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A Sylvie qui se demande quelle est la différence entre résignation et acceptation, un embryon de réponse :

 

Je te renvoie à une chronique que j'ai écrite dans 'Grandir Autrement" sur le thème céder et dire oui...
Pour moi, c'est la même chose enfin le même style de différence... Quand je cède, j'ai d'abord dit non, à haute et intelligible voix ou au fond de moi. Un non qui a produit tout un tas de tensions en moi, et puis j'ai fini par céder... Oui mais céder ce n'est pas consentir, tout comme se résigner n'est pas accepter.
Quand je dis oui, il y a une espèce de bouffée d'oxygène qui me remplit, quand je dis oui, mon coeur s'ouvre, j'accueille, je souris... Et le message pour mon enfant est très différent.
Quand je cède, je suis tendue, c'est un faux oui, ce n'est pas un refus non plus,  je suis tiraillée, céder ce n'est pas accepter...
Quand je cède une petite voix peut me souffler "tu t'es faite avoir", ou bien" tu fais n'importe quoi", " ça fait une heure que tu dis non et tu changes d'avis ??? Quel drôle de parent tu fais ?" mais il y a aussi les "j'ai bien fait pourquoi je m'accroche à ça", et autres prises de conscience qui viennent généralement à la suite de nos ruminations internes.
Et ce qui se passe dans nos vies de parents avec l'éducation que nous avons reçue, c'est que l'on commence par céder, ou se résigner à, pour moi ce sont des étapes, et peu à peu on devient acceptant, on dit "oui"... Et on se rend compte quel bien cela nous fait, on a fait du chemin quand on dit oui sur un certain nombre de sujets sur lesquels nous nous étions résignées...
Et tout ceci est un processus, on peut très difficilement lui tourner le dos et faire semblant, parce qu'on nous l'a dit, d'accepter.  Tout ce que l'on a mis soigneusement sous le tapis resurgira violemment à l'adolescence... C'est loin, d'accord, mais le temps passe vite... Et puis cette question de la résignation, vous pensez vraiment qu'elle concerne seulement nos enfants ?
Combien de fois nous sommes nous résignées à faire le ménage, à faire l'amour sans désir, à faire mille choses qui nous grignotent tranquillement de l'intérieur...
Et bien vous savez quoi ? Les autres reçoivent surtout la tension quand on se résigne. Le partenaire ressent l'absence de désir, les enfants ressentent la victimisation avec laquelle on teinte les tâches quotidiennes, nous savons très bien tous autant que nous sommes lorsque les autres agissent avec élan, amour, enthousiasme... et lorsqu'ils traînent les pieds, c'est un peu comme s'ils nous accrochaient un boulet à la patte...
Et finalement, puisque j'en suis rendue ici, est-ce que par le plus grand des hasards, ce ne serait pas cette multitude de contraintes dans nos vies qui nous empêchent de dire de vrais oui... N'est-ce pas cette mauvaise réputation du non qui nous enferme dans la résignation à perpétuité ?
Pour savoir dire oui, de véritables oui, il faut pouvoir dire non...
Dire non à tout ce que l'on subit depuis que l'on est enfant, dire non à une vie que l'on a peut-être pas choisit, dire non pour pouvoir dire oui à nos enfants....
Bonne journée à tous !

Catherine Dumonteil Kremer

Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 10:21

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En introduction à ce mail que j'ai écrit pour la liste en 2005, j'aimerais dire que l'accusation de manipulation à l'égard d'un bébé est extrêmement sournoise dans ces effets.
Une parole insinuant que notre bébé (ou quiconque du reste) nous manipule et nous sommes alors tentés de voir absolument tous ses comportements au travers du filtre de la manipulation.
Pour reprendre ce que disait Marjorie, un pédiatre qui ferait de tels commentaires sur mon bébé n'aurait pas ma confiance... Un bébé ne manipule JAMAIS ses parents il tente parfois désespérément de combler ses besoins vitaux...
Ce mail parle à la fois de cette question mais aussi de celle épineuse du sommeil, bonne lecture !

