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L'école à la maison ou vivre ensemble

Est-ce parce que l'école ne remplit pas sa mission ?
"Toutes les évaluations sont formelles à cet égard. A la fin d'une scolarité, même réussie, le savoir véritablement engrangé est d'une grande pauvreté. Un an après la fin du secondaire, 30 pour cent des bacheliers français de série S, ne savent pas établir un lien entre l'ADN (acide désoxyribonucléique), les maladies génétiques, ou leur propre hérédité ; 60 pour cent ne connaissent toujours pas les spécificités respectives d'un atome, d'une molécule et d'une cellule ; 80 pour cent sont incapables de décrire la trajectoire du soleil dans le ciel ; 80 pour cent ne peuvent établir de relations entre la organes ; 90 pour cent ne repèrent pas les principales étoiles, et 100 pour cent ne savent pas dessiner une carte même approximative de l'Europe... Quel décalage par rapport aux prétentions outrancières des programmes scolaires ! Et quel constat dramatique pour cette institution..."
" A dix ans 40 pour cent des élèves ont des difficultés de compréhension d'un texte de dix lignes, 11 pour cent ne saisissent pas le sens des mots usuels, 25 pour cent ne maîtrise pas la conjugaison, 25 pour cent n'arrive t pas à exécuter une consigne précise, 35 pour cent n'effectuent pas une soustraction ou une division à une décimale, 66 pour cent n'effectuent pas une soustraction ou une division à deux décimales, 33 pour cent ne peuvent pas reproduire une figure géométrique, 66 pour cent ne savent pas calculer l'aire d'un carré ou d'un rectangle."

(Ces chiffres je les ai trouvés dans le livre d'André Giordan "Apprendre" aux éditions Belin. André Giordan est agrégé de biologie, docteur en biologie et en sciences de l'éducation, professeur à l'université de Genève et directeur du laboratoire de didactique et épistémologie des sciences.)

Est-ce pour cette unique raison que mes enfants ne vont pas à l'école, et bien non, j'ai appris cela au fil du temps et mes enfants étaient déjà déscolarisés, cela bien sûr me conforte dans mon choix, et pourrait m'aider à résister aux exigences de niveau exhorbitantes que peuvent avoir les inspecteurs lors des contrôles effectués chez les enfants non scolarisés. Enfin cela aurait pu m'aider, maintenant que mes enfants ont des cours par correspondance, nous n'avons plus de contrôles annuels.

Est-ce parce que l'école n'est pas un lieu de socialisation ?
Se socialise-t-on au contact d'une seule génération ? Ou sont les adultes, les personnes âgées, les petits enfants ? La socialisation peut-elle se faire dans un milieu insécurisant ? Ou on n'a pas choisi ses soi disant "camarades", où la compétition règne, où le conformisme ne laisse aucune place à la créativité ?
Peut-on espérer que les enfants apprennent la coopération dans un milieu où on leur demande la plupart du temps et aux moments clés (ceux qui consistent à évaluer leur connaissance) de ne pas aider leurs amis ?
A l'école les enfants apprennent à considérer les adultes comme des ennemis, ou en tout cas à faire semblant de les mépriser.
A l'école, au collège, les adultes jugent, évaluent, critiquent, sanctionnent, surveillent... Ces actes prennent le pas sur le soutien, l'enseignement, l'écoute dont les adultes des communautés éducatives font aussi preuve en France. La plupart des enfants, et des jeunes apprennent à résister à ces pressions, ce qui ne leur laisse que peu de temps pour l'apprentissage.
(Voir le numéro 4 de Ressources Parents)
Comment se socialiser dans un milieu où aucune remise en question de ce qui est fait ne peut exister ? Comment devenir un citoyen responsable quand tout ce que l'on demande aux jeunes scolarisés c'est d'obéir ?
Comment dans ces conditions acquérir l'esprit critique qui fait défaut me semble-t-il à bien des adultes parmi nous ?
(La suite demain ...)

Catherine Dumonteil Kremer
Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 06:55

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ça fait assez longtemps que j'ai envie de vous parler de pédagogie, et là j'ai une occasion de le faire, mon amie Agnès O revient du colloque sur le thème de l'apprentissage autonome à Reims, elle m'a donné des liens sur la pédagogie Montessori que je trouve très intéressant. Parlons donc un peu de cette pédagogie si vous êtes d'accord.

