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La Parentalité Positive au quotidien

Articles, idées, astuces de la pionnière de la parentalité positive en France, Catherine Dumonteil Kremer

"Avorter, histoire des luttes et des conditions d'avortement des années 1960 à aujourd'hui"

"Cet épisode massacrant je dois le restituer. Pourtant il a bien fallu que je m'en sépare pour ne plus voir resurgir l'intolérable. Paris, 1952, j'ai dix-sept ans. Presque.Mes premiers émois, le désir. Je rencontre un jeune homme. Je suis amoureuse, ce sera l'élu. Je fais l'amour avec lui deux fois, le risque est encouru. Plus de règles. Au lycée je hante les toilettes, je scrute, attente terrifiante. Rien.
Vais-je lui annoncer ? Rendez-vous hâtif "je n'y peux rien". Possibilité de piqûres de je ne sais quoi. Il me conseille des tours de manège. Je suis enceinte. Mes parents n'en sauront rien. Dès que ce sera visible je me tuerai. Un dimanche soir on dîne en famille. J'ai un malaise. A peine réanimée j'avoue.
La violence paternelle est effroyable, ma mère reste muette.
Moi je veux mourir ou alors être libérée de ce poids-là. Je ne suis pas prête. Je me sens trop petite. De toute façon on ne me consulte pas. Mon père, gynécologue doit rester à l'abri de tout soupçon. Ce sera un monsieur, juste lui, sans assistance. Je me rends seule au rendez-vous. Ma mère en bonne épouse, a obéi. Elle ne m'accompagne pas. Prudence. Je suis allongée sur une table de cuisine. Il m'injecte un liquide soi disant relaxant, un placebo ?
Comment mettre en mot ce qui me râcle, me déchire, m'ampute. Tout mon corps livré à cette torture. Je me mets à hurler. Il dit :"Tu ne criais pas quand..." Humiliation. Il a le pouvoir. Mais il faut savoir ce que je veux. C'est terminé, le curetage. Je me lève, chancelante.
Soulagée, épouvantée."
Témoignage tiré de "Avorter, histoire des luttes et des conditions d'avortement des années 1960 à aujourd'hui" Collectif IVP, éditions Tahin Party.



Si nous devions faire un catalogue des souffrances de nos soeurs liées à la sexualité, à l'avortement, la contraception, cela demanderait un travail colossal et la liste serait sombre, triste, angoissante... Je crois que n'importe quelle femme peut ressentir en elle les sentiments dont parle cette jeune fille.
Des femmes et des hommes, ont lutté pour notre dignité d'êtres humains. Et c'est l'objectif de cet ouvrage collectif que de le montrer.
L'histoire de la contraception et de l'avortement ce n'est pas qu'une succession de textes de lois, mais ce sont des luttes de femmes qui n'ont pas baissé les bras, qui ont toujours affirmé avec force "Notre corps nous appartient".
(la suite demain...)

Catherine Dumonteil Kremer

 

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Jenufa 13/09/2011 10:00



 


http://socialistespourlavie.blogspot.com/


 


http://www.seamless-garment.org/index.shtml



Jenufa 09/09/2011 23:09



Je continue à râler parce que là, ça craint quand même.


 


http://www.plagal.org/



Jenufa 23/07/2011 07:53



 


http://www.youtube.com/watch?v=XYP-T7J4OOw


 


Une autre figure historique marquante qui s'est battue pour le droit des femmes XD!



Jenufa 10/06/2011 08:52



Effectivement moi ça me semble dangeureux de se battre contres la violence éducative et de de ne pas défendre l'enfant à naitre. De même que c'est dangeureux de prendre la défense de l'enfant à
naitre mais de proner la violence éducative.
Pour moi ça fait pas deux poids deux mesures.
Les deux doivent être défendus.



Jenufa 10/06/2011 07:46



 


http://www.feministsforlife.org/


Voici un site de féministes pro vies américaine, pour un autre féminisme!



béa 01/11/2010 11:08



Bonjour,


J'aime beaucoup vos publication, mais sur ce coup, je tilte. Je ne suis pas sure du message que vous voulez faire passer :


- la violence de l'acte dans la façon dont il est perpétré (médicalement parlant) du fait de sa clandestinité... Et la oui, la légalisation de l'avortement est une "bonne chose"


- la violence morale, subit par cette femme forcée à avorter : la légalisation de l'avortement n'y a rien changé, bien au contraire, car en plus on veux persuader la société que ce n'est pas
traumatisant pour la femme... et la c'est pire qu'avant : j'ai moi même souffert de cela, et je suis de la "jeune" génération, pression morale (pas de la famille, du papa, mais le résultat est le
même)...


