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Élever son enfant autrement


La douceur est-elle rationnelle ?

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 30 Décembre 2005, 07:00am

Catégories : #Elever son enfant autrement

Comment sont les gestes quotidiens que vous effectuez de manière répétitives "sur" votre enfant ? Quand j'y réfléchis, depuis sa naissance un enfant est manipulé physiquement plusieurs fois par jour, déplacé, porté, changé (si vous ne pratiquez pas l'hygiène naturelle), coiffé, lavé, etc... Que lui transmettez-vous par ces contacts multiples ?

Ils sont  bien souvent imprégnés de la violence que nous avons reçue enfant. Vous vous souvenez des séances de coiffage douloureuses ? Des bains contraints et forcés, du savon dans les yeux parce que tous ces gestes étaient accomplis sans beaucoup de conscience. Aujourd'hui je vous propose de détecter la brutalité dans vos gestes. Devenez conscient de ce que vous faites à ce niveau-là.

Je vous invite aussi à réfléchir au pourquoi de tous ces gestes-là. Si nous faisons pour et à la place de notre enfant, c'est tout simplement parce qu'il n'est pas encore capable de les faire lui même. Imaginez que vous soyez dans l'impossibilité de vous mouvoir et de prendre soin de vous mêmes. Vous aimeriez probablement que l'on vous traite avec soin et respect, que l'on ménage votre dignité, il en est ainsi de tous les enfants. Ils ont une dignité, et ils ont besoin que nous respections leur corps, nous sommes des soutiens pour une période de temps, mais nos petits sont avides de faire seuls très vite, même s'ils sont encore maladroits, et peu efficaces, ils sont entrain d'apprendre à vivre leur vie.

Laissez les donc s'occuper d'eux mêmes à partir du moment où ils en manifesteront le besoin, restez disponibles ils vous redemanderont de participer aux soins de leur corps surtout s'ils se sentent aimés et respectés par vos gestes.

Il n'est pas necessaire de faire violence à un enfant pour qu'il s'habille, qu'il se lave ou qu'il se coiffe. Pourquoi le blesser quotidiennement pourqu'il présente une image de lui même qui corresponde à nos ambitions de parents ? Mettez un miroir à sa hauteur et il décidera peu à peu de se faire l'apparence qu'il aura choisie. Il y a des enfants qui font cela dès deux ans ! D'autres qui ne s'intéressent à leur aspect que plus tard. Ce n'est pas l'apparence d'un enfant qui est le reflet de ce que nous vivons avec lui, elle est plutôt un miroir de l'oppression quotidienne qu'il subit pour en arriver là, ou de la liberté qu'on lui laisse d'exister aussi au travers d'une image qu'il souhaite avoir.

La douceur est bel et bien rationnelle, et elle pourrait présider à tous nos actes quotidiens. J'ai remarqué que j'ai été plus brutale dans des moments où je suis pressée. C'est quelque chose que j'ai reproduit beaucoup : le fait de devoir aller vite. Mais les soins aux enfants demandent beaucoup de temps. Démêler des cheveux c'est une bonne heure de travail si on veut le faire avec douceur, et c'est bien comme cela que j'ai réévalué la durée de toutes les actions quotidiennes, même si parfois la brutalité resurgit de mon sac à dos...

Alors êtes-vous prêts pour ce nouvel hebdo défi ? Soyez vigilant et conscient de ce que vous transmettez à votre enfant dans tous vos actes quotidiens. Traquez brutalité, et prenez le temps qu'il faudra pour effectuez tous les soins de votre enfant avec douceur et respect.

Catherine Dumonteil Kremer

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Blandine GUERIN 16/02/2006 16:49

Merci pour ce petit rappel, même si c'est ce que j'essaie de faire au quotidien avec mon bébé de 9 mois. s'imaginer à sa place est vraiment un bon moyen de se rendre compte de ce qu'il peut ressentir quand on le manipule. Lorsque je le change en ce moment je le laisse se mettre dans toutes les positions possibles et immaginables : à 4 pattes, accroupi, debout, penché par dessus la table à langer, etc.). Et malgré toute l'attention que je mets à ne pas l'entraver, il y a quand même évidemment des moments ou je suis un peu plus brusque et ou du coup, ca ne manque pas, il s'ennerve et se met à pleurer.
Et il reste un domaine ou je n'ai pas encore trouvé de solutions pour ne pas le brusquer, ce sont les soins "médicaux"  (serum phy dans le nez par exemple). Et là, lorsque je le fait, j'ai le ventre noué par ses hurlements et le fait d'être obligé de le plaquer allongé. J'essaie d'en faire le moins possible, surtout depuis que j'ai lu que souvent tous ces rhumes passent tout seuls, sauf s'il n'arrive plus à bien respirer évidemment.
Quant aux cheveux, j'ai effectivement ce souvenir de démélages éprouvants, mais pas par ma mère, plutôt par les coiffeurs!!!
Merci pour ce blog. Et pour tout le reste...
A bientôt sur lpc (je suis nouvelle et je n'ai pas encore posté mais je lit très régulièrement les messages, à tel point que je passe un peu trop de temps sur internet mais ca c'est une autre histoire!)
Blandine

Sylvie 31/12/2005 14:10

Je suis prête ! J'ai encore une fois adoré ce texte. Je dois dire que ça m'a émue, parce que oui, je ne fais pas très attention à la violence que j'ai dans mes gestes...
Merci encore !
Bisou
Sylvie

Véro 31/12/2005 11:51

Je pense à toi tous les jours en ce moment...avec cette histoire de cheveux!
Coline est en vacances, ce qui veut dire piscine, plage, vent et repiscine etc...je te dis pas l'état de ses cheveux qui lui arrivent maintenant jusqu'au fesses...
Donc ce matin-pas le courage de les démêler tous les jours, je m'y suis mise : une demi-heure, à defaire les nœuds un par un, sans tirer, sans arracher, sans m'énerver LOL Elle avait pris un petit livre qu'elle lisait pendant ce temps-là...et j'ai eu l'impression de me retrouver en Afrique, où les séances de coiffage sont trrrrrès longues, l'une assise voire vautrée contre l'autre, très charnel, comme contact.
Bon, là-bas, ils tirent et font très mal en coiffant.
Sinon, j'ai pris conscience de ce que font mes mains en faisant - un peu- d'haptonomie, en sentant que ma main se prolonge bien plus loin que ma peau, et que le contact commence avant d'arriver à la peau physique. Voilà, j'essaie de faire attention maintenant...même avec les objets!
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