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Élever son enfant autrement


Poser les limites respectueusement en dix points

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 9 Décembre 2011, 08:56am

Catégories : #Elever son enfant autrement

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Poser les limites  respectueusement de 18 mois à 6 ans en dix points :

 

Voici quelques techniques de survie à l’usage des parents qui veulent sortir de la répression éducative. Ce sont des pistes possibles, à vous de les faire évoluer, d’en trouver de nouvelles en adéquation avec vos choix familiaux.

1

Informez-vous sur le développement de l’enfant et ses besoins à chaque étape de sa vie. Vos règles seront ainsi adaptées à ses compétences. Et surtout observez-le, il vous en dira plus sur ses capacités que le meilleur des livres sur l’éducation.

 

2

Je vous propose une nouvelle définition du mot bêtise : nom féminin désignant une action inadaptée qui est généralement la conséquence d’un manque d’attention, le fruit d’une blessure ;  Peut aussi correspondre à une simple maladresse due au manque d'expérience de l'enfant. Cela modifiera peut-être votre regard sur les comportements que vous jugez inadaptés.

 

3

Faites de la prévention : annoncez-lui de quoi sera faite sa journée par exemple. Un grand nombre de problèmes surviennent parce que l’on n’a pas pris la peine d’informer notre enfant et qu’il se retrouve dans une situation nouvelle pour lui, parfois inquiétante, son comportement en est perturbé et il fait alors ce que l’on appelle des « bêtises ».

 

4

Faites  une liste de vos règles non négociables. Voici la mienne pour mes filles lorsqu'elles avaient entre 2 et 6 ans : Ne pas blesser des enfants, des adultes, des animaux, ne pas dégrader le matériel, le notre et celui d'autrui. Cela vous permettra de définir ce qui est vraiment important pour votre famille.

 

5

Posez des limites sans menaces, chantage affectif, culpabilisations,  punitions-récompenses, coups, requiert toute votre intelligence aimante, cela prend du temps et beaucoup d'énergie. Révisez vos attentes à la baisse si cela est possible. Avant d'exiger quoique ce soit de votre enfant posez-vous les questions suivantes : D'ou provient cette idée, est-ce une simple reproduction des règles que mes parents m'ont imposées ? Cela a-t-il du sens pour lui ? Essayez de penser chaque situation comme si elle était entièrement nouvelle. Je me rappelle d'une famille où les enfants avaient demandé à déplacer le portique de jardin dans le salon. La première réponse automatique des parents avait été : « non, ça ne se fait pas ! ». Par la suite ils ont réfléchi : leur salon  était immense, meublé avec du mobilier de récupération. Ils ont fini par se demander pourquoi ils refusaient cette demande, et ils ont accepté de déplacer le portique en hiver seulement.

6

Les actes que vous n'acceptez pas.

Il y aura toujours mille réponses créatives à mettre en place. De plus chaque situation constitue un cas particulier. Voici un exemple:

 

Votre enfant renverse systématiquement une bouteille de shampooing dans la baignoire :

Vous pourriez :

- Tout d'abord expliquer pourquoi vous n'êtes pas d'accord pour qu'il fasse cela, c'est un préalable indispensable, en même temps ne pas vous attendre à ce qu'il en tienne compte. Son besoin de vivre des expériences est très intense !

-         Ne plus ranger de bouteille sur le bord de la baignoire, c'est la solution la plus tranquillisante pour vous et pour lui.

-         Lui proposer un bain moussant avec bouteilles de shampooing vides à remplir et à vider, en faisant cela vous remplacez une activité par une autre.

-         Lui donner la possibilité d'utiliser le shampooing pour se laver lui même les cheveux ou laver les vôtres. Tout dépend de ce qu'il recherche dans le fait de vider une bouteille de shampooing : est-ce le contact avec le produit ? La mousse ? Le simple fait de vider un flacon ? Cela semble compliqué, mais à partir du moment où vous vous poserez la question vous trouverez la réponse en un temps record. 

