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Élever son enfant autrement


Pourquoi mes enfants ne vont pas à l'école ? (1)

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 20 Février 2007, 05:55am

Catégories : #L'école à la maison ou vivre ensemble

Est-ce parce que l'école ne remplit pas sa mission ?
"Toutes les évaluations sont formelles à cet égard. A la fin d'une scolarité, même réussie, le savoir véritablement engrangé est d'une grande pauvreté. Un an après la fin du secondaire, 30 pour cent des bacheliers français de série S, ne savent pas établir un lien entre l'ADN (acide désoxyribonucléique), les maladies génétiques, ou leur propre hérédité ; 60 pour cent ne connaissent toujours pas les spécificités respectives d'un atome, d'une molécule et d'une cellule ; 80 pour cent sont incapables de décrire la trajectoire du soleil dans le ciel ; 80 pour cent ne peuvent établir de relations entre la organes ; 90 pour cent ne repèrent pas les principales étoiles, et 100 pour cent ne savent pas dessiner une carte même approximative de l'Europe... Quel décalage par rapport aux prétentions outrancières des programmes scolaires ! Et quel constat dramatique pour cette institution..."
" A dix ans 40 pour cent des élèves ont des difficultés de compréhension d'un texte de dix lignes, 11 pour cent ne saisissent pas le sens des mots usuels, 25 pour cent ne maîtrise pas la conjugaison, 25 pour cent n'arrive t pas à exécuter une consigne précise, 35 pour cent n'effectuent pas une soustraction ou une division à une décimale, 66 pour cent n'effectuent pas une soustraction ou une division à deux décimales, 33 pour cent ne peuvent pas reproduire une figure géométrique, 66 pour cent ne savent pas calculer l'aire d'un carré ou d'un rectangle."

(Ces chiffres je les ai trouvés dans le livre d'André Giordan "Apprendre" aux éditions Belin. André Giordan est agrégé de biologie, docteur en biologie et en sciences de l'éducation, professeur à l'université de Genève et directeur du laboratoire de didactique et épistémologie des sciences.)

Est-ce pour cette unique raison que mes enfants ne vont pas à l'école, et bien non, j'ai appris cela au fil du temps et mes enfants étaient déjà déscolarisés, cela bien sûr me conforte dans mon choix, et pourrait m'aider à résister aux exigences de niveau exhorbitantes que peuvent avoir les inspecteurs lors des contrôles effectués chez les enfants non scolarisés. Enfin cela aurait pu m'aider, maintenant que mes enfants ont des cours par correspondance, nous n'avons plus de contrôles annuels.

Est-ce parce que l'école n'est pas un lieu de socialisation ?
Se socialise-t-on au contact d'une seule génération ? Ou sont les adultes, les personnes âgées, les petits enfants ? La socialisation peut-elle se faire dans un milieu insécurisant ? Ou on n'a pas choisi ses soi disant "camarades", où la compétition règne, où le conformisme ne laisse aucune place à la créativité ?
Peut-on espérer que les enfants apprennent la coopération dans un milieu où on leur demande la plupart du temps et aux moments clés (ceux qui consistent à évaluer leur connaissance) de ne pas aider leurs amis ?
A l'école les enfants apprennent à considérer les adultes comme des ennemis, ou en tout cas à faire semblant de les mépriser.
A l'école, au collège, les adultes jugent, évaluent, critiquent, sanctionnent, surveillent... Ces actes prennent le pas sur le soutien, l'enseignement, l'écoute dont les adultes des communautés éducatives font aussi preuve en France. La plupart des enfants, et des jeunes apprennent à résister à ces pressions, ce qui ne leur laisse que peu de temps pour l'apprentissage.
(Voir le numéro 4 de Ressources Parents)
Comment se socialiser dans un milieu où aucune remise en question de ce qui est fait ne peut exister ? Comment devenir un citoyen responsable quand tout ce que l'on demande aux jeunes scolarisés c'est d'obéir ?
Comment dans ces conditions acquérir l'esprit critique qui fait défaut me semble-t-il à bien des adultes parmi nous ?
(La suite demain ...)

