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Élever son enfant autrement


Le regard de l'autre

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 23 Janvier 2012, 09:08am

Catégories : #Elever son enfant autrement

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Le regard de l’autre

« Chut », « tais-toi », « tiens-toi tranquille », « Viens par ici », sont les quatre injonctions que j’entends le plus dans les lieux publics. Les parents sont sous pression car leurs enfants sont priés de ne pas « trop » exister. Leurs petits dérangent manifestement.

Eux-mêmes se sentent jugés dans leurs compétences parentales, dans leurs choix éducatifs quelquefois.

Avez-vous remarqué à quel point le regard de l’autre peut produire des tensions et modifier notre comportement avec nos enfants.

Je me souviens de cette jeune maman qui évoquait le fait qu’elle était infiniment plus nerveuse quand le comportement de ses petits était exposé au public, elle décrivait ses réactions comme beaucoup plus violentes qu’à l’accoutumée.

« De nombreuses fessées auraient pu être évitées, si je ne m’étais pas sentie jugée et agressée par les passants au jardin public, au supermarché, ou ailleurs, les gens ne disent rien, ils regardent, de la colère dans les yeux ».

Enfant nous avons été soumis au jugement permanent de nos parents, des enseignants, des adultes autour de nous, notre conduite devait être convenable, correcte, « normale » selon les règles de cette époque. Cette prison construite autour de nous existe encore et nous la ressentons notamment au travers de la crainte du jugement de notre entourage.

Se soumettre au regard de l’autre, c’est encore une fois subir une autorité qui pourrait nous blâmer, nous punir, nous désapprouver.

Le regard de l’autre nous fragilise, il est pesant, il nous plonge dans une telle confusion que nous ne savons plus quoi faire avec nos enfants, subitement l’objectif est de répondre à la demande implicite de ces individus que nous ne connaissons pas. Nous devenons alors plus durs avec nos enfants, il peut s’agir d’un simple changement de ton, d’une certaine manière nous nous conformons une fois encore à ce qui est attendu de nous.

Il est possible de se libérer de ce regard, et même parfois de le rendre empathique, et compréhensif.

Voici quelques idées qui m’ont aidé à faire face à cette difficulté.

La première a été de devenir plus sûre de moi et de mes choix. J’ai remarqué que lorsque ma dernière tétait en public à quatre ans, je n’ai jamais eu de regards désobligeants, seulement des commentaires positifs. Je vivais cet allaitement avec optimisme et confiance, et ne me souciais guère de ce qu’en pensait mon entourage puisque je savais pourquoi j’avais fait ce choix.

Devenir sur de soi est une clé vraiment importante, et cela peut se faire par divers moyens : Compléter son information, et participer à un groupe de parents sont deux éléments intéressants pour fortifier nos décisions.

Je ne suis pas là pour être conforme aux attentes des autres, mais pour devenir moi-même et choisir mon propre chemin, et vous ?

Si vous prenez le train avec vos enfants, en arrivant informez vos voisins : « J’ai des enfants avec moi, s’ils font trop de bruit prévenez-moi, et j’irai faire un tour avec eux, ils aiment beaucoup jouer avec d’autres adultes, alors si cela vous tente… »

Vous allez trouver des alliés, je ne compte pas le nombre de fois où je vois des adultes discuter, ou jouer avec des bambins qui ne sont pas les leurs et y prendre vraisemblablement beaucoup de plaisir.

Si votre enfant fait une crise de rage en public et que vous êtes très mal à l’aise, éloignez-vous des regards qui vous gênent et écoutez-le tranquillement.

Si vous restez et faites ce même travail, vous montrerez aux autres une manière de parenter rare mais efficace et aimante.

Dans les supermarchés ne mettez pas la barre trop haute : laissez votre enfant courir librement, mettre des objets dans votre caddie, faites-le participer ! La plupart des crises se déclenchent parce que nous sommes fatigués, énervés, et bien trop exigeants avec eux.

Et puis n’oubliez pas : l’autre c’est aussi vous. Ne perdez pas une occasion d’encourager les parents en difficulté, et de leur proposer votre aide !

Catherine Dumonteil-Kremer

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Commenter cet article

ayum 21/12/2015 10:11

Merci pour votre article, une bouffée d'air, je me sentais également jugée ( je rajouterais par les pédiatres, les collègues,la famille...).
d’après mon vécu, le plus grave c'est de se sentir mise à l’écart ou de nous imposer des trajectoires par les professionnels, ex = comme pour les vaccins non obligatoire, prescription sans me demander mon avis......

Jenufa 23/12/2012 20:57


En plus je suis la plus jeune de l'équipe enseignante, donc bon.
J'ai envie de limiter la casse.
Ils sont pas très à l'aise avec ça.


Mais parfois ça m'arrive de leur hurler dessus quand ils se battent.
Mais bon sang c'est hard!

Jenufa 23/12/2012 20:54


Donc ils me réclament des sanctions, je n'ai pas envie de mettre des sanctions, c'est des mômes y a déjà assez de casse comme ça.
Mais sans expérience et formation ouch ouch ouch.

Jenufa 23/12/2012 20:52


JE FAIS QUOI AVEC MES SEGPA?

Jenufa 23/12/2012 20:51


J'ai ce problème avec mes élèves:


ils sont tellement habitués à marcher à la baguette qu'ils sont déstabilisés par mon fonctionnement.

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