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Élever son enfant autrement


Sommeil et manipulation, Parents Conscients extraits

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 24 Septembre 2010, 17:55pm

Catégories : #Elever son enfant autrement

En introduction à ce mail que j'ai écrit pour la liste en 2005, j'aimerais dire que l'accusation de manipulation à l'égard d'un bébé est extrêmement sournoise dans ces effets.
Une parole insinuant que notre bébé (ou quiconque du reste) nous manipule et nous sommes alors tentés de voir absolument tous ses comportements au travers du filtre de la manipulation.
Pour reprendre ce que disait Marjorie, un pédiatre qui ferait de tels commentaires sur mon bébé n'aurait pas ma confiance... Un bébé ne manipule JAMAIS ses parents il tente parfois désespérément de combler ses besoins vitaux...
Ce mail parle à la fois de cette question mais aussi de celle épineuse du sommeil, bonne lecture !

 

"Cela fait plusieurs jours que je me dis que je vais répondre sur ce thème, mais le temps me manque parfois.
La question du sommeil a été cruciale pour moi avec trois enfants, dont deux de 16 mois d'écarts, j'avais le sentiment d'être toujours sur la brèche ! C'est même à l'occasion de ces premières années que je suis devenue diurne et couche tôt, alors que j'étais vraiment couche très tard ! Mon rythme a changé pour cadrer avec mes besoins de sommeil je pense.
J'en manquais beaucoup, même en dormant avec mes enfants, et pourtant le co sleeping est quand même apparu comme une méthode de survie, et aussi comme un moyen de répondre aux besoins de proximité permanents de mes petits.
Je n'ai pas dormi avec mon premier enfant, et je le regrette bien sincèrement, je crois que je vivais avec l'idée que rien ne changerait dans ma vie après sa naissance et j'essayais de faire en sorte que son emploi du temps cadre avec le mien plutôt que l'inverse. Il aurait pourtant été logique que je considère que ses besoins ne pouvaient être différés.
Mais je vivais aussi avec cette curieuse idée que ma fille me manipulait, que ses besoins de contact n'étaient pas légitimes.
D'ailleurs, je me rappelle très bien ma mère entendant Agathe pleurer, s'inquiétant à l'idée qu'elle ait faim ou soif, et revenant avec ma petite dans ses bras en me disant " tu vois, ce n'est rien, elle veut les bras, elle est quand même coquine !"
Et elle la recouchait aussitôt. Les bras, le contact, n'étaient pas considérés comme un vrai besoin, mais comme un caprice ! C'est terrible quand j' y pense...
Le contact est pourtant vital pour un bébé, et il va essayer de se débrouiller pour avoir sa dose malgré son manque d'expérience, sa fragilité, il est dépendant et sans défense, quand il crie ses besoins de son berceau, on peut l'ignorer, on ne risque rien, c'est bien plus simple de gérer un bébé qu'un bambin n'est-ce pas ? Il ne se déplace pas, ne se roule pas par terre, il crie son désespoir c'est tout.
Imaginez que vous ayez très très soif, et que les adultes autour de vous ne vous donnent pas à boire : " ce n'est pas l'heure, ou tu bois trop, je suis fatiguée de te donner à boire"
bref, vous êtes assoiffés et il n'y a personne pour vous donner à boire. C'est une véritable torture !
Imaginez vous vivre cela en tant qu'adulte... Vous remarquez qu'un simple sourire de votre part et vous obtenez un verre d'eau. A la prochaine situation de manque, vous essaierez de ne pas revivre cette traversée du désert, vous sourirez à la minute où vous aurez soif ! On vous accusera probablement de manipulation, et vous devrez chercher un autre moyen de combler vos besoins.
Il n'y a pas meilleur système pour rendre les personnes humaines complètement folles.
Avec les nuits ce que j'ai trouvé très difficile c'est cet espèce d'épuisement permanent.
Quand l'une dormait l'autre se réveillait, parfois Agathe était malade et elle me réclamait la nuit, même si c'était très rare, ça venait s'ajouter aux réveils de Coline et Claire.
