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La Parentalité Positive au quotidien

Articles, idées, astuces de la pionnière de la parentalité positive en France, Catherine Dumonteil Kremer

Quand la menace ne s'exécute pas :-)

http://ecolesdifferentes.info/faujourdroitsenfant.jpg

« Si tu ne  mets pas ton pyjama, je ne te lirais pas d’histoire ce soir » vocifère cette mère à bout de force. Vous connaissez peut-être la suite, l’enfant ne « se soumet pas » mais il aura quand même son histoire ! Vous rendez-vous compte ? La menace qui pesait ne s’est pas exécutée au grand dam de nombreux spécialistes ! La grande majorité d’entre eux juge qu’ il serait hérétique de  promettre une punition et de ne pas la mettre en œuvre.

Nombreux sont les parents qui culpabilisent à cette idée d’ailleurs : « je le menace mais je ne fais jamais rien, en fin de compte, je me demande ce qu’il apprend d’une pareille attitude ! », encore une occasion de se frapper la poitrine pour nous les parents, de se dire que nous ne faisons pas ce qu’il faudrait faire. Une fois de plus, nous sommes accusés d’avoir une attitude équivoque, voire laxiste, d’être à la source de tous les maux de la société actuelle qui aurait bien besoin de rigueur, d’autorité ! En ces périodes de campagne électorale je vois peu de candidats qui n’aient pas évoqué ce thème, et les solutions envisagées sont plutôt inquiétantes pour l’avenir. Il est d’autant plus important d’avoir un regard clair sur l’accompagnement que nous donnons à nos enfants.

Mon expérience m’amène à penser que les parents utilisent souvent la punition comme une alternative à la fessée, or elle constitue également une blessure pour l’enfant qui apprend dés lors seulement à l’éviter. Nous en reparlerons un peu plus en détail dans une autre chronique.

Que se passe-t-il lorsque cette punition s’évapore comme par enchantement ? Le parent se sent mal à l’aise à l’idée de blesser son enfant, et il renonce alors à la correction. C’est une manifestation positive, il fait alors preuve de compréhension.

Qu’en retire sa progéniture ? Que l’objectif de ses parents n’est pas de lui faire mal, mais plutôt de le protéger. Pourtant il sera parfois tendu, si cette menace pèse de façon systématique sur ses épaules. 

Elle s’exprime le plus fréquemment lorsque nous sommes fatigués, perdus, que nous nous sentons impuissants à faire entendre nos limites.

Certains parents en usent très fréquemment, le « 1,2,3 » que nous avons quelquefois entendu dans notre enfance fait partie de l’arsenal éducatif quotidien.  La menace est pourtant tout aussi inutile que la punition, et nous pouvons nous en passer pour apprendre le monde à nos enfants. Ce sera un peu l’objet de cette chronique que de vous soutenir dans un accompagnement respectueux de vos enfants, sans pour autant oublier cette clé essentielle : Vous avez été un enfant vous aussi. Et peut-être vous souvenez-vous de vos sentiments, de vos joies et de vos colères, des grandes peines traversées, etc…

Me retourner et regarder en face ma vie d’enfant m’a beaucoup aidé à voir de mieux en mieux ce qui est inacceptable pour un petit être humain.

Je vous propose un petit bout de route ensemble, si cela vous tente. L’aventure est parfois douloureuse, mais elle est toujours passionnante !

Alors en route !

Catherine Dumonteil-Kremer


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Jennifer 22/01/2012 06:43


Bonjour,


Encore un billet réconfortant... Il m'arrive en effet, lorsque je ne sais plus quoi faire de menacer et si possible d'éviter de mettre en pratique (même s'il arrive bien entendu que je sois
obligée d'aller au bout pour obtenir gain de cause)... Et là en écrivant, je me rends compte des erreurs que nous commettons parfois en pensant agir dans l'intérêt de l'enfant, alors qu'il s'agit
de notre intérêt, de notre bien être...


Je suis parfois fatiguée, d'être seule, d'avoir l'impression que je ne fais pas bien parce que tout le monde autour de moi me dit que je ne suis pas assez sévère, que je vais me faire bouffer,
que mes enfants seront mal élevés et que c'est normal de punir et de donner des fessées pour que les enfants apprennent à vivre en société!


Là est tout le problème... la société qui nous bride, qui nous étouffe pour que nous acceptions ce que les gouvernements veulent nous imposer... Bref, j'aimerais tellement que mon mari déjà
puisse ouvrir les yeux, me soutenir et enfin croire en ce que je lui raconte! (J'ai lu "élever son enfant autrement, vers un nouveau maternage" et par moment j'en ai pleuré!). Je lis beaucoup de
livres sur la communication non violente, mais bizarrement mon mari qui me dit être demandeur, refuse de les lire, et ne m'écoute pas... Alors, à la maison, c'est toujours un peu cahotique quand
maman fait comme ci et papa comme ça... Pas évident d'être d'accord, mais j'en ai marre d'avoir l'impression que mes enfants n'ont pas le droit de vivre et de découvrir le monde comme ils
aimeraient le faire (tant qu'ils ne se mettent pas en danger bien entendu!).


