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Élever son enfant autrement


Le père Noël- Parents Conscients extraits- 10/12/2008

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 8 Octobre 2010, 05:23am

Catégories : #Elever son enfant autrement

pereNoel

 

 

 

 

Oui, je sais nous sommes au mois d'octobre, mais si on s'y prenait plus tôt cette année pour parler de cet épineux sujet... Je partage ici, un premier mail sur le thème du père noël, il y en aura plusieurs autres toute la semaine.

Qu'en pensez-vous ? Comment pensez-vous vous y prendre ? Que représente le père Noêl pour vous ?

 

Bonne lecture à tous !

 

 

"Je crois que cette discussion a le mérite d'exister et elle est importante. J'ai envie d'y apporter une contribution : ça secoue parfois d'être sur parents conscients, le but n'est pas de blesser mais de générer des prises de conscience... peut-être.
Je comprends que pour certains la fête de Noel et le père Noel symbolisent quelque chose d'essentiel, c'est là le pb quelquefois c'était le seul moment "magique" de l'année, le moment où nos désirs étaient enfin pris en compte, le moment où nous vivions des périodes d'attention exclusives. Ma mère a connu ça à la puissance 100 par rapport à moi. Noel était un moment magique, son père lui fabriquait des jouets merveilleux, il décorait la maison, et elle a fait la même chose pour mon frère et moi.
J'ai vécu des noel où nous croulions sous les cadeaux mon frère et moi. Il n'est pas de désirs que nous ayons émis qui n'aient pas été satisfait à noel, nous étions hyperexcités, nous attendions cette fin d'année avec beaucoup d'impatience, et puis... Une fois le jour de noel passé, il ne restait pas grand chose de tout ce que nous avions vécu. Une grosse décharge d'adrénaline qui laisse un peu de vide derrière elle, bien sûr enfant je n'en avais pas conscience, mais je peux aujourd'hui comparer cela avec ce qui se passe au moment où on s'apprête à acheter un objet qui nous fait envie, il y a la période de désir, la période de satisfaction du désir,  et le moment de vide derrière. Car finalement ce n'est pas ce qui est matériel qui nous comble, nous nourrit.
Cela nous le savons presque tous je crois, c'est presque une évidence.
Je suis devenue adulte, et j'ai eu une immense nostalgie de Noel, ça a commencé par le fait de vouloir reproduire chez moi ce que mes parents faisaient, même si je n'avais pas d'enfant mon arbre était grandiose. Cette nostalgie me pesait dans le fond. J'ai eu mon premier enfant, je ne parle pas de père noel parce que chez nous c'est une question qui ne s'est jamais posée. Pour moi c'est un peu une atteinte à la dignité d'une enfant quel que soit son âge de raconter qu'il existe. Je ME suis offert des tas de cadeaux pour son premier noel, il y en avait tant que j'ai eu un sentiment de culpabilité et j'en ai donné quelques uns à une association charitative.
J'utilise sciemment cette formulation, car offrir des cadeaux à un bébé c'est d'abord se faire plaisir à soi. Il ne demande rien et nous projetons sur lui nos désirs. Je ne veux pas jouer les troubles fêtes, mais c'est intéressant aussi d'être clair sur la question.
Qui offre à qui et pourquoi ?
Je crois avoir écrit des articles sur mon blog sur ce thème-là.
A deux ou trois ans un enfant a des désirs et demande des jouets, ou des jeux, et à ce moment-là on se pose des questions, que fait-on ?
Je passe du coq à l'âne mais enfant je trouvais le temps long avec tous ces adultes qui prennent leurs désirs pour des réalités, qui voudraient que l'on se satisfasse d'un monde factice. Enfant j'attendais une chose : être adulte.
C'est ce qui m'attirait le plus, prendre le contrôle de ma vie enfin !
Enfin cesser d'être sage pour convenir, être moi même, ne plus craindre les représailles éventuelles d'un comportement inadapté pour mes parents, ne plus aller à l'école, c'est long une vie d'enfant, et dans tout cela il y a noel qui nous distrait un peu, mais qui n'apportera jamais la magie que la réalité peut nous faire vivre (en ce moment il neige énormément chez nous, et c'est extraordinaire)
le plaisir de prendre des décisions pour soi, on oublie quelquefois pour la vie ce que ce plaisir peut être, on prend l'habitude de ne plus décider, de se faire prendre en charge !
Aujourd'hui noel pour nous c'est une réunion familiale, et j'adore la vivre, j'aime revoir mes parents à cette occasion, on se fait des cadeaux et ce sont des marques d'attention délicates, et réfléchies. Je fais des cadeaux à mes enfants toute l'année, on joue ensemble, on parle, on danse, on rit, et du coup ce moment de fin d'année est loin de constituer la seule période où mes enfants reçoivent de l'attention.
Voilà en vrac ce que je voulais dire, et pour moi tout est occasion de travail sur soi, y compris ces fêtes de fin d'année. Quel est l'objectif ? Le sens ? le père Noel est une tradition, un mythe rien d'autre, tout comme le lapin de paques, la petite souris, on peut jouer avec ces traditions, mais dire qu'elles sont réelles aux enfants, j'ai l'impression que c'est une toute autre démarche.
Bonne soirée à tous"