J'ai trouvé des petites idées, je dormais dès qu'elles dormaient (plus facile à mettre en oeuvre avec un bébé qu'avec deux bébés), j'étais tendre avec moi même, je ne faisais pas grand chose d'autre qu'aller voir mes amies, (ce qui me ressourçait) m'occuper d'Agathe (on était en pleine période de nonsco), jouer de la flûte,  dormir et manger lol. Pas de ménage, pas de projets éreintant, j'ai ralenti mon rythme.
Plus de relations sexuelles la nuit, le soir à partir de 20h30 je n'étais plus bonne à rien, alors on s'organisait en journée.
J'ai pris l'habitude de ne jamais coucher mes enfants, on dort ensemble, on va se coucher ensemble, pour les besoins de sommeil dans la journée, ils dormaient à peu près n'importe ou, j'avais aussi remarqué que le moindre changement de lieux et mes enfants dormaient moins bien, quand je partais trois jours quelque part par exemple, alors quand j'étais au bout du rouleau j'évitais les voyages.
J'ai aussi entendu parler de Marie thirion et de son bouquin sur le sommeil, certains parents disaient qu'elle leur avait sauvé la vie ! Je n'ai jamais pu avoir l'avis du bébé, mais ce que je peux dire chez les ados que je connais, c'est qu'il y en a beaucoup qui refuse d'aller se coucher, et qui tombent de sommeil, qui ne savent pas être à l'écoute de leur signaux corporels.
Crainte d'aller se coucher enracinée dans cette période ? Je le crois en tout cas.
Ce qui est certain c'est que mes propres besoins d'enfant non comblés ne m'ont pas aidé, ils ont décuplé mon épuisement.
Mes parents m'ont laissé pleurer trois mois seule dans le noir, et au moment de donner de l'attention la nuit, je me sentais vraiment tiraillée, comme s'il était inscrit que je ne devais pas le faire...
Ce que je peux dire c'est que tout ce qui peut favoriser l'attachement est très bon à vivre pour nous et nos enfants.
C'est sur la relation que nous construisons avec nos enfants que reposent l'accompagnement que nous allons vivre ensemble, tout ce qui favorise notre relation à nos enfants, ce qui développe la confiance qu'ils ont  en nous, est essentiel.
Comment pourrions nous soutenir notre enfant s'il n'a pas confiance en nous ? Penser à long terme m'a aidé plus d'une fois, l'éducation c'est un ensemble de gestes quotidiens, et tout est important !
J'ai acheté récemment un livre sur le sommeil "Un sommeil paisible et sans pleurs" d'ELISABETH Panthley.
Il a quand même l'air plus humain que les autres, mais l'aspect manipulation pour faire dormir est quand même fort.
(selon moi).
Maintenant je pense que les parents débordés, épuisés, au bord de la séparation pourront y trouver quelques idées.
Sinon il y a les livres de Nathalie ROQUES sur le sommeil, un petit pratique jouvence de Claude didierjean sur le cododo, et toujours le livre du docteur Sears "Parent le jour, la nuit aussi" (c'est tellement juste) édité par la leche league, j'ai également beaucoup parlé de cette question dans "Elever son enfant autrement".
Pour finir quand on arrive (même si ce n'est pas chose facile) à combler les besoins de nos touts petits, ils engrangent de la sécurité et de l'amour pour plus tard, pour leur vie entière.
C'est un investissement coûteux en énergie, surtout pour nous qui n'avons pas reçu cela de la part de nos parents, mais rentable sur plusieurs générations.
Bon courage aux parents qui dorment peu ! Ce temps-là s'effiloche, et ne dure pas, d'autant plus lorsqu'on a pas lutté, fait la guerre à ses enfants. Compliqué, mais efficace.

 

 

Catherine Dumonteil Kremer

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Ayala 01/10/2010 12:01



Je regrette beaucoup de ne pas avoir assez dormi avec mes filles. Vraiment, c'est un des regrets de ma vie. Je me rattrape lorsque l'on va camper et que l'on est tous ensemble sous la tente, côte
à côte. C'est un vrai bonheur pour moi. Parfois ma plus jeune me demande de venir dormir avec moi quand son père n'est pas là pour la nuit. J'accepte toujours car ça me fait plaisir. Je crains
que l'aînée ne me demande plus cela. Pourtant, j'aimerais bien.