La légalisation de l'avortement a un bon côté (pour quelques cas plus ou moins exeptionnels, selon les points de vu, je ne pense pas que vous vouliez relancer le débat pro ivg / pro vie), mais
est trop considéré comme une alternative à la contraception (inconsciement), et le nombre d'avortement en france ne baisse pas, c'est même plus de 200 000 par an de mémoire... alors que nous
avons de bons moyens de contraception (aussi bien naturel que chimique)


J'ajouterais que de nos jours, beaucoup de femme vivent encore l'avortement comme décrit plus haut "raclée, déchirée, amputée", et la pression sociale est toujours la : "trop jeune", "pas assez
de moyens (selon les critères de la société)"... et sur les forums, si une jeune arrive en disant "je suis enceinte je suis déboussolée", la réponse est sans appel : "avorte", "n'écoute pas ceux
qui te dirons le contraire, c'est des pro vie catho..", "c'est un droit acqui de haute lute..."... et j'en passe et des meilleures, pour les avoirs lues, entendues, vécues...


 


Le post date un peut, alors bon halowwen!


 



Bey 23/05/2009 14:53

Je suis d'accord vec vous madame Dumonteil Kremer, je comprends les deux lectrices qui me précède , comment faire autrement personnellement je pense que je n'aurais pu me résigner à l'avortement , seulement la jeune fille de votre article n'a pas eu le choix visiblement et même elle l'aurait eu cet enfant aurait il été chéri ... cet enfant aurait il été aimé et quand bien même avec quelles souffrances : je suis descendante d'une famille comme cela , qui effectivement n'existerait pas s'il y avait eu avortement. Mais il faut savoir que le fruit des amours interdits ne reçoit d'affection de sa mère que depuis que celle ci est malade d'alzeimer (et encore faut il voir les marques de tendresses derrière de grosses difficultés relationnelles ) et cela plus de 65 après. Je suis persuadée qu'il faut laisser à chacune la possibilité d'accueillir l'enfant au mieux et sinon  permettre à la femme de refuser cette grossesse avec dignité . Sans culpabilisertout en étant consciente de l'importance de la vie qu'elle porte en elle . Quelle responsabilité pour les personnel encadrant dans les hôpitaux ! Cette femme qui aujourd'hui demande l'avortement a été elle aussi un bébé et mérite toujours notre respect.

mamounette 02/05/2009 21:25

Bonjour,Je fais connaissance avec vos écris de puis peu, et ça m'encourage beaucoup à changer de fond en combles ma façon de me comporter avec mes enfants ! Merci !Mais là je suis choquée aussi, si je comprends bien ce que vous écrivez je me joins à l'auteure du commentaire précédent pour dire que je suis choquée !Mamounette

Alex 24/04/2009 20:50

Excusez-moi, je ne comprends pas bien... Vous vantez les mérites de "Faire tuer son enfant... autrement" ??? Attention, il ne s'agit pas de ma part de condamner les femme ayant recours à l'avortement. Mais de défendre la vie de l'innocent, qui, comme vous semblez bien y adhérez d'après tous vos articles, ne mérite que notre amour. J'aimais vous lire, dans vos livres et dans Grandir Autrement... Que valent toutes vos belles paroles de non-violence si vous défendez la violence la plus grande, celle qui supprime la vie même de celui qui attend notre chérissement ?

Catherine Dumonteil Kremer 03/05/2009 07:59


Bonjour à vous,
vous semblez choquée, et surprise, et si je comprends bien opposée à l'avortement avec beaucoup de convictions. Pour ma part je ne suis ni contre ni pour, je suis pour le respect de la dignité des
êtres. De nombreuses femmes ont souffert et souffrent encore de grossesses non désirées, il n'est pas question d'être caricatural avec la souffrance. Elle est unique pour chacun, j'ai écouté de
nombreuses femmes qui ont traversé un avortement, se sentant totalement coincée entre cet enfant en elle, et l'impossibilité de l'accueillir pour des raisons qui leur appartenaient, il leur a fallu
faire un deuil.
J'espère que liberté et acceptation dans tous les domaines, permettront aux personnes de se sentir suffisament en sécurité pour faire leur vie le plus humainement possible.
Et élever leurs enfants le plus respectueusement possible, de"s enfants qui seront probablement compréhensifs avec les autres dans toutes les situstions.
Désolée de vous avoir choqué en tout cas, s'il arrivait à une de mes filles d'avorter j'aimerais qu'elle ne connaisse pas les conditions que raconte la jeune fille dans mon article,mais qu'elle se
sente écoutée respectée et accueillie.
Bonne journée à vous.


ratasy 16/04/2009 12:17

Merci de partager vos ressources ainsi. Nous avons chacun trouvé de quoi nous "nourrir" mon mari et moi.