Bref, merci... Pour le soutien que ce site représente pour moi... dans mon combat quotidien contre la société, la famille, mon conjoint, mes enfants, et parfois même moi même!

Marie 20/01/2012 18:06


Les menaces font parti de notre quotidien ici.


Dans certaines situations elles sont appliquées : 10 minutes que je rabache d'eteindre la TV (=mettre en pause le dvd) pour venir à table.... la menace arrive, "si vous ne venez pas je coupe tout
et vous ne regarderez pas la suite" donc soit ca marche, soit non, dans ce cas, je suis bien enervée, je coupe tout, je supporte leur hurlement,et j'hurle plus fort pour rappeler les règles et
tous le monde va à table, et on parle d'autres choses. Et apres le repas : pas de dvd; Et je n'ai pas de remord, pas de culpabilité ! quant à eux, ils sont déjà passé à autre chose....


Parfois je ne met pas à exécution, parce que je me rend compte que c'est moi qui ne suis pas dispo, ou qui veut imposer une regle qui n'est pas adaptée à la situation....


Et parfois c'est injuste pour eux, mais moi je suis humaine aussi et j'ai des besoins, compréhensible par des adultes et pas toujours par des enfants.


Et culpabiliser, au bout d'un certain temps cela me fatigue et depuis que je me dis d'arreter, de bien me mettre dans la tete que  je ne suis pas parfaite et que mes enfants vont le
decouvrir, ils me detesteront, tant pis, car c'est cela la vie...


 

hervé 20/01/2012 16:05


Bonjour,


Je suis papa d'un petit garçon de 9 mois; je suis également animateur professionel travaillant quotidiennement dans une pédagogie, qui se rapproche des pédagogies institutionnelles, freinet, etc.


L'année 2011 a été pour moi, une année extraordinaire avec l'arrivée de mon ptit coeur mais aussi avec l'aboutissement d'une formation pro.


Pourquoi je vous parle de tout ça? Bonne question...


En fait, avec mon amie, nous lisons beaucoup d'articles sur internet, de magazines (grandir autrement par ex.) et de livres de vous, Aletha solter, alice miller, jean philippe faure, philippe
meirieu, Carlos gonzales... Résultat??? Combiné à ma formation qui provoque beaucoup de questions, mes lectures me font remettre en cause pas mal de mes acquis pédagogiques et éducatifs.


Une de mes remises en question principales du moment tourne autour de la sanction. Plusieurs de vos articles parlent des méfaits de la fessée, des punitions, des violences éducatives
"ordinaires". Je suis complètement d'accord et je n'ai de cesse de militer contre cela dans mon quotidien.


Mais, je ne parviens pas à comprendre si vous faites la distinction entre la punition et la sanction dite "éducative". La punition est humiliante et destructitrice, sans nul doute; mais que
pensez-vous d'une sanction adaptée, non humiliante qui vise à réintégrer l'auteur de l'acte répréhensible, à responsabiliser ("je comprends la portée de mes actes et je peux donc choisir de
recommencer ou pas"), ...


J'étais sur de moi mais toutes mes lectures me font douter du bienfondé de la sanction même éducative: Quel intérêt que les enfants de mon groupe respecte leurs camarades s'ils ne font que pour
éviter une sanction? Mais d'un autre côté n'est-il pas responsabilisant et primordiale d'assumer les conséquences de ses actes?


En voilà de mes réflexions sur le sujet; désolé si ce post est très long.


rv

Mande 20/01/2012 13:28


Un grand oui pour faire un bout de route avec vous, j'ai lu quelques uns de vos livres qui m'ont beaucoup apportés, j'avais hâte de vous voir à nouveau écrire sur votre blog...Merci !

Emilie 20/01/2012 13:15


Bonjour,


à la maison, fini les fessés et autres car je me suis aperçu que ça n'apportait rien et surtout que mes garçons n'écoutaient pas plus. Par contre, le 1,2,3 et la menace fonctionne très bien. Je
me suis aperçu que je menaçais de punitions ou confiscations de certaines choses sans mettre à exécutions que mes garçons n'écoutaient toujours pas. Je suis passé à l'exécution des menaces et
maintenant ils écoutent beaucoup mieux. car jusque là, ils me disaient que c'étaient eux qui commandaient à la maison et pas nous, les parents. Maintenant quand je leur dis si vous continuez à
vous disputer le jouet , je le confisque, ils arretent de se disputer et apprennent à partager. Pour mes enfants, le fait d'avoir mis à exécution mes menaces leur a permis de comprendre qu'ils ne
pouvaient pas tout faire, ça leur a mis des barrières et je leur explique toujours le pourquoi de la sanction (pour leur sécurité, le respect de l'autre, le respect des choses,....). C'est peut
être pas une bonne méthode mais pour mes deux garçons, pour l'instant c'est la seule chose qui fonctionnent pour qu'ils écoutent.

laurence 20/01/2012 12:11


Bonjour,


Cela fait peu de temps que je vous ai découverte (bizarre comme expression quand même!) et chaucun de vos billets me parlent tellement.