 

Catherine Dumonteil Kremer

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Séverine 26/12/2011 17:58


Moi, je déteste Noël. Durant toute mon enfance, c'était un cauchemar. Ma mère se décarcassait la tête à préparer de bons plats. Mon père passait sa journée à boire au prétexte que c'était Noël.
Du coup, lorsqu'on se mettait à table vers 20 h, mon père boudait la nourriture, jusqu'à parfois renverser la table ou casser les assiettes, puis il partait se coucher. Ma mère repartait dans la
cuisine en pleurant en silence, on mangeait finalement ce qui avait été épargné. En grandissant, j'ai dit à ma mère de ne plus faire de repas spécial à Noël puisque ça finissait toujours en
drame. J'ai dit à mes parents que Noël était un jour comme un autre et qu'il n'y avait pas besoin de faire d'extra. Au final, ils m'ont écoutée. Mon père en vieillissant a fini par être plus
raisonnable. Ma mère a préparé des repas ultra simples et les choses se sont beaucoup arrangées ensuite.


Je pense que pour mon père, Noël a toujours été vécu comme une souffrance. Il a grandi dans une grande famille pauvre. Il n'a sans doute pas reçu de cadeaux ni ressenti Noël comme d'autres.
D'ailleurs, c'était souvent un sujet de conflit entre lui et ma mère. Elle avait reçu des oranges et du chocolat durant l'enfance parce qu'elle était fille unique. Lui n'avait rien reçu parce que
le chocolat était échangé par sa mère contre de la viande.


Aujourd'hui, adulte, je me refuse à fêter Noël. Il y a trop d'injustice dans cette fête. Un déballage de cadeaux et de nourriture chez ceux qui en ont les moyens pendant que les autres regardent
avec envie. Certains s'endettent même pour offrir les mêmes cadeaux que ceux des voisins. C'est de la folie. Le vrai sens de cette fête a été perdu.


Ma fille de 2 ans et demi a rencontré le père Noël lors d'un déplacement avec son papa la semaine dernière. Elle n'a pas posé de questions pour savoir qui il était. Nous ne fêtons pas Noël donc
il n'y a pas eu de cadeaux et pas de père Noël non plus ce jour-là, pas de sapin et pas de décorations. C'est le boycot total pour moi, pour mon mari, cette fête n'a aucun sens puisqu'il n'a pas
grandi en France et Noël ne fait pas partie de sa culture.