 

"Cela fait plusieurs jours que je me dis que je vais répondre sur ce thème, mais le temps me manque parfois.
La question du sommeil a été cruciale pour moi avec trois enfants, dont deux de 16 mois d'écarts, j'avais le sentiment d'être toujours sur la brèche ! C'est même à l'occasion de ces premières années que je suis devenue diurne et couche tôt, alors que j'étais vraiment couche très tard ! Mon rythme a changé pour cadrer avec mes besoins de sommeil je pense.
J'en manquais beaucoup, même en dormant avec mes enfants, et pourtant le co sleeping est quand même apparu comme une méthode de survie, et aussi comme un moyen de répondre aux besoins de proximité permanents de mes petits.
Je n'ai pas dormi avec mon premier enfant, et je le regrette bien sincèrement, je crois que je vivais avec l'idée que rien ne changerait dans ma vie après sa naissance et j'essayais de faire en sorte que son emploi du temps cadre avec le mien plutôt que l'inverse. Il aurait pourtant été logique que je considère que ses besoins ne pouvaient être différés.
Mais je vivais aussi avec cette curieuse idée que ma fille me manipulait, que ses besoins de contact n'étaient pas légitimes.
D'ailleurs, je me rappelle très bien ma mère entendant Agathe pleurer, s'inquiétant à l'idée qu'elle ait faim ou soif, et revenant avec ma petite dans ses bras en me disant " tu vois, ce n'est rien, elle veut les bras, elle est quand même coquine !"
Et elle la recouchait aussitôt. Les bras, le contact, n'étaient pas considérés comme un vrai besoin, mais comme un caprice ! C'est terrible quand j' y pense...
Le contact est pourtant vital pour un bébé, et il va essayer de se débrouiller pour avoir sa dose malgré son manque d'expérience, sa fragilité, il est dépendant et sans défense, quand il crie ses besoins de son berceau, on peut l'ignorer, on ne risque rien, c'est bien plus simple de gérer un bébé qu'un bambin n'est-ce pas ? Il ne se déplace pas, ne se roule pas par terre, il crie son désespoir c'est tout.
Imaginez que vous ayez très très soif, et que les adultes autour de vous ne vous donnent pas à boire : " ce n'est pas l'heure, ou tu bois trop, je suis fatiguée de te donner à boire"
bref, vous êtes assoiffés et il n'y a personne pour vous donner à boire. C'est une véritable torture !
Imaginez vous vivre cela en tant qu'adulte... Vous remarquez qu'un simple sourire de votre part et vous obtenez un verre d'eau. A la prochaine situation de manque, vous essaierez de ne pas revivre cette traversée du désert, vous sourirez à la minute où vous aurez soif ! On vous accusera probablement de manipulation, et vous devrez chercher un autre moyen de combler vos besoins.
Il n'y a pas meilleur système pour rendre les personnes humaines complètement folles.
Avec les nuits ce que j'ai trouvé très difficile c'est cet espèce d'épuisement permanent.
Quand l'une dormait l'autre se réveillait, parfois Agathe était malade et elle me réclamait la nuit, même si c'était très rare, ça venait s'ajouter aux réveils de Coline et Claire.
J'ai trouvé des petites idées, je dormais dès qu'elles dormaient (plus facile à mettre en oeuvre avec un bébé qu'avec deux bébés), j'étais tendre avec moi même, je ne faisais pas grand chose d'autre qu'aller voir mes amies, (ce qui me ressourçait) m'occuper d'Agathe (on était en pleine période de nonsco), jouer de la flûte,  dormir et manger lol. Pas de ménage, pas de projets éreintant, j'ai ralenti mon rythme.
Plus de relations sexuelles la nuit, le soir à partir de 20h30 je n'étais plus bonne à rien, alors on s'organisait en journée.
J'ai pris l'habitude de ne jamais coucher mes enfants, on dort ensemble, on va se coucher ensemble, pour les besoins de sommeil dans la journée, ils dormaient à peu près n'importe ou, j'avais aussi remarqué que le moindre changement de lieux et mes enfants dormaient moins bien, quand je partais trois jours quelque part par exemple, alors quand j'étais au bout du rouleau j'évitais les voyages.
J'ai aussi entendu parler de Marie thirion et de son bouquin sur le sommeil, certains parents disaient qu'elle leur avait sauvé la vie ! Je n'ai jamais pu avoir l'avis du bébé, mais ce que je peux dire chez les ados que je connais, c'est qu'il y en a beaucoup qui refuse d'aller se coucher, et qui tombent de sommeil, qui ne savent pas être à l'écoute de leur signaux corporels.
Crainte d'aller se coucher enracinée dans cette période ? Je le crois en tout cas.
Ce qui est certain c'est que mes propres besoins d'enfant non comblés ne m'ont pas aidé, ils ont décuplé mon épuisement.
Mes parents m'ont laissé pleurer trois mois seule dans le noir, et au moment de donner de l'attention la nuit, je me sentais vraiment tiraillée, comme s'il était inscrit que je ne devais pas le faire...
Ce que je peux dire c'est que tout ce qui peut favoriser l'attachement est très bon à vivre pour nous et nos enfants.
C'est sur la relation que nous construisons avec nos enfants que reposent l'accompagnement que nous allons vivre ensemble, tout ce qui favorise notre relation à nos enfants, ce qui développe la confiance qu'ils ont  en nous, est essentiel.
Comment pourrions nous soutenir notre enfant s'il n'a pas confiance en nous ? Penser à long terme m'a aidé plus d'une fois, l'éducation c'est un ensemble de gestes quotidiens, et tout est important !
J'ai acheté récemment un livre sur le sommeil "Un sommeil paisible et sans pleurs" d'ELISABETH Panthley.
Il a quand même l'air plus humain que les autres, mais l'aspect manipulation pour faire dormir est quand même fort.
(selon moi).
Maintenant je pense que les parents débordés, épuisés, au bord de la séparation pourront y trouver quelques idées.
Sinon il y a les livres de Nathalie ROQUES sur le sommeil, un petit pratique jouvence de Claude didierjean sur le cododo, et toujours le livre du docteur Sears "Parent le jour, la nuit aussi" (c'est tellement juste) édité par la leche league, j'ai également beaucoup parlé de cette question dans "Elever son enfant autrement".
Pour finir quand on arrive (même si ce n'est pas chose facile) à combler les besoins de nos touts petits, ils engrangent de la sécurité et de l'amour pour plus tard, pour leur vie entière.
C'est un investissement coûteux en énergie, surtout pour nous qui n'avons pas reçu cela de la part de nos parents, mais rentable sur plusieurs générations.
Bon courage aux parents qui dorment peu ! Ce temps-là s'effiloche, et ne dure pas, d'autant plus lorsqu'on a pas lutté, fait la guerre à ses enfants. Compliqué, mais efficace.