Ayez confiance en lui. En quelques semaines cette question sera résolue, surtout si vous n'en faites pas un combat que vous savez vous affirmer avec souplesse, et clarté.

 

Dans les situations d'urgence : il s'apprête à traverser une route sans être accompagné, il va mordre ou frapper le fils d'une amie, etc. Vous pouvez contenir physiquement votre enfant, veillez à ce que vos gestes ne soient pas violents, prenez-le dans vos bras, il est possible qu'il vive un chagrin, ou une colère du fait de l'impuissance qu'il éprouve. Ecoutez les émotions qui s'expriment.

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7

Les petites habitudes de vie, vos traditions familiales

Deux exemples : les conventions sociales

Votre enfant apprend par imitation, alors pratiquez assidument l'habitude que vous souhaitez qu'il adopte. Votre petit veut plus que tout avoir un rôle au sein de sa famille, et être considéré. Il mettra quelques années avant d'adopter les conventions sociales de votre groupe de référence, c'est une question de temps. Les bambins autour de deux ans ont une passion pour l'imitation qui ne dure qu'un temps, ils jouent avec nos comportements dans le but de s'y entrainer, et passent rapidement à d'autres expériences. Cependant vos traditions familiales, celles auxquelles vous tenez le plus finissent par s'enraciner en lui, et vous le verrez peu à peu adopter les codes sociaux auxquels vous tenez, quels qu'ils soient.

Concernant les conventions voici la question que je me suis posée. Nous sommes courtois avec les personnes de notre cercle d'amis, nos relations, les individus que nous ne connaissons pas. Mais au sein de la famille ? Comment parlons-nous à notre partenaire ?

Et à nos enfants ? Notre bambin va d'abord imiter les comportements qu'il observe dans la famille. Qu'en pensez-vous ?

L'hygiène corporelle

Parmi les nombreuses préoccupations des parents, l'hygiène corporelle occupe une grande place. Nous luttons quelquefois beaucoup en fin de journée, alors que nos sommes épuisés par unejournée de travail à l'extérieur ou auprès des enfants. C'est dans ces conditions que nous tentons d'obtenir que nos petits prennent un bain. Et il arrive que ces derniers veuillent se soustraire à ce que nous considérons comme une nécessité.

Que faire ?

-         Abandonner le bain tous les soirs : C'est une possibilité à prendre très au sérieux. Certains parents attendent une semaine, d'autres vont plus loin. Il m'est arrivé d'attendre 21 jours avant de donner un bain à une de mes filles pour qui se laver était devenu inutile et stressant de surcroit. Croyez-moi il arrive une période dans la vie des jeunes où la salle de bain est inaccessible, ils en ont fait leur lieu de résidence, et on regretterait presque ces moments-là !

-         Faire de l'heure du bain un moment de plaisir, et de détente, avec massage, bain moussant, petites bougies à éteindre et à allumer.

-         Et si c'était un moment de partage ? Prenez le bain avec votre enfant, jouez ensemble, demandez lui de vous faire un shampooing par exemple.

-         Changer l'horaire du bain, nos tensions de fin de journée sont souvent contagieuses.

-         Chauffer la salle de bain de manière à ce que votre petit n'ait pas de sensations d'inconfort, au moment du déshabillage, mais aussi en sortant du bain.

-         Jouer avec lui à la poupée qui prend son bain, et soyez à l'écoute de ce qui peut se passer. Le jeu peut dénouer bien des situations angoissantes pour les bambins[1].

 

8

Observez-vous. Lorsque vous avez une réaction exagérée à propos d'un sujet, cela signifie  que vous avez été blessé enfant dans les mêmes circonstances. Posez-vous les questions suivantes : Comment se déroulaient les repas chez moi ? (par exemple) Ai-je été forcée à manger ? Le travail sur votre propre histoire apaisera profondément votre relation avec votre enfant.

