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Elever son enfant autrement

 
Vous avez bien lu, engagez-vous à ne plus jamais frapper vos enfants.
Plus "JAMAIS" cet engagement peut sembler très difficile, mais je suis là pour mettre dans votre pensée qu'il va falloir vous y engager.
Plus jamais de coups portés sur la personne qui vous aime le plus au monde, et que vous aimez le plus au monde. Plus de fessées, de tapes sur la main ou sur la couche, de brutalités diverses... Oh je sais bien que vous êtes la plupart du temps dans une grande colère quand cela vous arrive, que vous êtes démunis la plupart du temps devant votre enfant lorsqu'il essaie de faire ce qui est interdit. Mais le frapper n'est pas une solution éducative.
Le frapper c'est juste le signe de votre impuissance, et cela lui fait terriblement peur. Le mariage de l'amour et de la peur fait de terribles dégâts observables sur nos vies d'adultes.
 
Un rapport de l'OMS fait état des conséquences de la violence éducative, prenez-en connaissance, et arrêtez s'il vous plait de vous dire que ce n'est pas si grave !
 
Votre enfant mérite amour et protection tout comme vous le méritiez aussi quand vous êtiez petit et sans défense, et que vous n'avez peut-être pas été traité très humainement par vos parents.
J'insiste sur un point : ceci n'est pas une bonne résolution de début d'année qui flambe comme un joli feu de paille, ceci est un engagement que vous allez prendre auprès de vos enfants, et de vous mêmes. Mettez la barre haut, il se peut que vous craquiez, parce que la violence ordinaire que vous avez vécue dans votre enfance est quelquefois bien présente, mais essayez de ne pas considérer cela comme normal, ou banal. Reprenez-vous, excusez-vous, faites quelque chose pour évacuer votre colère ailleurs que sur vos enfants.
Observez-vous pour commencer : vos sensations quand vous êtes sur le point de craquer, soyez attentifs à ce qui vous fait sortir de vos gonds, écrivez-le. Essayez de voir ce que vous pourriez mettre en place lorsque ces moments critiques et dangereux surviennent. Je sais il n'y a rien de plus difficile que de tenter de donner ce que l'on n'a pas reçu mais c'est loin d'être impossible vous en êtes la claire démonstration.
On en reparle très bientôt.
Catherine Dumonteil Kremer
Vendredi 6 janvier 2006 5 06 /01 /Jan /2006 09:30

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Comment sont les gestes quotidiens que vous effectuez de manière répétitives "sur" votre enfant ? Quand j'y réfléchis, depuis sa naissance un enfant est manipulé physiquement plusieurs fois par jour, déplacé, porté, changé (si vous ne pratiquez pas l'hygiène naturelle), coiffé, lavé, etc... Que lui transmettez-vous par ces contacts multiples ?

Ils sont  bien souvent imprégnés de la violence que nous avons reçue enfant. Vous vous souvenez des séances de coiffage douloureuses ? Des bains contraints et forcés, du savon dans les yeux parce que tous ces gestes étaient accomplis sans beaucoup de conscience. Aujourd'hui je vous propose de détecter la brutalité dans vos gestes. Devenez conscient de ce que vous faites à ce niveau-là.

Je vous invite aussi à réfléchir au pourquoi de tous ces gestes-là. Si nous faisons pour et à la place de notre enfant, c'est tout simplement parce qu'il n'est pas encore capable de les faire lui même. Imaginez que vous soyez dans l'impossibilité de vous mouvoir et de prendre soin de vous mêmes. Vous aimeriez probablement que l'on vous traite avec soin et respect, que l'on ménage votre dignité, il en est ainsi de tous les enfants. Ils ont une dignité, et ils ont besoin que nous respections leur corps, nous sommes des soutiens pour une période de temps, mais nos petits sont avides de faire seuls très vite, même s'ils sont encore maladroits, et peu efficaces, ils sont entrain d'apprendre à vivre leur vie.

Laissez les donc s'occuper d'eux mêmes à partir du moment où ils en manifesteront le besoin, restez disponibles ils vous redemanderont de participer aux soins de leur corps surtout s'ils se sentent aimés et respectés par vos gestes.

Il n'est pas necessaire de faire violence à un enfant pour qu'il s'habille, qu'il se lave ou qu'il se coiffe. Pourquoi le blesser quotidiennement pourqu'il présente une image de lui même qui corresponde à nos ambitions de parents ? Mettez un miroir à sa hauteur et il décidera peu à peu de se faire l'apparence qu'il aura choisie. Il y a des enfants qui font cela dès deux ans ! D'autres qui ne s'intéressent à leur aspect que plus tard. Ce n'est pas l'apparence d'un enfant qui est le reflet de ce que nous vivons avec lui, elle est plutôt un miroir de l'oppression quotidienne qu'il subit pour en arriver là, ou de la liberté qu'on lui laisse d'exister aussi au travers d'une image qu'il souhaite avoir.