Catherine Dumonteil Kremer

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sandrine 30/08/2012 00:04


je ne peux que "plussoir" à ces constats mais il y a aussi des personnels qui en prennent conscience/qui en ont conscience et essaient de faire autrement avec les élèves (puisque nous parlons du
scolaire) !! ;)

Adeline 30/04/2011 15:53



Bonjour Catherine,


J'ai découvert votre livre récemment, et par la suite ce blog, que je trouve très intéressant. Maman d'une petite fille de quelques mois, je me pose déjà de nombreuses questions sur son éducation
et plus tard, son instruction qui, comme vous le dites bien, ne passe pas forcément par la scolarisation.


Je suis par ailleurs professeur de français en collège et lycée depuis trois ans. Je suis tout à fait d'accord avec les reproches que vous faites à l'école. Moi-même, comme enseignante, je
reconnais mes défauts dans ceux que vous décrivez  (trop évaluer, sanctionner, autoritariste, peu réceptive aux besoins individuels etc...). Je souhaiterais fortement évoluer, parce que
je trouve que cette façon d'aborder l'enfant (plutôt l'adolescent pour moi, la jeune personne) complètement inadéquate. Mais de la même façon que pour un parent, il est difficile de donner une
éducation que l'on a pas reçue, pour l'enseignant, il est difficile d'enseigner différemment de ce que l'on a vécu. Comment enseigner sans évaluer, quand c'est ce que l'on a toujours connu, et ce
que le système véhicule, comment ne pas faire d'autoritarisme lorsque l'on a 32 élèves dont la moitié n'a pas envie d'être là, que l'on se sent complètement dépassé par le chahut du groupe



Je me renseigne depuis peu sur les pédagogies "différentes" que vous présentez dans votre livre et sur ce blog, mais je trouve que c'est une démarche difficile, bien que très enrichissante. 


Merci donc pour vos différentes réflexions, et également pour la nuance que vous faites dans votre livre, lorsque vous dites que si les enseignants ne correspondent pas au souhait des parents,
c'est bien plus souvent qu'ils sont non formés, mal formés, et dépassés par les évènements que vraiment obtus, insensibles aux besoins de l'enfant ou maniaques de l'autorité. C'est agréable de
sentir que l'on est pas montrés du doigt malgré nos erreurs, quand bien souvent nous essayons de faire de notre mieux.


Bien cordialement,


Adeline



Cécile F 02/09/2010 22:40



Histoire d'une rentrée...


Jean-Loup a eu 3 ans le 13 aout, Anatole son petit frère est arrivé le 10 mai à la maison (superbe aventure). Moi, sa maman, je suis à la maison à m'occuper des enfants, des moutons, du
chien, des poules, faire le potager, les conserves, le pain... faire tourner l'entreprise familiale avec l'aide précieuse et indispensable de Xavier, le papa, qui bosse aussi à
l'extérieur pour ramener les sous malheureusement indispensables.


Pendant nos vacances au bord de la mer, nous lui avons peu parler de la rentrée (on lui avait déjà expliqué avant et il
disait qu'il voulait rester avec Papa et Maman). De plus, pour Jean-Loup, l'été a été difficile avec l'arrivée de son
frère, il a du mal à s'endormir, se réveille la nuit... 


Nous sommes rentrés hier et lors de notre ballade dans le village, nous avons croiser des voisins avec deux enfants scolarisés
dans la même école. Merveilleux, Jean-Loup est resté avec eux et leur maman pour ramasser des mûres et moi je l'ai laissé le temps de m'occuper des moutons. Au retour, je lui ai expliqué qu'il
verrait ces enfants à l'école et là ça a eu l'air de faire un déclic dans sa tête. Il a semblé plus détendu.


Ce matin, réveil en douceur, mais un peu fatigué, on se prépare tranquillement et on part à l'école.