 

 

Catherine Dumonteil Kremer

Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 19:55

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Voici pour vous une fiche de lecture écrite par une femme que j'aime beaucoup maman et médecin généraliste, elle a été indignée par le livre d'Aldo Naouri.

 

 

 

 

"Je me suis lancée dans la lecture du livre d’ Aldo Naouri « éduquer ses enfants, l’urgence d’aujourd’hui »  dans le but d’en faire une fiche de lecture.

Pour épargner aux autres la lecture de ce livre !

J’y ai été poussée par un entretien avec des professionnelles de la petite enfance, à qui je voulais présenter la proposition de signer avec les bébés. Elles ont été très intéressées, mais leur argument final et imparable a mis fin à notre rencontre : ce n’est pas bon car les bébés seront moins frustrés, la relation parents/bébé va devenir plus simple. Et tout cela n’est pas bon. Il faut frustrer les bébés, ça doit être compliqué de comprendre son enfant ! je n’ai pas pu répondre. En en reparlant autour de moi, on m’a dit « mais c’est le livre de Aldo Naouri qui fait recette, il révolutionne l’éducation ! »

 

Ce livre a fait couler et fait encore couler beaucoup d’encre et de salive. Qu’en ont retenu les personnes qu’il a convaincues : il ne faut plus parler aux bébés, on leur parle trop, il faut supprimer doudous, sucette, punir sans état d’âme, cadrer, frustrer ... pour échapper aux catastrophes promises dans le livre par ce vieux pédiatre. 

Il était nécessaire que je le lise pour comprendre ces positions.

 

«  Caresserais-je l’espoir que cet ensemble d’explications puisse amener tous les parents, et en particulier toutes les mères, à se promettre de suivre à la lettre les recommandations que je vais leur donner, Bien sûr que non ! Je ne suis pas assez naïf pour cela. Il y a beaucoup trop d’aveuglement, mais surtout de jouissance, à la clef ! La majorité des mères, devant les comportements de leurs enfants, sont en effet persuadées d’assister à la manifestation de leur « forte personnalité », ce dont elles sont ravies et n’entendent brider d’aucune façon. Il est d’ailleurs pratiquement impossible de les détromper……..( page 201)

 

 

Belle introduction pour ma fiche de lecture sur le livre d’Aldo Naouri… 

 

En fait, l’analyse de ce livre est complexe à faire, et cela explique son succès . Car tout n’est pas faux, tout n’est pas mauvais. Il a souvent raison :Il existe réellement des difficultés spécifiques chez de nombreux enfants…Mais….

