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Élever son enfant autrement


La lettre "Cheminer ensemble" numéro 3

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 5 Novembre 2010, 06:58am

Catégories : #Au fil des jours

 

 

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Bonjour à tous

 

Tout d'abord un grand merci pour tous vos témoignages qui me touchent... Sur le père Noel vous avez été très inspirées, et sur le deuil vous êtes simplement venues partager évoquant des blessures intenses... Je suis très attentive même si je ne réponds pas toujours... Je pense à vous tous !

 

Je pars à Paris dans une heure, mais avant de partir ce week end, je vous laisse de quoi grignoter et réfléchir un peu...

Je vous avais dit que je publierai mes anciennes newsletters, en voici une, sur le thème "C'est trop tard pour..."

A chaque fois que vous faites une phrase commençant par "C'est trop tard pour...", trouvez un moyen de vous secouer, de réfléchir, et d'avancer...

Je vous laisse ce week end avec ce texte, dites-moi ce que vous en pensez, et aussi quels sont les projets que vous remettez  à demain depuis à peu près les calandes grecques... Et que vous allez peut-être décider de reprendre... C'est vous la petite fée, faites vous confiance !

Alors, à vos marques, prêts... Partez ;-)))

 

 

"Donnez-vous la permission d'être un débutant. En acceptant d'être un mauvais artiste, vous avez une chance de devenir un artiste, et peut-être avec du temps un très bon artiste. Quand je traite ce point en cours, je rencontre immédiatement une hostilité défensive : "Mais savez-vous quel âge j'aurai quand je saurai vraiment jouer du piano/jouer/peindre/écrire une pièce de théâtre décente ?" Oui vous aurez le même âge que si vous ne le faites pas. Donc commencez."  Julia Cameron.
Ce passage m'a sacrément frappée et j'ai eu envie de le partager avec vous. Combien de fois me suis-je fait cette réflexion : c'est trop tard, je suis trop vieille, et je le serai encore plus quand j'aurai achevé de maîtriser cet apprentissage ! Dans ma problématique il y a plusieurs dimensions : d'abord abandonner l'idée que c'est trop tard, que c'est tellement tard d'ailleurs que ça ne vaut pas la peine de commencer... Ensuite savoir ce que je veux VRAIMENT entreprendre, trouver mes véritables passions. Je me suis rendue compte qu'il y a des pièges parfois dans ce que je souhaite réaliser. Je vois fréquemment resurgir les désirs que mes parents avaient pour eux et pour moi, clairement ces projets-là ne sont pas MES projets.
Je dois faire un tri. C'est délicat...
Ensuite, se donner l'autorisation d'être un débutant maladroit, c'est aussi très difficile, dans ma famille on s'attendait à la perfection tout de suite ou rien.
Je crois que partir avec ce style d'idée constitue un sacré handicap !
(J'y pense d'ailleurs souvent pour mes enfants).
Et pour vous à quoi se rapporte cette épineuse question du délai ? Qu'avez-vous abandonné qui vous tenait à coeur ?
Que pourriez-vous faire pour vous remettre à quoique ce soit qui vous fasse vibrer ?

Si écrire vous aide, vous pouvez le faire sur
cheminerensemble@cdumonteilkremer.com

Bon dimanche !

Catherine Dumonteil Kremer

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Christine 22/12/2010 21:41



Bonsoir,


je suis très heureuse de lire cet article et les commentaires associés! Un jour j'ai choisi de vivre ma vie...ça n'a pas été sans mal...mes parents n'ont pas apprécié que je vole de mes propres
ailes là où je l'entendais et pas selon ce qu'ils avaient décidé de ce qui était bon ou non pour moi. Le temps a passé, et j'en garde le regret d'avoir perdu mon temps, mon enfance et mon
adolescence.