Celui d'aujourd'hui, encore une fois en plein dans le mille.


Les claques et fessées, je refuse, mais oui, le "1,2,3" et le "si tu ne ...." , je pratique. D'ailleurs je devais le mettre au centre aéré mercredi apres-midi la semaine prochaine au lieu de
rester avec lui, car cela fait plusieurs mercredis que l'apres-midi tourne au conflit et je l'ai donc menacé de le metter au centre aéré s'il n'écoutait pas. A force de lui dire, il faut bien que
je le fasse, me suis-je dit. Alors là, finalement, je ne suis plus sûre. C'est vrai que c'est toujours à des moments où nous aussi, nous sommes fatigués, énervés ou stréssés, mais je trouve pas
de solution.Alors j'attends la suite avec impatience.


Merci de nous aider dans notre rôle de parents.


Laurence


 


 


 

Cath 20/01/2012 11:48


Merci pour ce billet. Chez nous ni claques ni fessées ni coin mais par contre parfois des "Si tu ne fais pas ça, tu n'auras pas ça". Et c vrai q c'est souvent quand on est énervé ou fatigué.
Quand je me pose après je me dis que c'est ridicule et en même temps parfois je suis perdue et je ne sais pas comment agir face à mon fils et quoi faire. Je vais donc suivre attentivement la
suite de ce billet.

catherine 20/01/2012 10:38


Oh ! Merci de me déculpabiliser en tant que Maman !


Je me faisais hier soir la réflexion en essayant de faire dormir mon deuxième loustic de presque trois ans, que j'avais beaucoup "grandi" depuis mon premier enfant. Hier soir, la fatigue et le
stress aidant, la tentation de la fessée n'était pourtant que des mots, elle n'était même pas quelque chose de concret, de réalisable, c'est totalement sorti de mon comportement maintenant. Du
moins au niveau de mon corps, et comme je réfléchissais à ce que donner une fessée m'apporterait, j'ai réalisé qu'elle n'apporterait rien, ni soulagement, ni solution, ni pour moi, ni pour lui.


Du coup, et un peu plus ce matin après avoir lu votre chronique, je me dis qu'effectivement, la menace n'est pas plus efficace que l'acte de violence. J'y ai encore recours (au "123", au "si tu
ne fais pas ça tu n'auras pas...", etc), je ne l'applique que très peu c'est pourquoi d'aucuns me disent que je ne suis pas fiable, que je ne sais pas poser mes limites... Ces critiques négatives
viennent toujours de ceux qui ont été nos parents, les grands-parent de mes enfants, s'en suit alors une énorme culpabilité, une sensation de ne pas savoir faire, alors que eux, comme ils étaient
forts et doués puisqu'ils l'ont fait !


Mais, en fait, je suis dans le changement puisque j'ai presque "banni" claques et fessés de ma maison ; poursuivant mon chemin, je suis en train de réaliser que la menace n'est pas une solution
(car ça ne marche que très rarement, et que, finalement, les fois où ça marche, c'est peut-être tout simplement parce que j'ai été calme et que j'ai bien expliqué ce que je voulais). Je suis dans
le changement, j'y arriverai à sortir de ces carcants éducatifs ! Il y a de l'espoir.


Merci encore pour tous vos articles, ingrédients qui favorisent mes reflexions de parent... Merci de m'aider à poser des dialogues avec mes enfants, de m'aider à agir différemment,
respectueusement. Votre blog m'apporte beaucoup personnellement. Et depuis hier, j'ai l'idée que le Chahut peut/va être une alternative ;-) !

Julie 20/01/2012 10:16


Bonjour Catherine,


Juste un petit mot pour vous dire MERCI pr ces billets qui font du bien....!!
Merci pr vos écrits, je vous ai découvert il y a peu mais je lis et relis et rererererelis "élever son enfant autrement", un véritable antidépresseur !!! J'ai un pt garçon de 11mois qui pointe du
doigt tous les fantomes restés dans le placard !! Pourtant je travaille sur moi depuis de nombreuses années déjà, mais Quelle aventure l'arrivé d'un bébé.... !!!!! Sensible à votre démarche et points de vue je le suis d'autant plus que je suis aussi enseignante et qu'il est bien
difficile de faire bouger les choses ... chacune de mes collègues et moi, essayons tant bien que mal de limiter les dégâts mais je partage l'avis de Ph. Meirieux, nous n'arriverons à rien sans
projet humaniste commun et ambitieux... avec une réforme totale du système, qui, je pense, est de plus en plus malade...


MERCI pour votre travail, qui me permet d'avancer encore un peu plus aussi bien dans mon rôle de maman que dans mon rôle d'instit, qui va de paire !!


MERCI pr ces mots qui remontent le moral qd on se retrouve démunis, et un peu seul contre tous !!!! ça fait du bien, ça redonne le courage de continuer !!!


Bonne continuation, Merci encore et au plaisir d'avancer en vous lisant !


Julie