Je vais le faire sur le mode du témoignage puisque j'ai suivi une formation de trois années pour comprendre, manipuler, et fabriquer le matériel Montessori. Au départ c'était vraiment quelque chose de miraculeux pour moi, j'étais emballée. Ma fille Agathe avait sept ans, je démarrais la non sco, et je me formais tout en fabriquant un matériel qu'elle dédaignait la plupart du temps.
Mais moi j'adorais ça, en plus je comprenais des notions scolaires qui m'avaient toujours échappées. Que serait devenue ma scolarité si j'avais dés le départ utilisé un tel matériel qui isole les difficultés, qui associe chaque notion avec une action concrète, qui ne piège pas l'enfant puisqu'il peut s'auto-contrôler à tout moment. Ainsi c'est par rapport à mes propres carences que j'ai imaginé les besoins de ma fille, non avec une perspective juste. Je sais qu'elle existe cette perspective puisque je finis par la trouver en travaillant sur moi, et en accumulant les expériences avec mes enfants, en les observant.


Notre formation était quasi religieuse, il fallait respecter toutes les règles données, au risque de rater quelque chose, et nous étions tous très inquiets à cette éventualité, en particulier la première année. Le matériel était soigneusement étudié, il fallait qu'il soit parfait et beau pour attirer l'enfant, ensuite il fallait lui présenter l'activité à faire une seule fois, à lui par la suite de s'entrainer pour retomber sur l'action juste, son inconscient s'imprégnant progressivement de toutes ces actions, nous pouvions passer aux différentes conventions plus tard, lorsqu'il maitrisait certaines notions. Je vous passe les détails, la liste serait bien trop longue.
Aujourd'hui, j'ai fait quelques progrés sur ce plan, je trouve toujours cette pédagogie très efficace, et en même temps pas adaptée à des enfants qui apprennent de façon autonome, c'est à dire sans méthode justement. Les enfants ont une envie naturelle d'apprendre qui va durer toute leur vie, ils commencent par poser beaucoup de questions, ils sont en mode enregistrement sans arrêt et écoutent toutes nos conversations, ils vivent des tas d'expériences qu'ils mettent en oeuvre eux-mêmes, ils jouent, et leur cerveau tourne en permanence.
Lorsque l'école intervient dans leur vie, ce processus naturel est complètement déformé. L'apprentissage devient assez vite une contrainte, ils ne peuvent plus apprendre seulement ce qui les passionne, il y a d'autres choses, et les voilà entrain d'essayer de se forcer à apprendre ce qui est totalement contre productif.



Apprendre ça se fait avec plaisir et passion, parce que c'est nécessaire pour la réalisation d'un projet, ou pas du tout.
En plus il y a l'évaluation qui planne au dessus de la tête de nos enfants, le contrôle, ça mériterait un article à part entière  ! Et la souffrance de se sentir moins, moins bien, faible, pas à la hauteur ! Les ennuis commencent alors que cette intelligence toute neuve qui fonctionnait si bien était prête à apprendre avec un grand élan d'enthousiasme. C'est là qu'intervient la pédagogie ! Elle sait réparer quelquefois les défaillances de l'école, mais au départ on en n'aurait pas besoin, si on ne projetait pas nos propres vécus scolaires sur nos enfants, si on ne se faisait une idée erronée de leurs besoins en matière d'apprentissage.

Dans ce cadre-là ou pour répondre à un questionnement qui nous dépasse, je dis mille fois oui à Montessori ou à toute autre méthode, en même temps je crois utile de ne pas perdre une énergie précieuse pour fabriquer du matériel sans aucun intérêt (enfin selon mes critères). Pourquoi se donner tant de mal avec le domaine vie pratique ? Les cadres de boutonnage et autre, un enfant qui vit dans une famille quelle qu'elle soit n'aura-t-il pas l'occasion de faire l'expérience du boutonnage (sur lui même d'ailleurs, le cadre ne lui enseigne pas la même chose). Il fera aussi celle de l'épluchage, du lavage des mains, etc... S'il vit dans sa famille, il parviendra à acquérir tout cela très naturellement sans matériel ! C'est quand même le premier choix en matière d'apprentissage !