La douceur est bel et bien rationnelle, et elle pourrait présider à tous nos actes quotidiens. J'ai remarqué que j'ai été plus brutale dans des moments où je suis pressée. C'est quelque chose que j'ai reproduit beaucoup : le fait de devoir aller vite. Mais les soins aux enfants demandent beaucoup de temps. Démêler des cheveux c'est une bonne heure de travail si on veut le faire avec douceur, et c'est bien comme cela que j'ai réévalué la durée de toutes les actions quotidiennes, même si parfois la brutalité resurgit de mon sac à dos...

Alors êtes-vous prêts pour ce nouvel hebdo défi ? Soyez vigilant et conscient de ce que vous transmettez à votre enfant dans tous vos actes quotidiens. Traquez brutalité, et prenez le temps qu'il faudra pour effectuez tous les soins de votre enfant avec douceur et respect.

Catherine Dumonteil Kremer

Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /Déc /2005 08:00

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A qui appartiennent les cadeaux que j'ai reçu ?

Question stupide me direz-vous ? Pas tant que ça... Un objet qui est à moi, j'en fait ce que j'en veux, je fais des expériences avec, il m'appartient.

Il y a pourtant des cadeaux qui ne sont pas vraiment à moi, on me les offre, mais je suis priée de m'en servir de la "bonne" manière, de les garder, d'en prendre soin, cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Je nepeux pas les donner par exemple, les jeter ou les casser sans attirer les foudres de mes parents.

En tant qu'adulte, il y a des cadeaux auxquels je serai quasi définitivement attachée : ce service à verre qui ne me réjouit pas du tout, je m'en servirai pour faire plaisir à tante Berthe, ce pull dont la couleur me hérisse le poil je le mettrai à chaque fois que je vois ma cousine, vous savez pourquoi ? Pour leur faire plaisir bien sûr. Ah l'enfant en nous n'est pas mort, il a toujours l'obligation de faire plaisir ! ça n'a pourtant jamais été son boulot... Et si nous nous débarrassions de cette prison une bonne fois pour toute, au lieu de faire plaisir dans la contrainte on peut apprendre à aimer avec authenticité...

Catherine Dumonteil Kremer

Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /Déc /2005 08:03

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"Qu'est-ce que tu as eu toi ?" C'est une question que j'ai beaucoup entendu au moment de Noël, je l'ai posée et mes enfants aussi, à d'autres, c'est un plaisir de dire de quelles attentions nous avons été l'objet, on en fait l'inventaire et on écoute l'inventaire de l'autre très souvent avec joie.
Lors de mon dernier groupe de soutien de parents, nous avons beaucoup évoqué les cadeaux, j'en ai conclu qu'il y en a de plusieurs sortes. Alors je vous propose de faire la liste de ceux que vous avez reçu ou offert en les regardant avec un autre oeil.
 
Ceux que je préfère recevoir et offrir : ce sont ceux que l'on me fait pour me dire : je t'aime, j'ai plaisir à te faire plaisir, c'est bon, aussi bon à donner qu'à prendre et ça va directement au coeur !
 
Il y a les cadeaux obligatoires, ceux que je DOIS faire, parce qu'il FAUT offrir quelque chose, ce sont ceux que l'on cherche avec peine, sans beaucoup de plaisir, ce sont ceux que l'on reçoit tout en sachant qu'il y a peu d'amour dans l'intention... Il fallait simplement qu'ils se trouvent au pied de l'arbre.
 
Il y a les cadeaux que l'autre offre pour se faire plaisir à lui même, c'est d'abord à lui même qu'il le fait, il espère convaincre celui qui reçoit du bien fondé de son présent. Il peut offrir quelque chose seulement si cela lui convient à lui, les désirs de l'autre celui qui va recevoir n'entrent pas en ligne de compte pour lui.
 
Il y a les cadeaux qui veulent acheter, séduire, celui qui les reçoit... Le gros cadeau n'est pas forcément une preuve d'amour, il est quelquefois la preuve que celui qui offre veut attirer l'attention de l'autre, lui demander son amour... Les cadeaux qui ont pour objectif d'acheter l'autre lui seront reprochés : avec tout ce que nous avons fait pour toi, tu as eu tout ce que tu voulais alors... (fiche nous la paix). Ces présents ne sont pas offerts "gratuitement" il faudra les payer par une conduite acceptable, en donnant de l'amour que l'on ne ressent pas, ou en manifestant une gratitude "obligatoire", ce sont des cadeaux manipulateurs mais pas seulement ce sont aussi des cadeaux faits dans le désespoir d'obtenir enfin l'attention que l'on attend.
 
Qu'est-ce qu'un cadeau en fin de compte si ce n'est une attention, une manifestation de l'amour que l'on peut avoir pour l'autre, tout cela est gratuit et pourrait ne  rien attendre en retour. Tous les êtres méritent des cadeaux "gratuits", et une attention aimante aussi souvent que possible.
Bonne fin d'année à tous.
Catherine Dumonteil Kremer
Mardi 27 décembre 2005 2 27 /12 /Déc /2005 16:28

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