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Élever son enfant autrement


Pourquoi mes enfants ne vont pas à l'école (2)

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 21 Février 2007, 07:00am

Catégories : #L'école à la maison ou vivre ensemble

Est-ce parce que l'école, le collège, rendent les enfants dépendants de l'autorité ? Contrairement à ce que l'on peut penser, l'école ne donne pas aux enfants l'autonomie dont ils auraient besoin à un certain âge.
Ils ne peuvent prendre aucune décision, même celle d'écrire avec un stylo de couleur ne leur appartient pas, les feuilles "doivent" appartenir à une catégorie x ou y, leur couleur également, au risque de contrarier l'enseignant... Si vous êtes parents vous vous souvenez probablement des listes d'exigences professorales, de la crainte de vos enfants de ne pouvoir les satisfaire...
Quand leur explique-t-on le bien fondé de ces exigences, en leur donnant la possibilité de ne pas les satisfaire dans la mesure où du matériel reste de l'année précédente qui pourrait être écoulé ? Cela dépend beaucoup de l'adulte face à eux.
A quel moment demande-t-on aux enfants ce qu'ils voudraient apprendre, et comment ils souhaiterait acquérir le savoir faire choisi ? Pour éviter de répondre jamais, je vais répondre que ce n'est pas le cas dans l'immense majorité des collèges et des écoles de France. Pourtant je crois qu'aujourd'hui personne ne remet en question l'importance de la motivation dans l'apprentissage. Pour autant, je n'ai pas l'impression qu'il en soit tenu compte à l'école.
L'éducation nationale tient-elle compte des récentes découvertes en neurosciences cognitives ? J'ai découvert sur internet un rapport des plus intéressants sur les liens que l'on pourrait d'ores et déjà établir entre le fonctionnement du cerveau et l'apprentissage.
Ce rapport émane de l'OCDE qui a mis en place le CERI, Centre pour la recherche et l'innovation dans l'enseignement. L'objectif du Ceri est d'établir des liens entre plusieurs disciplines (neurosciences, éducation, santé, politique, psychologie) et d'en tirer des conlusions pour ce qui est de l'apprentissage. On peut constester l'action de l'OCDE, mais ce rapport est vraiment édifiant et je vous recommande d'aller le lire et de faire circuler le lien autour de vous tant il lève le voile sur l'incapacité pour l'école telle qu'elle est aujourd'hui de remplir sa mission.
Quelques citations éloquentes tirées de ce rapport :

"Plus nous en apprenons sur le cerveau humain, en particulier les premières années de l’existence, moins nous sommes à l’aise avec le modèle traditionnel de la salle de classe et le programme imposé de l’éducation formelle. Ce soucis est particulièrement pertinent par exemple, lorsqu’on cherche à évaluer les mérites respectifs pour le nourrisson, de la mère et de la crêche, pour l’enfant de la scolarité à domicile et de l’éducation formelle ; pour l’adolescent de ses intérêts naturels et des programmes nationaux. Il semble douteux que la configuration actuelle de l’éducation de la jeunesse soit conçue pour encourager l’imagination et la créativité, l’autonomie, et l’estime de soi. Pour tous les âges mais spécialement pour les jeunes, il est nécessaire de reconsidérer l’importance du jeu, le rôle du stress (vu à la fois comme un défi et comme une menace), et les implications de la diversité humaine. "

« Aujourd’hui l’idée que l’intelligence humaine puisse être strictement limitée ou présente en faible quantité paraît des plus bizarre. »

« La seule chose que l’on puisse affirmer avec certitude à propos des limites de l’intelligence humaine (telles qu’elles sont mesurées par l’intelligence scolaire) c’est qu’elles sont inconnues et qu’elles continuent de déjouer nos prévisions » p 21

 

« Les groupes humains tendent à se conformer à une norme perçue. Les groupes résultants d’une ségrégation le font de façon encore plus forte que les groupes à population variée. Comparons le comportement d’enfants à l’école et en famille, ou d’adultes au travail et à la maison. La présence d’un groupe de pairs, à l’école ou sur le lieu de travail, peut conduire à un comportement conformiste. Notre conduite semble plus libre dans un contexte plus varié. Nous sommes davantage en mesure d’être nous mêmes, et d’accomplir notre potentiel, lorsque nos pairs ne sont pas là pour nous limiter. »

 

« Un système conçu pour trier et récompenser les plus capables peut-il être réformé de façon à aider tous les élèves à réaliser leur potentiel ? Ou si une réforme est impossible l’avenir de l’éducation passe-t-il par une révolution ? »

 «Traditionnellement un programme scolaire se compose de trois éléments : connaissances, compétences et attitudes. Et les programmes scolaires traditionnels ont tendance à placer les connaissances au dessus des compétences, et les compétences au-dessus des attitudes.

L’expérience de la vie et du travail suggère un ordre de priorités différents : Attitudes, compétences et connaissances. Les attitudes positives (responsabilité, espoir, confiance en soi, confiance dans les autres ) sont la clé d’une vie réussie et d’un travail gratifiant.

Certaines compétences ( communication, travail en équipe, organisation, résolution de problèmes ) sont elles aussi essentielles. Maintenant qu’une immense partie des connaissances du monde est accessible dans les livres ou sur l’internet, il devient moins important de pouvoir la stocker dans son cerveau. Le défi est de créer une société apprenante et non une société de la connaissance pour le 21 ème siècle, société qui exige un programme ASK. (attitudes, skills, knowledge, le verbe ask signifiant demander.)"