Si vous êtes un fana de Montessori vous vous êtes probablement rendus compte que son matériel de math est vraiment très spécial, c'est ce qui m'a le plus attirée d'ailleurs. Mais il y a d'autres éléments, et principes qui sont intéressants. On en reparlera, d'ailleurs peut-être dans Ressources Parents (Comment ? Vous n'êtes pas encore abonné ? lol vous avez le temps de réparer cette erreur ;-)))
Avec internet vous avez aujourd'hui ce que je n'avais pas à l'époque de ma formation. Des sites, du matériel en photo, des tas d'explications d'expériences, des listes de discussion...
Les derniers liens dont Agnès m'a parlé sont particulièrement intéressants, et soutenant pour les parents qui se lanceraient dans une telle aventure et pour ceux qui ne savent pas trop comment expliquer à un enfant qui demande quelque chose qu'ils n'ont eux mêmes pas vraiment saisi. C'est l'occasion d'apprendre ensemble finalement !
Vous y trouverez du matériel à imprimer gratuitement, une aide en ligne pour fabriquer le matériel, ce sont de véritables mines d'or en anglais, mais bien franchement je suis sûre que vous avez de beaux restes de cette langue, il suffit de s'y remettre un peu et c'est gagné !
http://groups.yahoo.com/group/montessorimakers/
Sur cette liste vous allez trouver un tas de ressources concrètes, et un soutien à la flylady pour fabriquer le matériel. Il y a des liens sur d'autres, notamment montessori share, ça parle tout seul un titre pareil. Aller dans la rubrique fichiers si vous voulez du matériel tout fait.

Autre site où on trouve du matériel gratuit à imprimer
http://www.montessorimaterials.org/index.htm

C'est classé par matières et c'est vraiment passionnant, il n'y a plus qu'à imprimer en fonction des demandes de vos enfants, cela évite quand même de se casser la tête avec la pédagogie et de se sentir à l'aise quand les petits posent des questions.

Vous allez trouver des tas d'autres liens sur ces deux sites. Amusez-vous ! Moi ça me donne l'occasion de revenir sur des choses oubliées, ou jamais apprises, j'aime bien finalement maintenant que je n'ai plus de pression y revenir, en particulier en botanique, je n'y connais rien, et je me rends compte que je prends plaisir à faire un lien entre la nature qui m'entoure et les fichiers montessori de botanique.

Bonne journée !

Catherine Dumonteil Kremer







Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /Avr /2006 09:23

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Mais pourquoi donc les enfants ont-ils besoin d'autres enfants pour jouer avec eux ? Des idées ?

Des enfants du même âge je veux dire, enfin à peu près de la même génération. Mes amis sont de génération très différente, ma plus jeune copine a 23 ans je crois, et la plus âgée doit avoir plus de soixante ans.

Pourquoi les enfants auraient-ils besoin d'enfants ? J'ai bien une petite idée sur la question. C'est un passage de Christiane Rochefort dans "les enfants d'abord" qui m'y a fait penser. Ecoutez plutôt :

"Pour estimer à peu près ce qui a été retranché au niveau corporel il n'est que de comparer l'acuité des sens d'un enfant de trois ans, sa vitalité permanente, l'intensité de ses désirs, son regard, son émerveillement, sa tendresse, sa souplesse de chat et jusqu'à son sommeil avec ceux d'un adulte moyen. C'est comme une lampe qui s'est éteinte.On voit à l'oeil nu sur quels points cet adulte réussi modèle conforme, se rendant à son bureau par exemple, a été opéré : il n'utilise qu'une faible partie de son équipement sensoriel, sa musculature est plus ou moins atrophié, sa colonne vertébrale est soudée ou menacée d'effondrement, sa capacité respiratoire est réduite, son système nerveux autonome est bloqué, ses plexus sont noués, son énergie ne circule pas, il est dérythmé, son corps en est au point qu'il doit le préparer dans un "club" avant d'aller en vacances (s'il peut lui payer ça);

Sa sexualité est misérable, il est plein de maladies psychosomatiques et de dépressions, ainsi que de drogues diverses, son cerveau est un magnétophone, ses récepteurs son saturés, il n'a pas de regard, il dort mal. Ses émotions négatives le dominent; quant aux positives : il ne connait pratiquement plus la joie."  (Suite après la photo)