 9

N'hésitez pas à dire non de façon claire et honnête, avec délicatesse, sans gêner votre enfant ou l'embarrasser publiquement. Après un « non », une déception plus ou moins grande se manifestera. Votre enfant sera triste ou en colère, il aura besoin d'être écouté à ce moment-là. C'est le fait de lui refuser cette écoute qui le blessera, bien plus que le non en lui-même. Respectez les non de vos enfants, ils ont aussi besoin de poser des limites à leurs parents, de leur faire savoir qu'ils existent en tant qu'individu.

 

10

Et...Dites « oui » le plus souvent possible sans culpabiliser. Oui à ses demandes, oui à ses explorations, oui à son être vivant et enthousiaste. L'acceptation produit  confiance, sécurité, et une vision positive de la vie.

11

Partagez avec d'autres parents au sein de groupe de soutien. C'est un grand soulagement de voir que les autres rencontrent  les mêmes difficultés que nous et trouvent des solutions créatives qu'ils sont prêts à partager.

12

Avant tout essayez de comprendre ce qui se passe en lui. Un enfant a toujours une excellente raison pour agir comme il le fait (ce qui ne signifie pas que nous devrions le laisser faire quoiqu'il fasse), il ne sait pas qu'il enfreint les règles. Il essaie de trouver des solutions pour lui-même. Ce travail nécessite beaucoup de réflexion, fait appel à notre intelligence et ne peut être remplacé par aucune méthode. C'est un des aspects les plus stimulants de l'art d'être parent.

 

Catherine Dumonteil Kremer, pour la revue "Grandir Autrement" que je vous recommande chaudement ;-)))

 

 

 

Et aujourd'hui j'ajoute :

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Partez du principe que votre enfant a les meilleures intentions du monde à votre égard.

 

 

 

 

 

Remettez en question tout ce que vous avez lu ci-dessus. Expérimentez, partagez avec d’autres parents, trouvez votre propre façon de faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1]    Voir à ce sujet « Jouons ensemble autrement » Catherine Dumonteil Kremer, éditions Laplage, 2007

Commenter cet article

nora 12/02/2015 08:08

Merci pour cet article, c'est apaisant....aujourd'hui j'ai dépassé le stade des 6 ans. Mes enfants ont 8, 10 et 13 ans....je me forme à la communication non violente pour me rapprocher plus chaque jour de mes relations de rêve en famille, en couple, en société. ...je suis en train de créer mon blog sur ce sujet, et aussi sur celui de l'intelligence émotionnelle.... je pense que c'est dans l'attention aux autres, à nos enfants, nos proches, et par notre manière de leur répondre que nous construisons notre qualité de vie. C'est un travail de tous les jours, un entraînement même, digne d'un sportif de haut niveau, à travers chaque situation qui se présente, pour offrir à l'autre sécurité, ouverture et empathie justes...
L'amour de mes enfants me pousse à me transformer, à sortir de mes conditionnements, à me renouveler pour découvrir que je peux toujours aller plus loin et être encore meilleure :)

jenny 29/10/2014 14:56

regarde

HAUBRY 28/05/2012 17:08


Bonjour,


Merci pour ces conseils, de bon sens certes, mais qui gagnent à être lus. Pour ma part, il m'est arrivé de hausser le ton avec mon enfant de 1 an car je pensais qu'il était temps de lui apprendre
"qui était le chef" mais je n'y mettais aucune conviction parce que je n'y croyais pas, tout simplement. Lire des articles traitant de la non-violence éducative m'ont permis de légitimer ce que
je pensais déjà, et je suis rassurée : je n'ai pas besoin de crier pour éduquer, c'est super!

Camille et Olivier 21/03/2012 12:54


Merci Catherine pour ces précieux conseil !!


Nous travaillons d'arrache pied le point 7, conscient que les changements positifs dans notre relation parents-enfants viennet bien souvent de la remise en question du parent : apprendre à
changer sois-même pour les faire changer.


 

La Tellectuelle 13/12/2011 08:58


Merci pour cet article que je découvre grace aux Vendredis Intellos (le lien a été posté sur leur pages FB).


Pour ma part, c'est le point 8 qu'il faut travailler actuellement, j'ai remarqué que je surréagissais extrêmement violemment dans un type de situation.

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