 

Il y a des pages qui sont intéressantes, pleines de bon sens,(P.50, 56, 239, 240 et suivantes) de belles pages poétiques (, P.60-61) aussi, des pages qui ont l’air documentées.

Il dit même des choses intéressantes sur la différence entre frustration et privation. La privation étant de l’ordre du réel et la frustration de l’ordre du symbolique…( P.148)

Mais le tout est perdu dans un livre terrifiant, ce qui explique que le public, voire des professionnels,  n’aient retenu de ce livre que l’appel à l’autorité sans état d’âme et à la frustration bénie.

 

Il est hors de question de reprendre ses arguments, ce serait stérile et sans effet .

Mais il est important de situer le ton de ce livre .

Livre qu’il dit avoir écrit comme une mission, pour sauver les enfants , en véritable sauveur ,à condition qu’on l’écoute .

Car si on décortique le ton qui imprègne le livre, on ne peut plus rien en accepter .

C’est un livre plein d’angoisse (celle de l’auteur vis à vis de la mort certainement, pages 101, 113), plein de colère, plein de mépris contre les parents, de violence à toutes les pages .On comprend mal comment des professionnelles de la petite enfance ont pu adhérer aux propos sans voir la violence diffuse dans tout le livre.

 

Pour faire bref !

 

Il donne une image terrible de l’enfance «  qui asservit son entourage, page 35, », enfant présenté comme une boule de violence potentielle dès la naissance, (P.62) , enfant terrorisé par sa mère, enfant terrorisé par la mort, enfant cherchant à prendre le pouvoir absolu. Il faudrait citer aussi la violence des mots utilisés pour parler de l’enfant, monstre à dompter, dont la violence naturelle demande une vigilance extrême et inquiète !

 

Une image terrible des parents «  qui se repaissent impunément de leurs enfants, page 32 »,

et en particulier des mères ( on a du mal à comprendre comment les réactions de femmes n’ont pas été plus virulentes ?), une image un peu moins terrible des hommes !

Les relations entre homme et femme sont décrites longuement sous la forme d’une guerre dure.

 

Sur quoi base-t-il son discours ?

            Sur des descriptions de familles clairement pathologiques, la grande majorité de ses vignette vécues . Qui aurait l’idée de ne pas alors partager son analyse ? Mais de l’exception, il tire des préceptes pour toutes les familles .

            Sur la dramatisation du monde actuel «  la perversion ordinaire qui a pris le pouvoir manie l’exclusion et la calomnie avec efficacité »

            Sur un ethnocentrisme étonnant : les menaces qu’il fait aux malheureuses mères donnant le sein au delà de ce qu’il trouve raisonnable ( «  je me disais que, jouissant égoïstement de sa place, elle ne pouvait pas imaginer le désordre qu’elle allait semer dans la vie future de ce bébé … et dans sa descendance !( p.195) ), semblent ignorer le reste du monde qui continue, depuis des millénaires,  à allaiter les bébés portés sur le dos de leur mère,  à la demande … sans dégâts planétaires semble-t-il .

 

            Sur des poncifs navrants (dont par exemple la prétendue baisse du niveau scolaire des enfants, menaçant à court terme la recherche française )

Sur des erreurs historiques et scientifiques, ou des horreurs . Sur la bestialité de nos ancêtres, (page 98) n’aspirant qu’à massacrer les petits, à castrer les jeunes, à s’entretuer, à « sauter «  les femelles ! D’où sort-il tout cela ? Même les animaux prennent soin des petits et en assurent le mieux possible la survie ; les hommes préhistoriques, nos pères, dont on peut imaginer la vie en regardant celle des tribus amazoniennes ou australiennes, respectent les enfants et vivent plutôt paisiblement . Quand il parle de la faible valeur de l’enfant dans l’histoire, il se base sur des écrits aujourd’hui remis en cause (je pense qu’il a du lire Elisabeth Badinter) . La mort d’un enfant a toujours été un drame, et dans tous les pays.

            Ses pages sur la mort d’un enfant sont affligeantes .Il ne comprend pas qu’on accorde plus d’importance à la mort d’un enfant qu’à celle d’un adulte ! (page 111).