 
Conclusion : Si les enfants ont besoin de jouer avec d'autres à peu près de la même génération ce n'est pas qu'ils fassent une sélection par l'âge, bien au contraire, ils adorent que nous jouions avec eux, que nous pénétrions dans leur monde, mais en avons-nous l'énergie sur la durée ? Pouvons-nous jouer plusieurs jours d'affilé, sans limite ? Je vous laisse répondre à cette question pour vous mêmes. En ce qui me concerne je sais bien que j'ai perdu une grande partie de cette capacité d'émerveillement, cette énergie énorme, cette souplesse, cette présence à moi même quej'avais enfant... Mais je travaille à la retrouver !
 
Alors soyons clairs et honnêtes, aucun être humain n'a besoin d'être en contact seulement avec d'autres de sa génération, les enfants sont encore bien plus capables de demander un jeu à absolument n'importe qui qui les entoure sans faire preuve d'âgisme. Malheureusement nous sommes de bien piètres compagnons de jeu, vite fatigués, manquant d'intérêt pour ce qui se passe, ayant toujours bien mieux à faire !
Voilà pourquoi un enfant sera toujours nettement supérieur à un adulte pour ce qui est du jeu, il est endurant, stimulant, plein d'énergie, toujours prêt, capable de remettre à plus tard tout le reste (repas, rangement, bain, etc...) en donnant au jeu toujours la première place...
 
A réfléchir !
 
Catherine Dumonteil Kremer

 

 

 

 

 

Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /Jan /2006 08:00

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Quand on ne va pas à l'école les relations ne sont pas simples, je veux dire les relations avec d'autres enfants. Je ne veux pas tomber dans les vieux poncifs, et autres images d'épinal faisant de l'enfant qui ne va pas à lécole un demi "sauvage", incapable de se socialiser. D'ailleurs j'ai écrit à ce sujet un article "Se socialiser malgré l'école" dans le numéro 3 de "Ressources Parents" (Comment vous n'êtes pas encore abonnés ?). A l'âge de mes enfants (11,12, 18) on a en général besoin de contact avec d'autres à peu près de la même génération. (ce sera l'objet d'un autre article).

Ma fille aînée a gardé une grande quantité de contacts avec des amis du lycée, et elle les voit très régulièrement, la plus jeune est très amie avec des enfants déscolarisés, (ils habitent malheureusement à 300 kms, elle y va de temps à autre) d'un autre côté il suffit qu'elle aille à la patinoire de Gap toute seule pour se trouver des copains, et la seconde a une copine que nous recevons régulièrement pour environ une semaine, Coline va également chez elle à un rythme régulier.

C'est de cette jeune personne là dont je voudrais vous parler aujourd'hui, elle est vraiment très chouette, j'apprécie beaucoup sa présence à la maison, elle est une espèce de petit rayons de soleil de plus, et la relation entre Coline et elle est très vivante, autrement dit : elles s'engueulent mais elle s'adorent, elles font un super tandem, elles ont même des projets professionnels ensemble qui les font gamberger pendant des heures. Tout ça pour dire qu'il n'est pas si simple de se trouver une amie branchée exactement sur la même longueur d'onde, à chaque fois que j'ai connu cela dans ma vie, ça m'a donné une immense joie et je suis contente que ma petite Coline vive cette relation-là.

Quand Agathe était déscolarisée, avant 8 ou 9 ans les contacts avec d'autres enfants n'étaient pas un besoin impérieux, mais après cette période en arrive une autre, où on a besoin de vivre des amitiés en dehors du cercle familial, on a besoin de construire quelque chose avec d'autres. C'est ce que j'observe avec mes enfants. Il y a le besoin de jouer sans limite de temps (impossible à l'école) plusieurs journées d'affilées, de discuter jusqu'à point d'heure, de partager des tas de trucs sans être contrôlé.

Quand c'est possible, c'est vraiment exaltant, et stimulant pour les enfants, ils vivent dans leur communauté propre indépendament des adultes.

La déscolarisation est très exigeante de ce côté-là, se mettre à la recherche d'amis pour nos enfants n'est pas très facile, mais c'est important, même si les conditions ne sont pas faciles, de considérer cela comme une priorité.

Bonne journée !

Catherine Dumonteil Kremer

 

 

Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /Déc /2005 08:00

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