Lundi 15 octobre 2007
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Figurez-vous qu'hier, j'ai été reprise, corrigée, que dire d'autre sans aller trop loin... (?) par une enseignante, et ça m'a beaucoup inspirée
finalement, alors merci Anne Lise, comme vous le dites si bien, vous êtes formés pour cela... J'ai été corrigée mais
qu'ai-je appris ? C'est ce que je me demande, j'ai senti à nouveau en moi, la petite fille qui le rouge au front va corriger sa faute !
L'enfant qui lit le commentaire bien tourné, pointe d'ironie à l'appui, et qui est seulement blessée alors que les autres rient !
Ah la la quelle époque ! Et bien oui j'ai du avoir des pbs en français aussi bien sûr, et en histoire, en géographie aussi (AM ne rigole pas s'il te plait), j'ai eu des difficultés à l'école
primaire d'une façon globale, et pourtant ... J'étais chaque année première, et j'avais des prix, c'est toute une époque les prix ! Il y en a parmi vous qui ont connu ça ?
Peut-être la lectrice de 45 ans qui s'exprimait hier à propos de ses difficultés en mathématiques. C'est dire combien je me suis contrainte à retenir à travailler, et dès que j'en ai eu la
possibilité, j'ai pratiquement tout oublié.
Pour l'orthographe cela a été plus compliqué, car c'est très lié pour ce que j'ai pu en observer, à un conditionnement social de la classe moyenne.
Mon père était ravi de trouver des fautes dans les commentaires, ou courrier des enseignants du collège ou j'étais scolarisée.
Chez nous on ne plaisantait pas avec l'orthographe, mes parents l'avaient durement acquise à coup de règles sur les doigts, nous étions priés mon frère et moi de lui vouer le même culte... Et la
lecture était dans le même panier du reste.
Autant dire une rigidité de plus !
Alors, je suis devenue un peu comme mes parents, guettant la faute, la signalant ! Jusqu'à ce que je comprenne que cela ne me ménerait à rien, et que je commence à travailler sur moi, et mes
conditionnements sociaux.
Je me suis rendue compte à quel point l'orthographe est un moyen de différencier les personnes sur un plan social, de juger, d'évaluer en profondeur un individu (de croire qu'on l'évalue en tout
cas, dans les faits on ne connait rein de lui) ! Je me sentais moins proche de quelqu'un qui faisait beaucoup d'erreurs en écrivant, je le catégorisais même sans y penser d'ailleurs ...
Tout cela s'est lentement effrité, avec mon orthographe, je fais pas mal de fautes, et je refuse de m'y attarder. C'est mon expression, elle est spontanée, je ne relis pas systématiquement, cela
m'ennuie parfois...
J'ai gagné aussi cette habitude de respecter les fautes des autres, sur parents conscients par exemple, les rédacteurs en font régulièrement, elles sont parfois très intéressantes (les miennes
également ;-))) fautes de frappe, fautes d'accord !
On invente des mots qui n'existent pas, mais qui ont un sens pour nous, "parentage" par exemple. C'est quand même gênant d'avoir le coeur qui sursaute à chaque fois que l'on remarque une erreur en
lisant, c'est difficile de se débarrasser de quelque chose qui est devenu automatique, mais on peut y arriver.
Une faute qui m'énerve en ce
moment c'est celle-ci: "le frère à Maurice" au lieu du "frère de...", et j'essaie de me soigner, à quoi sert tout cela si ce n'est à opérer une distinction sociale sévère !
En tout cas, chère lectrice, sachez que j'ai enseigné le français pendant quatre années, au collège, cela m'a aidé à avancer, la correction des copies était parfois une punition, tant mes élèves
écrivaient à leur manière !
Je vais conclure sur une idée qui m'est chère, l'orthographe ne devrait pas être un moyen de pression et de sélection sociale, les fautes d'accord ne devraient pas empêcher "l'accordage" entre les
individus !
Bonne journée à tous.
Catherine Dumonteil Kremer
Par Catherine Dumonteil Kremer
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Publié dans : L'école à la maison ou vivre ensemble
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claire
L'orthographe et la grammaire sont là pour aider aussi à la compréhension écrite. Certains mots sont des synonymes, homonymes et si ils ne sont pas écrits dans leur sens, je n'arrive pas à les lire ou alors il faut que je relise plusieurs fois la phrase pour comprendre.
Ne pas se focaliser sur l'écriture, la grammaire, l'ortho etc, sur des forums ou autres sites, peut être mais il y a aussi le respect des autres à prendre en compte et pour être bien compris, je pense qu'il est préférable de faire un minimum attention à l'écriture
Je ne voulais en aucun cas engendrer un débat sur le statut social que les fautes d'orthographe révèlent!
Je suis en grande partie d'accord avec tout ce que vous dites, rassurez-vous.
Je m'étonne juste parfois de voir que les parents qui se prétendent aussi bons profs que les profs font des erreurs! Quand on est enseignant, justement, on se doit de montrer l'excellence, ce vers quoi les élèves doivent tendre! (Après tout, on est tout de même formés, d'accord surtout sur le terrain, mais ça compte! L'école à la maison, à mon sens, prive les enfants d'apprentissages menés par des professionnels, par des personnes qui mènent une réflexion constante sur ce qu'est l'éducation et l'instruction, et qui ont des expériences très riches (tous leurs élèves)!)
Amicalement!
Mais surtout, ce sujet m'en évoque un autre: la maîtrise du Français par les étrangers. je constate qu'en France, on considère que si quelqu'un fait des fautes de Français, c'est qu'il est attardé et que ce qu'il a à dire est sans intérêt.... et ce peu importe si le fautif parle 7 langues et est docteur en philosophie! Et c'est encore pire si les 7 lagues en question sont le peul, le wolof, le bantou, le zoulou, le malgache, l'arménien, le turc...)
Ce n'est pas pareil partout. Quand je travaillais au Canada, il m'est arrivé d'avoir des supérieurs hierarchiques qui faisaient de grosses fautes, en Français comme en Anglais. Pourtant, on s'interessait avant tout à ce qu'ils avaient à dire, à l'intelligence de leurs idées, à la créativité des solutions qu'ils proposaient... On reconnaissait leur multi-linguisme comme une preuve de leur intelligence, et on trouvait naturel qu'ils ne s'expriment pas comme Shakespear ou Victor Hugo.
Pourquoi les Français s'attachent autant à la forme?
Depuis que je suis rentrée vivre en France, je trouve notre uniformité linguistique très triste. Elle enferme la pensée dans des boites sans relief, ni couleur...
Connais-tu le livre "Le don de dyslexie" De Ron Davis, il porte au moins un regard très positif sur la dyslexie. Sais-tu que de nombreuses personnalités étaient ou sont dyslexiques ?
Je te souhaite une bonne soirée ! Et bravo pour ta persévérance !
Catherine
Je savais que je faisais ses fautes mais n'avais pas envie d'apprendre, peut être parce que c'était l'embiance que ça faisait que ma mère (sans juger au contraire) me disait "tiens la ptite faute là"....je n'avais pas envie d'apprendre comment savoir écrire les participe passé. Et puis j'ai franchit le pas, ma soeur m'a appris à reconnaître les différences ; mais ça ne m'empêche pas de temps en temps de recommencer ... peut être juste pour le plaisir ...ou par oubli... ou parce que tout simplement je ne sais pas.
Mais je suis entièrement daccord avec toi, ça ne devrait pas nuire à la relation avec les autres individus sur cette terre.
Mais c'est peut être beaucoup en France, je n'ai pas sentit ça dans d'autres pays.