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Élever son enfant autrement


Mon cadeau pour la fête des mères ;-)

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 4 Juin 2010, 08:37am

Catégories : #Elever son enfant autrement

cannes_018.jpgJe sais, je vous avais promis un article sur la fête des mères pour lundi, mais voilà, je n’ai toujours pas internet et je me demande à quel moment je serai reliée à vous tous !

Mais, heureusement Francis est là avec son cybercafé familial de quartier !

Vous vous rappelez que j’avais déjà écrit un texte intitulé "Pourquoi j'aime être une femme ?",  et puis ma réponse à Elisabeth Badinter « Pourquoi j’aime être un chimpanzé ? »

Et voilà que j’ai trouvé une source d’inspiration dans une encyclopédie des années cinquante, l’encyclopédie de la femme. Une lecture édifiante pour toutes les femmes qui voudraient connaître la source des conditionnements inhérents à leur sexe.

Je vous en livre ici un passage :

«Education des filles : Elle doit se faire dans le sens le plus altruiste. Le rôle de la femme dans la vie est de tout donner autour d’elle : confort, joie, beauté, tout en gardant le sourire, sans faire figure de martyre, sans mauvaise humeur, sans fatigue apparente.

C’est une lourde tâche. Il faut entraîner notre fille à ce renoncement perpétuel et heureux. Dès la première année, elle doit savoir spontanément partager ses jouets, ses bonbons, et donner ce qu’elle a autour d’elle, surtout ce à quoi elle tient le plus. » Encyclopédie de la femme chez Fernand Nathan 1950.

Alors ? Qu’est-ce que vous en dites ? Etonnant, indignant, édifiant, éloquent, révoltant ?

1950 ce n’est pas si vieux, je suis née en 1962, ma mère en 1930, autant dire que cette « philosophie » était dans l’air, comme un poison étouffant les femmes.

En lisant cela je me dis, tiens ce n’est pas très étonnant que les femmes se sentent mal à l’aise à l’idée d’affirmer leur volonté, à l’idée de dire non, stop ! Une femme c’est souriant, aimable, compréhensif, une femme que l’on peut aimer doit convenir, penser à chacun dans sa famille… C’est une loi non écrite, sinon elle sera taxée d’emmerdeuse, de mal b….., on l’accusera d’être victime d’un syndrôme prémenstruel… Et pour la remercier on a inventé ce jour : La fête des mères ! Pour la remercier du sacrifice permanent qu’elle fait de sa vie, elle se sacrifie à ses enfants à son partenaire, et elle mérite bien un cadeau de la part de ses enfants, petits ingrats qui doivent intégrer cette donnée, leur mère s’est bel et bien sacrifiée pour eux ! Bien sûr une femme sacrifiée, c’est un  paquet de souffrances non exprimées, elle prend sur elle, elle finit par devenir amère, violente physiquement ou psychologiquement avec ses enfants, ou avec elle même…

Mais ça ne fait rien, ses enfants doivent lui dire merci ce jour-là, ils doivent lui montrer des signes de reconnaissance par le biais de cadeaux et de poèmes !

Sacrée fête des mères ! qui contraint les enfants à « honorer » leurs parents quels que soient les traitements subis, qui les poussent parfois à espérer qu’en faisant un cadeau, en lisant un joli poème, peut-être cette fois-ci leur maman les aimera pour ce qu’ils sont…

Vous savez ce que j’en pense ? J’ai le sentiment que c’est à moi de remercier mes enfants d’être ce qu’ils sont, de m’avoir subie quand j’étais à la recherche d’un mode d’accompagnement acceptable, d’avoir vécu à mes côtés en m’aimant inconditionnellement malgré mes souffrances, de m’avoir montré à quel point c’est merveilleux d’être une femme…

Pas une femme sacrifiée, mais une femme qui jouit à chaque instant de ce qu’elle est… Un femme qui refuse le sacrifice, mais qui sait se dépasser, une femme qui sait faire de bons choix pour elle-même, une femme puissante qui accompagne la vie sous une forme ou une autre…

Alors si nous revisitions ce petit passage,

« Les petites filles ont besoin que l’on respecte leur connexion à elle même, le pouvoir qu’elles ont sur leur vie en dépend… Il est important qu’elles sachent demander, explorer, chahuter, agir parce qu’elles ressentent du plaisir à le faire, comme tout être humain soumis à ce traitement, elles seront capables d’élaborer une connexion aux autres, une forme d’empathie, doublé d’une écoute d’elles mêmes qui leur permettra de mener une vie pleine et riche en expériences de toutes sortes. »

Par exemple…

Cela dit, pour mon boulot de mère j’aimerais recevoir une prime annuelle d’environ 20 000 euro, je crois que cela me montrerait que l’on prend en considération cette énorme tâche qui consiste à être parent ;-)))

Militons pour une prime de 20 000 euro par enfant xD

Bonne journée à tous !