Jean-Loup semble plutôt tranquille, il retrouve ses deux voisins dans la cour (ils sont plus vieux) il joue rapidement dans la
classe, les enfants pleurent chacun à la suite à chaque fois que les parents partent, mais pas trop de mouvement de panique, notre zouzou est confiant il dit que maman reste encore. Je lui
explique que oui je reste encore un peu avec papa mais que nous allons partir ensuite. 


Quelques extraits des conversations : pleure pas t'es grand. Aujourd'hui, c'est tranquille mais lundi on les fait
bosser...


Quand on est parti, il n'a pas pleuré, moi si, sur le parking, le laisser 3 heures dans cette école qui ne nous plait pas
trop... cela va être long.


12h, on retourne le chercher, on nous fait poireauter dehors (comme des pestiférés) et on entend quelques enfants pleurés,
je crois reconnaitre le notre. Xavier, le papa jete un coup d'oeil (clandestin) dans la classe et confirme et voit aussi la maitresse brusquer un petit en disant "allez viens chanter" en lui
tirant le bras car il veut prendre un jouet... Les secondes sont longues avant de récupérer notre petit lutin en pleurs, avec encore son pull sur lui alors qu'il fait chaud...Il dit en pleurant
qu'il a pleuré deux fois. Xavier demande à la maitresse comment cela c'est passé : "il a pleuré", c'est tout ce qu'on eu comme info. Il dit que Jean-Loup ne sera pas là le lendemain car il a rdv
chez l'ostéo (tant mieux!).





Retour à la maison pour déjeuner, on papote avec Jean-Loup pour savoir comment c'est passé la matinée. On en a gros sur la
patate tous les deux, avec son père, on s'échange des regards, pas de commentaire devant Jean-Loup.


Il a donc pleuré quand on est parti, puis à la récré il est tombé et s'est fait mal au genou, l'assistante l'a consolé sur ses
genoux. Il a voulu faire de la peinture mais la maitresse lui a dit non et il lui a dit oui! (elle n'a pas du apprécié), on n'a réussi à comprendre pourquoi il n'a pas pu faire de peinture mais
en tout cas cela a semblé très dur pour lui comme épisode... et il a encore pleuré car il voulait voir son papa et sa maman. Il a aussi joué avec des enfants et un 4X4 et un camion.





Conclusion : 


On retente lundi mais vraiment pour la forme, histoire de dire qu'on essayé, mais on n'a pas envie. On n'était déjà pas
convaincu de l'intérêt de la maternelle à 3 ans mais là on n'est pas non plus convaincu de la qualité cette école, de cette maitresse molle et colérique et de cette assistante
douce comme une gardienne de prison (désolée pour les gardiennes de prison ; ).






SCHMIDT 28/01/2008 18:30

Bonjourje vous ai découvert avec bonheur, et je viens de finir votre dernier livre. Mon inquiétude aujourd'hui porte essentiellement sur la scolarisation. Car pour moi l'école va à l'encontre de ce que je veux pour ma fille. Elle n'a que deux ans et je réfléchis comment ne pas la mettre à l'école, mais  je ne suis pas sure d'y arriver financièrement.  Existe t il des écoles style "montessori" ou autre ?Comment descolariser un enfant, que me conseillez vous comme ouvrage à lire pour me faire une idéeMerci de prendre de votre précieux temps pour me répondreMerci pour vos écrits que j'ai pris un plaisir immense à lire et à faire mien

cleanettte 21/02/2007 06:15

Oui c'est sur c'est pas très glorieux. Pour les étoiles par contre on ne peut pas en tenir rigueur à l'EN à ma connaissance ce n'est pas au programme. pis j'ai toujours pas trouvé l'interêt de connaitre les constellations.Je redoute chaque année que mes enfants tombent sur un instit un peu trop con et j'oeuvre chaque jour pour qu'ils ne prennent pas toujours trop sérieusement les critiques et remarques de leur maitresse. Ma puce de 3,5 ans s'est vu par exemple reproché de dessiner la tête de ses bonhommes aussi grosse que leur ventre.

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