Dimanche 2 septembre 2007
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Photo Coline Kremer
Cet écrit aurait du sortir dans « Ressources Parents » numéro 5 consacré à la communication, les lecteurs de cette revue trouveront donc le complément bibliographique de
l’article : « A quoi servent les techniques de communication ? »
Ces derniers temps je trouve parfois des critiques acerbes de ce qu’elles sont, ainsi qu’un amalgame de tout ce qui peut exister en la matière.
Voici donc un point qui mettra peut-être vos idées au clair ;-)))
Tous les auteurs que j’évoque ici partagent un socle commun, il s’agit bien d’écouter dans le respect et l’acceptation, de s’affirmer et de poser des limites en
fonction de nos ressources, de notre philosophie de vie et des règles sociales, et de gérer les conflits en évitant les rapports de force. Si vous cherchez des techniques pour faire obéir vos
enfants, vous vous trompez de lieu, la communication telle que décrite par Rogers, Rosenberg, Gordon, etc… n’est pas faite pour manipuler, mais pour accepter et comprendre, parler de soi, se
révéler à l’autre, et se connecter à lui, elles sont les vecteurs de l’amour naturel que nous pourrions avoir les uns pour les autres !
Chaque auteur présenté dans cet article a développé ses idées et techniques propres.
Voilà les idées que j’ai eu envie de retenir
…
Rogers, celui par qui tout commence, psychologue, ses écrits datent des années 70.
C’est un quasi bienfaiteur de l’humanité d’ailleurs, vous me direz que j’exagère peut-être, mais tout ce qui a été
fait par la suite au niveau écoute active, gestion de conflits, thérapie centrée sur la personne, écoute des émotions, etc… Rogers en est l’origine. Ses recherches, son désir de se rapprocher
d’une authenticité toujours plus profonde, sa volonté de laisser les individus libres, de les accompagner vers ce qu’ils sont, tout cela c’est le démarrage de la communication respectueuse. Les
livres de Rogers fourmillent de témoignages, et c’est de loin ce qui constitue le plus intéressant de son travail : laisser l’expression se faire en toute sécurité. D’ailleurs Rosenberg et
Gordon ont été ses élèves.
C’est un auteur passionnant dont on ne parle pas assez.
Voici deux idées que j’ai sélectionnées dans le livre : « Le développement de la personne » aux éditions Dunod.
Je cite « Il me faut maintenant citer une de mes découvertes les plus enrichissantes ; enrichissante parce que grâce à elle je me sens plus proche d’autrui.
Cela pourrait s’exprimer comme suit : Ce qui est le plus personnel est aussi ce qu’il y a de plus général. Il m’est arrivé, soit en parlant avec des collègues, ou des
étudiants, soit en écrivant, de m’exprimer d’une manière si personnelle que j’ai pensé décrire une attitude que sans doute personne ne comprenait, parce qu’elle était uniquement à
moi. « … ». « En pareil cas, j’ai presque toujours découvert que le sentiment qui me paraissait le plus intime, le plus personnel et par conséquent le
plus incompréhensible pour autrui s’avérait être une expression qui évoquait une résonance chez beaucoup d’autres personnes. J’ai fini par en conclure que ce qu’il y a d’unique et de plus
personnel en chacun de nous est probablement le sentiment même qui, s’il était partagé ou exprimé, parlerait le plus profondément aux autres. »
Autre idée fondamentale :
« Voici enfin une leçon profonde qui est peut-être à la base de tout ce que j’ai dit jusqu’ici : elle
s’est imposée à moi tout au long des vingt cinq années au cours desquelles j’ai essayé de venir en aide à des individus en détresse. La voici dans toute sa simplicité : Mon
expérience m’a montrée que, fondamentalement, tous les hommes ont une orientation positive. Dans mes rapports les plus profonds en psychothérapie, avec des individus, même chez les plus
perturbés, chez ceux dont le comportement est le plus antisocial, dont les émotions sont les plus anormales ceci reste vrai. Lorsque je parviens à comprendre affectivement les sentiments qu’ils
expriment, lorsque je puis accepter ces clients comme ayant une personnalité individuelle qui leur appartient en propre, c’est alors que je m’aperçois qu’ils ont tendance à s’orienter dans
certaines directions. Pour les décrire le plus exactement possible, je dirai qu’elles sont positives, constructives, qu’elles tendent vers l’actualisation de la personne, qu’elles progressent
vers la maturité et vers la socialisation.
J’ai acquis la conviction que mieux un individu est compris et accepté plus il a tendance à abandonner les fausses défenses dont il a usé pour affronter la vie, et à s’engager dans une voie
progressive.
Je ne voudrais pas être mal compris, je ne crois pas avoir une vue naïvement optimiste de la nature humaine. Je suis tout à fait conscient du fait que, par besoin de se défendre contre des peurs
internes, l’individu peut en arriver à se comporter de façon incroyablement cruelle, horriblement destructive, immature, régressive, anti sociale et nuisible. Il n’en reste pas moins que le
travail que je fais avec de tels individus, la recherche et la découverte des tendances très positivement orientées chez eux comme chez nous tous, au niveau le plus profond, constitue un des
aspects les plus réconfortants et les plus vivifiants de mon expérience. » Tiré de « Le développement de la personne » chez Dunod.
On peut dire que Rogers a donné à l’expérience de chacun ses lettres de noblesse, car il est le psychologue qui selon ses propres termes parle en tant que personne
dans un contexte d’expérience et d’apprentissages personnels et invite chacun d’entre nous à en faire autant.
La suite demain…
Catherine Dumonteil Kremer
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