            Il veut beaucoup insister sur le lien entre le physiologique et le psychologique, mais de façon caricaturale, il ne semble pas au courant des dernières recherches sur la prolactine paternelle . Sur l’attachement qui lui est lié dans toute espèce animale ,même chez les oiseaux !( page 223)

            De la même façon, il semble manquer des données sur l’acquisition du langage, (page 227)

Il parle aussi des enfants handicapés, là aussi sans aucun respect des familles , il sait tout sur tout et sauvera l’humanité défaillante !

 

Je ne peux pas citer toutes les pages où il se moque des mères avec une ironie mordante, sans aucun respect humain, il y en a trop ; des comparaisons hasardeuses et inadmissibles (comme comparer à une violeuse la mère inquiète qui force son enfant à manger) les termes utilisés salissent la personne qui les lit .

Ironie contre les familles recomposées, ironie contre les pauvres, (dépourvus de moyens intellectuels),ironie contre les pédagogues de tous genres,  ironie contre F.Dolto…qui n’a jamais remis en cause la nécessaire frustration symbolique dont il parle .

 

Et enfin, sa conclusion, qu’il voulait en apothéose, est seulement  terrible de nouveau : il termine sur Helen Keller, victime de l’amour excessif de ses parents – condamnés par des propos hallucinants-, mais sauvée par l’éducatrice et ses exigences .

Il se trompe totalement : ce qui a permis à Helen Keller de sortir de ses angoisses, ce ne sont pas seulement les règles de l’éducatrice ,mais c’est l’accès au langage .

Langage humanisant.

J’en suis le témoin chaque fois émue, de voir comment les troubles du comportement des enfants handicapés s’apaisent immédiatement dès qu’on leur donne un moyen de s’exprimer, de se dire . Je connais des adultes dont le traitement anti-psychotiques a pu être presque arrêté, après des dizaines d’années de camisole chimique, par la simple introduction de signes .

Ce n’est pas l’autorité, le cadre qui manquait à ces enfants débordés de leur angoisse , mais juste un moyen de communiquer !

Helen Keller a été sauvée par l’accès au langage, non pas par l’autorité de son éducatrice, mais par son acharnement à lui donner un moyen de communication symbolique.

 

Ce qu’il pensait être l’argument final, sa botte secrète, se retourne en fait contre lui et l’ensemble de son livre.

On voit finalement comment, par un raccourci involontaire, on arrive à la nécessité absolue de donner un langage aux enfants .

Quant aux arguments donnés contre la proposition des signes avec les bébés, sous le prétexte que les bébés seraient alors moins frustrés( et si on lit bien ce qu’il dit, il ne le dit pas du tout), ils tombent totalement ! Donnons un langage aux enfants ! Donnons des signes aux bébés…."

 

Marielle Lachenal

Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 10:54

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Pendant quelques jours j'ai envie de partager quelques mails que j'ai écrit pour ma liste de discussion "Parents Conscients" qui a dépassé ses dix ans, et même sa onzième année sans que l'on fête son anniversaire ;-)))
Je te cite un poème que j'ai trouvé dans un bouquin en anglais, je te le traduis :
  
Demain, demain,
Ils m'aimeront
Si j'étais toujours douce, jamais en colère,
si je faisais exactement  tout ce que ma mère souhaite,
 ils m'aimeraient...
  
Si je ressentais ce qu'il faut sentir,
si je pensais ce qu'il faut penser
sans jamais me tromper,
ils m'aimeraient
Demain, demain,
ils m'aimeront...
  
Jeannette Meivogel
 
Ce poème me rappelle tous les faux espoirs que nous entretenons toute notre vie vis à vis de nos parents.
Mais quoique nous fassions la situation restera la même, ce sont bel et bien de faux espoirs. Dans la relation parentale il n'y a que nous qui puissions évoluer de manière à ne plus entretenir ces attentes. Et c'est difficile d'en faire son deuil...
Pour moi une des manières de faire une partie de ce deuil, ça a été de vivre ma colère et mon chagrin d'enfant, non pas en présence de mes parents mais dans un cadre de sécurité.
J'ai mis un coup d'arrêt à certains comportements en faisant un courrier à mes parents qui a été très efficace. Pour le reste, je me soigne, j'essaie de ne plus espérer de mes parents quelque chose qu'ils ne me donneront pas, je tente de ne pas l'espérer de quelqu'un d'autre non plus (de mon conjoint par exemple) parce que cette attente pour moi est vouée à l'échec.
La conséquence du travail c'est l'amour qui peut de nouveau circuler, mais la route est longue !
Bon courage à tous
Catherine Dumonteil Kremer
Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 08:10

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