas non plus faire confiance aux autres, pas plus aux enfants qu'aux adultes, leurs émotions et sentiments ne sont pas écoutés, (l'enseignante qui demande à l'enfant pourquoi il pleure, c'était un crime peut-être mais ne me dites pas que cela ne vous ait jamais arrivé avec vos propres enfants, avant d'avoir conscience que ce n'est pas la réponse à la question pourquoi qui est importante, c'est l'accueil et l'acceptation de ce qui s'exprime qui le sont.) Ils sont manipulés dans le but d'obtenir des résultats, les études deviennent une fin et plus un moyen, on ne s'intéresse pas à leurs rêves, à leurs projets, ils sont même dévalorisés à l'occasion.
A l'école on ne peut pas utiliser le vecteur le plus simple et le plus efficace de l'apprentissage : le jeu. Pas question de jouer plus de 30 minutes en récréation, si on inversait la vapeur 4 heures de jeu et 30 minutes axées sur la théorie de ce que l'on a appris dans le jeu libre. Le visage du monde de demain en serait bouleversé !
L'éducation nationale a rendu la pédagogie complexe, inaccessible, difficile, alors qu'elle n'est "qu'une" question d'écoute des enfants...et des enseignants ! L'école engendre la situation la moins propice à l'apprentissage qui soit.

Enfin pas toujours, il y a les gens comme Sylvain, qui sont quand même peu nombreux, il y a les maltraitants qui sont passibles des tribunaux (je ne crois pas qu'ils soient plus nombreux que les précédents), et il y a les milliers de Véronique L, qui sont de façon routinière et invisible (sauf cette fois) oppressifs quotidiennement avec les enfants.
Je sais que le problème est complexe, et si je me permets de faire une proposition fantaisiste c'est uniquement par provocation. En attendant, si nous pensons que nos enfants vont trouver demain des solutions aux problèmes qui surgissent (je pense notamment aux pbs d'environnement)  en étant formé par l'école, je crois que nous nous trompons, je ne pense pas que l'école forme des individus créatifs, qu'elle fasse en sorte que l'intelligence se révèle, pour le moment elle enferme, et formate à de rares exceptions près si on considère que chaque enfant a un grand potentiel d'intelligence d'une grande souplesse, et que ce potentiel est un trésor à faire fructifier si nous voulons que demain nos petits-enfants aient des conditions de vie acceptables. Nous sommes tous coresponsables de cet état de fait, et tous nous pouvons agir afin que nos enfants grandissent dans le respect.
Merci à Christophe Nick d'avoir rendu visible cette oppression réitérée, cette oppression ordinaire lourde, qui peut faire de la vie d'un enfant un enfer.

Catherine Dumonteil Kremer








Dimanche 7 mai 2006 7 07 /05 /2006 08:18

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J'ai passé cinq jours chez ma soeur spirituelle, "mon dieu, quel bazar" (là je cite une mère qui était venue chez moi,  j'avais passé plusieurs heures à ranger avant sa venue lol !).

C'est pire chez ma soeur que chez moi quand même, quoi ? Vous en doutez ? Vous êtes déjà venus chez moi... Vous avez raison, on a quand même plus de mal à voir son propre foutoir, on s'y habitue, on y est presque attaché, on ne le voit plus...

D'accord, je ne suis ni organisée, ni ordonnée ! Elle non plus et ça me rassure.

Cette fois-ci j'ai fait un constat intéressant chez mon amie. J'ai remarqué que notre bazar est très différent. Elle garde tout, partout et dans tous les coins, il y a des objets cassés, en panne, en attente de réparation.

ça fait un bail qu'on se connait avec ma presque soeur et j'ai eu le temps d'être agacée intérieurement par ses trucs de conservation qui bloque en définitive toute tentative de rangement. J'ai traversé une période d'indifférence, et puis là j'ai réfléchis, et j'en ai tiré quelque chose de très intéressant pour nous les parents.

J'avais déjà remarqué que les familles chez lesquelles tout est nickel on a du mal à accepter l'imprévu, les visites des copains qui viennent avec leurs enfants qui mettent le bazar partout par exemple, les coups de fil des copines en pleurs qui demandent deux heures d'attention, la liste pourrait s'avérer longue...

Quand on est organisé et que tout est planifié on suit le plan, alors que le bordélique désorganisé a une forte tendance à suivre les êtres et à se laisser déborder d'ailleurs parfois par sa tendance au papillonage, art dans lequel il excelle ! C'est un papillon le désorganisé, jolie image n'est-ce pas, il butine les fleurs une à une, et il meurt lol...

S'il y a un juste milieu ma soeur et moi, nous avons beaucoup de mal à le trouver.

L'autre chose, celle que j'ai trouvée lors de ma dernière visite chez elle, c'est que tous ces objets qui traînent en attente de rénovation, ils en apprennent beaucoup à ses enfants. Ils sauront réparer, cela ne fait aucun doute pour moi. Ils connaitront l'aspect technique de certains objets parce qu'ils s'y seront confrontés. Ils auront vu leur mère se décarcasser pour tenter d'ajouter un ventilateur à une colonne d'ordi alors que ce dernier n'a pas de système de fixation. Et oui en plus elle aime la difficulté ma soeur ! Ce n'est pas au premier obstacle qu'elle va baisser les bras !

ça aussi c'est une école, le voir, l'observer, le sentir, le comprendre, savoir qu'on peut mais qu'il y a des obstacles et que ce n'est pas pour autant que l'on doit se décourager. C'est si important dans la vie d'une personne.

Sans compter qu'aujourd'hui ça a un côté écologique très important, ne pas jeter mais réparer. J'ai une grande admiration pour les femmes qui savent se confronter à l'ensemble des objets qui les entourent (et j'en profite pour rendre hommage à celle qui m'a un jour conduite dans sa voiture qui démarrait à l'aide d'un simple interrupteur qu'elle avait elle-même installé), moi je me contente souvent de demander à mon compagnon (attitude des plus sexistes, je sais, je sais, mais que faire !!!) qui n'en sait pas plus que moi !

Je trouve aussi très important de transmettre cette forme de message à nos enfants, tout est réparable, et réutilisable, et en plus on apprend beaucoup avec ce style de réflexe.

Autres idées, images, qui me viennent à l'esprit : je connais un père qui ouvre systématiquement avec ses enfants les objets en  panne, pour les observer, les bidouiller, du coup c'est un peu pédagogique, c'est une idée à récupérer en tout cas. On peut y ajouter celle de réparer l'objet, chercher à lui donner une deuxième vie. Là on y ajoute un véritable objectif pour la famille.

Garder, réparer, je vais travailler le sujet pour notre famille !

 

Catherine Dumonteil Kremer



Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /2006 07:52

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