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La Parentalité Positive au quotidien

Articles, idées, astuces de la pionnière de la parentalité positive en France, Catherine Dumonteil Kremer

Qu'est-ce qu'on mange ?

 

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Besoin de manger, ça s’écoute aussi…

À chaque fois que je travaille avec des parents, je suis toujours surprise par leur attachement aux conventions alimentaires : repas à table, à heure fixe où les enfants ont le devoir de goûter à tout dans le but d’adopter un régime équilibré qui préservera leur santé.

Notre éducation

Nous avons été élevés ainsi, pas question d’écouter une sensation de faim qui se manifesterait avant l’heure. Il nous a fallu étouffer les messages de notre corps pour obéir aux conventions.

Avoir faim seulement aux heures où cela est permis. Manger est devenu pour nous un acte culturel. Nous avons peut-être souffert en tant que bébé de cette attente imposée, les tétées à heure fixe ont toujours des adeptes !

Pour résumer nous mangeons pour répondre à un conditionnement, plus vraiment par besoin.

Des sensations fines

Comment se manifestent les besoins alimentaires ? Idéalement un bébé sera allaité à la demande jusqu’à ce qu’il n’en manifeste plus le besoin. Il se saisira alors d’aliments sur la table familiale, il portera à sa bouche, goûtera et peut-être mangera ces aliments. Peu à peu il se familiarisera en toute sécurité avec ce qui constitue le menu familial, et il mangera selon ses besoins. Le parent est ici simplement pourvoyeur d’aliments sains.

Quand il se sent en sécurité, un bambin a des sensations très subtiles et fiables. il sait spontanément ce dont il a besoin. Sa vue et son odorat l’aident à sélectionner ce qu’il veut, il va vivre toute sorte d’expériences alimentaires quand on le laisse faire. Il sautera des repas, ou grignotera dans la journée, tout simplement parce que son estomac est petit, et qu’il ne peut manger à notre façon conventionnelle qui ne correspond pas à ses besoins.

Retrouver le sentiment de satiété

Combien d’adultes autour de nous ont-ils perdu cette sensation qui leur permettrait de réguler très naturellement leurs poids, ou ne parviennent pas à l’écouter quand elle se manifeste. Les enfants tout petits dont on n’a pas essayé de modifier le trajet de besoin, l’ont naturellement. Ils s’arrêtent de manger quand ils n’ont plus faim, ils mangent lorsqu’ils ont faim. Cela constitue en soi un petit miracle. L’équilibre alimentaire peut se trouver au fond de soi, dans l’écoute des messages de notre corps.

Plus de « Finis ton assiette »

Faire taire les voix venues de l’enfance, c’est ce qu’il y a de plus complexe !

« Finis ton assiette », « Quand on pense à tous ces enfants qui meurent de fin, on n’a pas le droit de gaspiller », « Si tu ne finis pas ton plat, tu n’auras pas de dessert », « tu vas manger à la fin ! », « tu ferais bien de faire attention, tu as pris trop de poids », « Tu n’en reprends pas, tu n’aimes pas ce que j’ai préparé spécialement pour toi ? », « mange pour me faire plaisir » etc. C’est une vraie révolution pour la plupart d’entre nous de lâcher prise sur la question de la nutrition. Quand on y réfléchit un peu, c’est très naturel, depuis la naissance nous avons été élevés avec une horloge comme guide. Ce conditionnement est très profondément enraciné en nous.

Travailler sur soi

Mais… la bonne nouvelle c’est que nous pouvons en profiter pour travailler sur la question alimentaire. Réapprendre à écouter notre corps et ses besoins. Redevenir sensible à la faim et à la satiété. Pour cela deux pistes :

Revenir à l’ambiance qui régnait pendant les repas chez nous, comment était-ce ?

Tenir un journal de bord alimentaire. Avant chaque prise d’aliment notez comment on se sent, quelles sont les émotions présentes, puis manger simplement ce qui nous attire sans se juger. Cette idée peut vraiment modifier nos comportements alimentaires compulsifs.

Voilà encore un domaine où nos enfants peuvent être inspirants pour nous !

Bonne chance…

Catherine Dumonteil Kremer

    Idée trouvée dans  « Maigrir sans régime » de Zermati, édition Odile Jacob poche, 2004

      lire aussi « Dictature des régimes attention » de Zermati et Apfeldorfer, édition Odile Jacob, 2006

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Mamko 25/06/2013 09:58


Perso, ce qui m'a aidé à lâcher prise sur ce sujet si sensible, c'est le livre "Mon enfant ne mange pas" de Carlos Gonzalez. Une pépite, très déculpabilisante.

Julie 18/02/2012 00:15


C'est exactement l'un des conseils que donne Lise Bourbeau dans son livre "Écoute et mange ; stop au contrôle !"

bruno doutremer 13/02/2012 19:16


Et après, il faut réapprendre comme vous le démontrer si bien.



claire 03/02/2012 10:28


Chez nous le repas est un rendez vous familial ! Il y en a d'autres, mais celui ci est automatique et régulier. Ce moment nous permet de partager tout un tas de choses, des anecdotes, des
questions qui nous taraudent, des blagues à raconter, etc. C'est un moment de grand bonheur pour nous 6 ! Même Emmie, 10 mois, ne veut plus manger sans nous, nous essayons donc avancé notre repas
pour manger avec elle  ! Certains soirs chacun mange ce qu'il veut, quand il veut. Mais ce qui rend cette pratique si excitante c'est bien qu'elle est
exceptionnelle. Si elle était quotidienne, elle deviendrait ennuyeuse et bien triste.   