" Comment font les gens pour apprendre au mieux ? Et ou aiment-ils le mieux apprendre ?

Certains préfèrent apprendre chez eux, d’autres au travail, d’autres à l’université. La réussite remarquable de la scolarité à domicile pourrait avoir des implications révolutionnaires. Il existe apparemment une multitude de styles d’apprentissages, définies par exemple en fonction d’un médium (l’œil, l’oreille, la main) ou d’un type d’intelligence préféré, ou encore du sexe, de la préférence pour la théorie ou la pratique, de la méthode, par incréments ou en commençant par la fin, ainsi de suite. Nous sommes encore loin d’avoir élaboré une théorie adéquate, et une analyse pratique des styles d’apprentissages.

Ce que nous savons c’est que la réussite est probable si l’apprenant a
une grande assurance et une bonne estime de soi, a une forte motivation pour apprendre,"

 

Je n'ai pas pu m'empêcher de souligner en gras la remarque ci-dessus... Vivant en France j'ai parfois l'impression que les parents qui ne scolarisent pas leurs enfants sont vus comme des marginaux qui n'ont aucune conscience des besoins de leurs enfants, quand je lis ce rapport j'ai plutôt le sentiment que ces familles ont un savoir, une expérience de valeur à partager avec l'institution Education nationale. Tout comme les enseignants ont aussi à nous apprendre, lorsqu'ils sont passionnés par leur métier !

 

Allez vite le lire,


 

La suite demain...

Catherine Dumonteil Kremer









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Laure 04/11/2012 13:33


Je viens de me relire et j'ai vu mes fautes d'orthographe. Et oui, ça m'énerve! Je voulais les corriger mais je ne peux pas corriger mon commentaire... désolée! :)

Laure 04/11/2012 13:30


Bonjour,


Je découvre votre blog à l'instant. Je suis enceinte. Je viens d'aller me promener dans mon village et en passant devant mon école primaire, je me suis dit que c'était vraiment dommage qu'ils
aient goudronné toute la cour... Quand j'y étais, il y avait de la terre, des graviers, de l'herbe... bref! Je me pose pas mal de question sur l'éducation, sur comment je vois les choses, sur ce
qui existe, etc.


J'ai donc fait une recherche internet sur "éduquer autrement" et je suis tombée sur votre blog.


Mes deux parents sont profs en collège, je suis donc un peu formatée par l'Education Nationale même s'ils restent assez critique concernant cette "institution".


Pourquoi pas faire l'école à la maison mais n'est-ce pas un peu un uthopie car quel part de la population peut se le permettre? (temps, connaissance, ouverture d'esprit)


Quand on voit le temps moyen passé devant la télévision en France, c'est assez inquiétant. On peut peut-être se rassurer en se disant qu'au moins à l'école, les enfants ne sont pas devant la tv!


D'autre part, qu'en est-il de l'égalité? Même si je suis d'accord que "si l'école ça rendait libres et égaux, le gouvernement déciderait que c'est pas bon pour les marmots", l'idéal de cette
école, c'est quand même que chaque enfant est un tronc commun de connaissances, peu importe son origine, le statut social de ses parents, etc. non?


Je suis d'accord qu'il y a un problème mais la privatisation de l'école (que ce soit en éduquant ses enfants à la maison ou en les mettant dans des écoles alternatives privées) me pose un
problème... C'est un gros dilemme pour moi car j'aimerai que mon enfant puisse s'épanouir à son rythme, selon sa propre curiosité et en même temps, j'aurai l'impression de démissionner de mon
rôle de citoyen si au lieu d'essayer de changer le système, je m'y soustraie... Qu'en pensez-vous?


Avez-vous des pistes de lecture ou des idées qui pourraient m'aider dans ma réfexion?


Merci d'avance!


 


Laure

Jenufa 04/10/2012 21:53


Bon si on appliquait ces conseils l'éduc nat serait fréquentable.


Par exemple les enseignements artistiques j'aimerais que ce soit de la médiation,


et pas une bouillie sacrifiée comme on a là!

anne-sophie 21/10/2007 18:39

Tellement en accord avec votre conclusion!!!Nous avons décidé de ne pas mettre notre fille en première année de maternelle, quel scandale dans nos famille respectives!!On nous a meme dit que nous appartenions à un  secte  et que les 'activités' ( j'aime pas trop ce terme) que nous faisions avec elle, les crêches etaient faite pour ça ainsi que la découverte du gout !!!!!! 

Stéphanie 03/04/2007 10:44

Bonjour,
j'ajoute tardivement un commentaire. Je viens de lire ce rapport et de très bonnes choses y sont dites, par contre, je rejoins le commentaire précédent dans le fait que l'OCDE veut nous guider vers une privatisation à outrance, notamment de l'école. On peut lire dans cette étude: "ce qui est clair, c'est que l'absence totale de toute forme de concurrence dans le monde de l'éducation réduit inévitablement sa capacité à faire des progrès en matière de rentabilité" (page 35) et bien qu'ayant été intéressée par bon nombre de réflexions émanant de cet écrit, cette citation me fait froid dans le dos... Toujours est-il qu'on peut y prendre ce qui nous semble bon ! En tous cas, merci pour ce lien et pour toutes vos pensées-souhaits-conseils qui m'apportent par ailleurs beaucoup.A bientôt !

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