ayala 12/10/2010 18:24



Très intéressants, ce texte et les commentaires... Noël me laisse perplexe. J'ai de très bons souvenirs de Noël quand j'étais enfant. Ma mère a su faire passer la magie du moment et perpétuer la
tradition. Mes parents n'étaient pas du genre à forcer sur les cadeaux mais nous avions un peu de famille éloignée qui en envoyait, et des vraiment bien (que j'ai toujours pour certains !). Pour
moi Noël, c'est toute la complicité avec mon frère. Avec mes enfants, j'ai un peu prolongé cette douceur quand elles étaient petites. Mon aînée adorait Noël et mettait des chants avec des CD,
chantait, joie du sapin...etc. Mais mon conjoint, leur père, n'aime pas Noël et il ne le cache pas. Du coup, il est souvent bougon, renfermé, à l'époque de Noël, et cela pèse sur tout le monde et
sur la fête. Mes filles ont été choquée le jour où elles l'ont entendu dire à quelqu'un qu'il n'aimait pas Noël. Et je pense que la magie est partie à ce moment-là. Depuis 2 ou 3 ans c'est
nettement plus lourd. J'ai du mal à rester enthousiaste pour ce moment quand l'autre a la tête ailleurs, a envie que ça se termine, et que les filles se sentent aussi un peu plombées par son état
d'esprit. A vrai dire, toute la famille de mon conjoint est sur un autre continent et le jour de Noël je pense que tout le monde lui manque; qu'il se sent vraiment esseulé sur ce continent-ci
seulement avec nous, au lieu de partager avec ses 9 frères et sœurs, et ses 24 ou 26 neveux et nièces... Et je le comprends. Chez moi la famille est très réduite et cela
peut finalement paraitre un peu tristounet si l'on pense à la joyeuse bande de sa famille. Nous n'avons jamais pu aller fêter Noël dans sa famille. Donc comment faire ?


Pour ce qui est de la consommation, je ne suis pas du tout pour non plus. En fait je ne vois pas pourquoi on ferait un cadeau spécial ce jour-là alors qu'on n'a peut-être pas d'idée. Pour tout
dire, je suis assez nulle en "cadeau". C'est là que le bas blesse. Je vais parfois trouver un super truc pour mon conjoint ou une copine ou une de mes filles, au mois de mai et lui offrir, mais
pour Noël, le fait d'offrir un ou des cadeaux à date fixe m'inhibe en quelque sorte...Je me retrouve à chercher des choses alors que je n'en n'ai pas envie et  je me demande ce que je
fais-là à me désespérer de ne pas trouver quoi que ce soit... 


Il me faut réfléchir plus sérieusement à ce que nous faisons ce jour-là. Nous sommes tiraillés par des fils antagonistes : l'envie d'être dans la tradition, la société autour de nous, ma mère qui
n'envisage pas un Noël différent et dont nous respectons plus ou moins consciemment les vœux non dits, le sentiment d'isolement de mon conjoint, l'envie d'être moins "perso" ce jour-là, et j'en
oublie.


Merci d'avoir relancé le sujet ; il n'est pas trop tôt pour se mettre à la tâche et préparer un Noël plus conforme à ce que nous sommes vraiment.


 



Vee 12/10/2010 16:26



J'ai aimé Noël !



J'en ai aimé l'Esprit, l'atmosphère de recueillement et de rapprochement des humains ... C'était une sorte de tout qui rendait ce jour-là, entre tous, juste "magique".



J'ai aimé Noël tant que j'ai cru qu'il y avait du sens dans tout ce que, de génération en génération, nous faisions au nom de la "tradition" : aller à la messe de minuit ; se retrouver en famille
; dresser une assiette de plus pour le déshérité qui pourrait venir frapper à la porte ; s'offrir des cadeaux ... enfin, tout ce que font les gens ; par usage. Par mimétisme.



Mais quel est le sens de la messe de minuit quand on est pas pratiquant ? Celui de se retrouver ... une fois l'an ? A quoi ça rime de dresser "l'assiette du pauvre" lorsque l'on verrouille sa
porte ? Quant à s'offrir de l'argent (hic !) ou des cadeaux ... soigneusement choisis sur catalogue par les récipiendaires eux-mêmes, qui,  s'ils ne sont pas à la hauteur de nos attentes
sont échangés (voire revendus)  ... que dire ?!