A table chacun envisage sa faim en ne remplissant son assiette que de la quantité souhaitée. Mais toujours un peu de tout. Il est important pour nous que tous goutent tous les aliments préparés
(le repas est préparé par plusieurs membres de la familles). Ce qui nous permet ensuite d'exprimer ce que cet aliment nous fait, c'est piquant, c'est âpre, c'est sucré ... j'aime pas trop,
j'adore ...


Donc nous sommes pour les repas à "heures fixes" (entre 19h et 21h) et nous sommes pour le partage d'expérience des goût et des couleurs ! 

Aurélie 03/02/2012 09:16


J'ai découvert le livre du Dr Zermati il y a une dizaine d'années, sans jamais réussir à mettre en application ces principes de bon sens avec lesquels j'étais d'accord. Paradoxalement, c'est en
lisant un livre autobiographique sur l'anorexie que j'ai eu le déclic. L'auteur à la fin du livre, alors qu'elle est hospitalisée entre la vie et la mort, a toujours du mal à se voir maigre. Là,
j'ai pris moi-même conscience que je me voyais toujours mince ! malgré la balance, malgré le miroir, malgré le regard des autres. Si j'étais en surpoids c'était non seulement parce qu'on m'avait
gavé dans mon enfance, mais aussi parce qu'on m'avait en même temps conditionnée avec des "qu'est-ce que tu es maigre! " , " tu es plate comme une affiche ! " ... J'ai fini par l'adopter comme un
trait de caractère ! Aujourd'hui, j'arrive beaucoup mieux à ressentir la satiété (avec ce seul principe j'ai perdu 10 kg sans régime). J'essayes de ne pas gaver mes enfants, mais certains jours
les vieux reflexes reviennent et quelquefois (pour rebondir sur un message précédent) le regard des autres est difficile à soutenir. En jetant la nourriture qui reste dans l'assiette d'un enfant
je sens le regard accusateur de certains proches !


Merci de nous accompagner sur ce chemin !

Ninou 03/02/2012 00:07


Merci pour cette article mais j'aimerais vos lumieres sur un points. J'ai moi même était forcer à mangé dans mon enfance. j'ai alors dévelopé des trouble de l'alimentation qui sont maintenant
terminé. Lorsque ma fille est née j'ai naturellement laissé ma fille fair se qu'elle voulait de se côté là. Je ne veux pas qu'elle vive la même chose que moi. C'est une enfant (28 mois) qui comme
moi ne mange pas énormement. Le hic c'est que si je l'écoute vraiment elle ne mangerais que du chocolat... J'ai tenter de lui en donné avant le repas comme elle le demandé en me disant qu'elle
mangerais le reste mais queudale!! Alors je suis bien pertdu sur le sujet.


Des avis? des conseils?  

Déborah 02/02/2012 21:58


Et bien je suis justement en train d'apprendre à écouter mes sensations gustatives, faim, satiété, je découvre que je ne sais pas ce que veux dire être rassasié :) 


et j'allaite à la demande sans le soucier du nombre de repas de mon bébé de 10 mois, je suis très attentive à ce que ma fille de 4 ans mange parce qu'elle a faim et qu'elle y prenne du plaisir et
qu'elle puisse s'arrêter quand elle n'a plus faim.


je retombe en enfance :)

Perrine Farenc 02/02/2012 16:02


Merci pour ce magnifique billet! Je suis moi-même arrivée à la psychothérapie suite à une perte totale de repères par rapport à mon alimentation, mon poids, et à une culpabilité généralisée et je
commence à émerger de ce marais! J'espère éviter tout cela à mon fils que nous laissons aussi librte que possible avec les aliments (pour l'instant il est de toute manière essentiellement
allaité, à quinze mois). Merci, encore merci!

Jennifer 02/02/2012 15:53


MERCI! Un énorme MERCI!


Vraiment... Votre billet a fait ressurgir en moins tellement de choses... d'échos du passé... et tellement de conditionnements que j'essaie de combattre! Mais c'est tellement difficile toute
seule!


Bref, merci... Cela m'a fait plaisir à lire! ^^

Arnaud Cauchois 02/02/2012 10:49


:) ça fait plaisir à "entendre" ailleurs que chez soi, je suis diététicien en hospitalier et je travaille en pédiatrie à partir des méthodes bio-psycho-sensorielles dont parlent Messieurs Zermati
et Apfeldorfer. Avec là tout une croyance à déconstruire, celle que le problème est chez l'enfant alors que non le problème vient de l'environnement familial, éducatif, sociétal. Ce
qu'a compris la Professeur Moria GOLAN (http://www.gros.org/sites/default/files/attachments/grosinfo_ndeg5_octobre_2011.pdf)
en prenant en charge non pas l'enfant en surpoids mais la famille au sens le plus large possible. Alors qu'en France nos actions ciblent l'enfant en imaginant que ce dernier puisse faire changer
la famille en devenant le bon modèle à suivre.
Merci de tout ce bon sens,
Pour ma petite de 7 mois qui voulait à tout prix prendre mon bol de café ce matin j'attendrais encore un peu et je garde en tête qu'inviter l'enfant très jeune à prendre part au repas familial
(et non pas lui donner à manger avant les grands) lui offre un terrain de jeu exceptionnel pour se créer une identité alimentaire.
Merci de tout ce bon sens,
Arnaud