Le temps a passé, j'ai fait des choix et depuis peu j'ai l'immense bonheur d'avoir donné la vie à deux petites jumelles. Depuis que j'ai appris que j'avais une grossesse gémellaire, j'ai été
gonflée d'énergie...et d'une résistance incroyable! C'est un sentiment merveilleux, mais il n'est pas partagé par le père de mes enfants. Le bonheur s'arrete là, je revis le cauchemar de mon
enfance, car je "subit" son comportement et ne trouve pas le moyen de sortir de ce "système" où je me retrouve à nouveau sous un "joug" et le pire avec mes filles! Je ne veux pas qu'elles vivent
ce que j'ai vécu, et je suis au supplice...Cela fait un an que je cherche une solution à nos problèmes, mais de son point de vue il n'y a pas de problèmes...Les projets d'avoir des enfants et de
leur apporter une ouverture d'esprit que je n'ai pas connu dans ma famille résistent difficilement à son comportement fermé et ironique. J'entend à nouveau siffler les "ça ne sert à rien de faire
ci ou ça", "de toute façon ce n'est que des bébés elles ne comprennent rien"...J'ai beau être gonflée d'energie par mes filles, j'arrive au bout de ce capital précieux que j'aimerai utiliser
autrement plutôt que de le gaspiller à me défendre et défendre mes bébés et ne pas baisser les bras.


D'autres projets plus personnels, survivent difficilement voir pas du tout dans ce brouillard...je ne veux pas abandonner, mais je m'essouffle. J'ai vaincu le "c'est trop tard", le "avoir des
enfants c'est une catastrophe, on a plus le temps de rien faire"...mais pour combien de temps encore? Aller au bout de ses projets, c'est bien, mais j'ai l'impression de me battre contre des
moulins à vent comme vous savez qui...


Merci au passage à Catherine Dumonteil Kremer, pour ses livres "attendre bébé autrement" et "élever son enfant autrement" qui ont été un vrai soutien pendant ces derniers mois.



Fanfan 10/12/2010 09:32



Parce que je suis une enfant "fait-plaisir" qui a longtemps été "au service" de ses parents, ou plutôt au service de l'enfant intérieur de ses parents, j'ai mis 30 ans à réaliser que j'avais le
droit d'être heureuse, d'être moi-même (ou en tout cas, de le découvrir), d'avoir mes propres opinions et de les affirmer, bref d'être tout simplement une personne avec ses défauts et ses
qualités et pas une personne parfaite sensée combler les failles (énormes !) de ses parents.


Je me suis longtemps dit que c'était trop tard pour refaire du théâtre (ma passion depuis l'adolescence) et je me suis longtemps dit aussi que c'était trop tard pour créer ma propre activité.
Mais depuis la naissance de ma fille (même si c'est très éprouvant et difficile !), je me sens pousser des ailes, je suis sa mère et pourtant c'est elle, du haut de ses 8 mois qui m'élève ! Je me
suis rendue compte qu'il n'y avait pas besoin d'être parfaite pour réussir (ni être aimée !), pas besoin d'être 100 % formée (d'ailleurs, c'est illusoire car impossible je pense !) ni d'avoir
absolument "le" diplôme pour être compétente et aussi qu'on pouvait aimer, faire et avoir des compétences pour mener diverses activités de front si elles nous tiennent à coeur.


Une de mes profs de lycée m'appelait "le petit soldat" car malgré les "coups" j'avançais toujours, j'avais un peu perdu cette volonté mais aujourd'hui je la retrouve, je ME retrouve et Dieu que
c'est bon !


Hauts les coeurs !


Fanfan


 


 



laetitia 26/11/2010 15:42



C'est en me posant les même questions que j'ai décidé de reprendre mes études pour être infirmière il y a 3 ans alors que j'avais 27 ans et deux enfants en bas âge parce que mon métier ne me
convenait plus, parce que j'avais envie de faire autre chose, de penser à moi, de me réaliser, de trouver une réelle identité personnelle...


Je suis infirmière depuis lundi ;-)


et je vais travailler en réanimation néonatale, ce qui n'était pas gagné vu comme les places sont chères et ce qui va me permettre de concilier amour des enfants, envie de
materner et sûrement suivre la formation de consultante en lactation ibclc...