Depuis environ 3-4 ans, nous avons arrêté de "faire" Noël ...



C’est avec un peu de tristesse que nous observons nos semblables se ruer frénétiquement dans les grandes surfaces spécialisées (dans nous vendre ce dont on a aucun besoin) ; qui se sentent
obligés de manger "traditionnel" (huîtres, foie gras ... Ce ne serait pas plutôt "commercial" ?!) et qui perpétuent, comme étant une tradition, un melting-pot de légendes dont chacun s'accommode
à sa façon ...



Je sais ... ça sonne désabusé ! En fait, il n'en est rien. Nous avons juste été, au hasard de la vie, confrontés à nous-mêmes et une quête de sens s’est imposée. In fine, nous avons choisi de
revisiter tout ce qui nous était imposé par "l'usage", sans autre forme d'explication.



Que faire Catherine ?! Perpétuer l'illusion d'une magie prête à l'emploi ... ou réapprendre à identifier ce qui est extra-ordinaire dans l'ordinaire et le quotidien ?! Qui peut le dire pour tous
?



La première voie est toute tracée : il n'y a qu'à suivre le mouvement. Faire comme tout le monde, sans trop se poser de questions. La seconde option suppose que l'on se ré-approprie nos têtes et
fasse l'effort de réinventer l'enchantement ... Pas facile quand on a à peine le temps de réfléchir !



Je crois, pour ma part, que tout commence là ... réfléchir.



Réfléchir à ce que nous sommes et à ce que nous voulons transmettre. Réfléchir à ce qui est important et ce qui l'est moins. Réfléchir à la différence entre "besoin" et "envie" ... entre utile et
futile ...



Noël, en tout cas, est un moment propice à la réflexion. A l'introspection. C'est déjà ça ...



Cathy 12/10/2010 16:07



Hé bien moi, j'aime bien "mon" Père Noël


Mon Père Noël ne fait pas de chantage. Il passera forcément, sage ou pas sage... Mon Père Noël aime juste faire plaisir aux enfants. On n'a pas à lui dire merci. Mon Père Noël sait trouver le
cadeau qui fera plaisir à chacun. Mais on ne choisit pas son cadeau de noël... C'est une surprise. Une bonne surprise. Qu'on découvrira après un bon repas, partagé avec les gens qu'on aime,
pendant lequel on n'est surtout pas obligé de rester à table (on peut même avoir un "service express" si on veut )


Bref, noël, c'est la journée des enfants, ou plutôt la journée de l'enfance ! Il y en a d'autres dans l'année, mais celle-ci, elle est prévue, les enfants savent qu'elle aura lieu quoi qu'il se
passe. C'est vrai qu'on pourrait se passer du côté mythe, mais je tiens à ce côté "gratuit", "tombé du ciel" des cadeaux reçus. Une fois que l'enfant sait, il dit forcément "merci", parce qu'il
comprend qu'une personne en particulier a eu une attention particulière pour lui. Ou inversement parfois, malheureusement. Quand celui qui avait promis un cadeau ne tient pas sa parole...
Forcément, ce cadeau-là manque cruellement. Ce n'est plus la même chose. Et dès lors, effectivement, les cadeaux de noël m'intéressent moins ; c'est là que le côté magique disparaît. Mais c'est
une belle magie, le temps qu'elle dure.



Carine 12/10/2010 15:30



Pour moi, Noël est une très belle fête qui a du sens, même si je ne suis pas catholique, je pense que c'est d'ailleurs une fête universelle (solstice d'hiver, retour de la lumière, etc.).


Pour autant, le Père Noël n'a plus de sens pour moi. Ce qui me dérange surtout, c'est quand les adultes brandissent les "Il faut y croire" ou encore les chantages au sujet du Père Noël. Dans les
deux cas, c'est irrespectueux au possible (et je trouverais même l'injonction de croire plus insidieuse)...



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