Catherine Dumonteil Kremer

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Flore 28/05/2013 12:12


Bonjour Catherine,


merci de mettre des mots sur mon malaise vécu encore cette année à la fête des mères. Je l'ai vécue tristement malgré les cadeaux reçus de mon fils et de mon conjoint, qui m'ont fait tant
plaisir. Je crois que ça me ramène trop à cette obligation de gratitude envers ma mère enfant, alors que je souffrais énormément comme petite fille. Je n'arrive d'ailleurs pas à appeler ma mère
le jour de la fête des mères, je n'en ai pas envie, je le fais souvent tard le soir et uniquement pour ne pas la blesser (c'est nul mais bon... pas trouvé mieux jusque là). Heureusement elle a
évolué et n'est plus dans l'attente, mais bon, c'est dommage. Je n'ai pas envie d'exprimer de la gratitude à ma mère, parce que elle n'a jamais reconnu ce qui m'a fait souffrir enfant dans ce
qu'elle a fait. Je suis encore en colère. Alors ça m'interroge avec mon fils.... pourquoi ai-je des attentes pour la fête des mères? Pourquoi ai-je besoin qu'on me dise qu'on m'aime?  De ne
rien faire et d'être servie ce jour là? Est-ce que mon fils va ressentir la même chose plus tard? Le même malaise à DEVOIR faire un cadeau même si on n'a rien à célébrer dans cette relation?
Alors comment fais tu toi Catherine?  Pas de fête des mères?

camille 22/06/2010 15:52



Bonjour,


c'est toujours génial de lire vos articles...et tout spécialement sur les femmes et les filles,...


ça fait 2 ans que je suis maman et que ma vie est complètement chamboulée...


 j'aimerais bien lire votre réponse à Elisabeth Badinter,


est-ce possible?


mille mercis,


Camille



Séverine Cadet-Letour 09/06/2010 22:02



J'aime l'idée d'aborder cette fête des mères de manière rituelle, mais ça ne me parle en effet pas du tout si l'enfant se force à faire quelque chose -(surtout quand par ailleurs il y a des
maltraitances). D'ailleurs, je préfère que ce soit plutôt une occasion de plus pour être joyeux et faire la fête à notre manière en famille. Etre ensemble, tel que l'on est. Mais pour moi on
honore la Femme ensemble dans ces moments-là, ce jour-là on se relie ensemble au meilleur de soi et aussi à qui l'on est au quotidien.


Je me souviens de discussions lors de séances d'accompagnement... Avec ces femmes, nous en étions arrivés à cette conclusion :  Des fois un cadeau ce jour-là, ça veut dire : "Maman, t'es
chiante, mais je t'aime aussi comme ça". Et d'ailleurs, peut-être que c'est pour ça qu'en tant que mère on est touchée... Bordel, il m'aime même quand je suis pas au top, et Dieu sait que ça
arrive ! lol lol


Une prime de 200 000 euros par enfants...c'est que ça va donner envie au maman d'être encore plus de fois maman alors ! lol


Je suis mère d'un petit garçon et là je me disais que si l'Euromillion ou le Lot me faisait un don de leur grosse cagnotte, bin je serais très émue ! lol lol



manu 07/06/2010 13:18



salut catherine !


 


depuis le temps que  je voulais partager ce texte à l'occasion de la "fête des mères", tu m'en donnes l'occasion, merci !


Il s'agit d'un extrait du livre de Christiane Rochefort "Les Enfants D'Abord", qui date de 1977. Pour moi, c'est bien à cette mère-là  qu'on a gentiment offert une fête !


manu


*************


Litanie pour les jours lucides

Unique dispensatrice - Pourvoyeuse de vie - Toi qui mesures les dons et qui règles la nourriture - Toi qui donnes ton amour - qui le reprends - qui le rends - qui le retires encore - Ton amour
est comme les vagues, il va et il vient, et nous ballotte dans l'incertitude - Il nous recouvre et nous noie - Et il nous jette sur le sable - Nous avons peur de le perdre, et peur de
l'avoir.
Seul refuge - Seule protection - Toi qui ouvres les bras si large qu'ils arrêtent la course - Toi qui nous as mis au monde, et nous gardes du monde, toi qui dis que le monde fait mal, blesse,
coupe, pique, mouille, brûle, mord, salit et souille - Toi qui inventes la peur - Toi qui apaises la peur - Toi qui inquiètes, toi qui rassures - Toi qui sèmes les cauchemars et récoltes les
larmes.
Toi qui nous gardes de ce qui n'est pas toi - Toi qui retiens dans ton sein, toi qui refuses le sein - Toi l'indispensable - Toi sans qui - Toi qui possèdes, toi qui veux - Toi mendiante d'amour
- Toi qui répand ton coeur généreux et qui présente la facture - Toi qui appelles aimer le besoin d'être aimé - Toi qui inverses le sens - Toi l'amour à l'envers.
Toi qui occupes toute la scène - Qui séduis sans concurrence - Toi qui interceptes les désirs, les fixes sur toi, et les ranges dans le creux des tiens, en conserves - Toi qui désincarnes.
Toi vase clos - Toi bouillon de culture à haute teneur en germes - Toi qui envoies des commandes que tu ignores - Toi qui transmets les ordres - Toi hypnose - Toi dont l'inconscient ordonne à
notre inconscient, à travers les générations : Tu ne jouiras pas. Tu souffriras.


 


 



melanie 07/06/2010 12:03



t'as oublié le paiment des heures sup!;-p


merci pour cet article!


melanie



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