Non il n'était pas trop tard !



Psathas Marie-Sophie 08/11/2010 12:32



A la la ! que ça me fait du bien de vous lire. Je me retrouve en petites parties chez chacune d'entre vous (pas pour tout, bien sûr, par exemple : je n'ai pas d'enfant).


 


Par contre, je suis à la retraite depuis deux ans, j'ai travaillé pendant 45 ans... et je m'ennuie un peu. Bizarre, bizarre...


J'aime faire plein de choses, trop, donc j'apprends à faire des choix. Mais faire des choix, c'est renoncer, alors pour le moment, il m'arrive de remettre à plus tard, parce que je ne peux pas
tout faire. En tout cas, ce blog m'a permis de clarifier mes besoins. Et de tout cela, il ressort, en définitive que le besoin le plus impérieux pour moi en ce moment, c'est d'aimer et d'être
aimée.


Tout le reste, coudre, tricoter, faire du vélo, nager, chanter, créer un jardin bio avec cultures associées, installer des toilettes sèches dans ma maison, j'y arrive. Je m'étais déjà prise en
charge dans ce domaine quand j'avais 30 ans et ça m'avait donné pleine confiance dans mes capacités à faire, à apprendre, à être patiente, à ne pas vouloir "y arriver tout de suite, là
maintenant, sinon tout est foutu".


Maintenant, j'ai intégré dans ma personnalité le fait d'aller doucement (éloge de la lenteur) -pas pour tout, ni tout le temps, mais souvent la lenteur nous permet de réussir là où la vitesse
nous fait échouer-, de savoir attendre pour obtenir le résultat que je veux, de m'organiser pour avoir tout sous la main avant de me lancer dans un chantier (récupérer les eaux de pluie, en ce
moment, c'est d'actualité à la maison), accepter que ce ne soit pas fini avant d'être commencé, et donc faire le travail en plusieurs étapes sans me décourager.


Selon mon expérience par rapport à certaines questions qui sont posées dans les commentaires, oui, on peut corriger les méfaits de la violence éducative ordinaire que nous avons peu ou prou
toutes et tous subie.


Je me bats pour cela, et je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour me libérer des croyances négatives, des fidélités inconscientes, des jugements de valeur, bref de toutes les violences et
surtout je dis "Stop !" et dans mon quotidien, je fais le maximum de ce que je peux pour faire circuler autre chose. Trouver vraiment l'amour et l'intimité est un chantier énorme pour moi. 
Il m'arrive de douter, mais pas souvent, et pas longtemps, je garde mon objectif en tête et avec des hauts et des bas, j'avance.


Merci à toutes pour votre lumière et tout ce que vous me faites partager sur cette liste.


Passez une belle journée.



Ayala 08/11/2010 09:51



La citation au début du texte m'a touché car je suis justement en train de lire et de travailler avec un des livres de Julia Cameron, The Artist's way, qui est peut-être celui qui s'appelle en
français "liberez votre créativité" et j'avais bien aimé ce passage aussi. Ce qui m'aide ces jours-ci est surtout le fait qu'il ne faut pas attendre d'avoir de longues plages de temps devant soi
pour se lancer, faire ce que l'on veut, créer...etc. Souvent, depuis des années, frustrée de ne pouvoir faire ce que je voulais, ce qui me démangeait le bout des doigts, j'attendais qu'il n'y ait
plus personne à la maison. Or, ces moments n'arrivaient que très rarement et ma frustration grandissait de jour en jour. Finalement, maintenant j'attrape 10 minutes ici, une demi-heure là, et
plus s'il y a plus. Même pour une petite balade pour se changer les idées, sortir 20 minutes du brouhaha de la maison et des cent mille chose qu'il y a à y faire, pour regarder les couleurs de
l'automne, ça fait un bien fou ! En gros, il ne faut pas attendre !


Bonne semaine à toutes


 



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