Je ne connaissais pas le cododo quand j'ai élévé mes bébés et je n'ai pas suivi mon instinct. Chez moi, c'était en fait mon mari qui était super contre, dans la mesure où il estimait que notre
lit était le lit du couple un point c'est tout. Il y acceptait les enfants occasionnellement. Il voulait que je sois à côté de lui, en tant qu'amante. Pourtant, inutile de dire que quand mes
filles étaient petites je n'ai pas été une très bonne amante. Sincèrement j'aurais mieux fait de bien profiter avec mes bébés que de partager un lit avec l'amant que je délaissais par manque
d'énergie.


Ma plus jeune voit une psychologue qui lui dit que le lit des parents lui est interdit parce que c'est le lit des parents. Elle a parfois peur la nuit et vient nous trouver. Moi je lui offre la
chaleur du câlin dans notre lit, et en de rares occasions elle reste dormir avec l'un de nous tandis que l'autre change de lit. Mais souvent elle me dit "je ne peux pas rester avec toi parce que
la psychologue dit que je n'ai pas le droit" Je suis contre cet avis et je lui ai dit. Je lui dit que le plus important est de se sentir bien et de dormir.


Par moments j'en avais assez de ce sacro saint "lit du couple" qui finalement devenait comme un passage obligé et non pas un lieu de repos serein.


Voilà pour mon expérience. Maintenant, si elles hésitent ou se posent des questions, je recommande à 100 % le cododo à mes amies qui ont des bébés ! Mon expérience sert au moins à cela !


Bonne journée


 



Catherine Dumonteil Kremer 02/10/2010 08:37



Beaucoup de choses se rattrapent, merci de l'avoir écrit !!!


Bonne journée à vous



angelique 27/09/2010 21:49



tout simplement: merci



Catherine Dumonteil Kremer 02/10/2010 08:43



:-)))



Barbara Thévenot 27/09/2010 10:16



Merci Catherine pour ce beau texte! J'y trouve un message de réconfort et d'encouragement !! Je pratique le cododo depuis la naissance de Nicolas (3,5 ans) et il dort encore dans la même chambre
mais sur son matelas à lui, et Paï ma petite puce de 15 mois qui dort sur le lit accolé au nôtre (selui de leur père et moi). Oui tout est à organiser, à repenser autrement, mais ma motivation
est qu'ils grandissent bien et plein d'estime d'eux même, autonome, confiant en eux en leurs vies et l'autre jour, un homme la cinquantaine, m'a arrêté dans la rue et ma demandé ce que je faisais
de particulier avec mes enfants (mon fils en particulier). Il m'a dit: "Votre fils parait très jeune, et pourtant il se comporte comme un vrai petit homme. Il dégage quelque chose de particulier
.. et en plus il reste à côté de vous, là dans cette rue, à côté de cette rue dangereuse sans que vous ne soyez obligée de le tirer par la main ... il a l'air si responsable ... et pourtant ...
il est encore si petit ?! ... qu'est-ce que vous faites ?"
Je n'ai pas été capable de répondre "correctement" si je puis dire.. j'ai tellement été surprise de sa remarque de sa question, que j'ai bredouillé un merci et qu'il y avait plein de choses qui
je pense faisait que Nicolas (3,5 ans) soit déjà "si" responsable !
Eh oui, le cododo, le portage, l'écoute active, l'hygiène naturelle, l'allaitement, le respect et  la confiance en ses capacités de petit d'homme ("Le concept du Continuum" de Jean
Liedloff fut une véritable source de motivation aussi pour moi)
Mais peu .. trèèss peu de gens, comprennent ce que je fais avec mes enfants et je rencontre bien plus de critiques que d'encouragement. Heureusement, beaucoup de ces mêmes personnes voient
Nicolas grandir et le trouve super mais aussi, ils l'admettent "différent" et tellement attachant et intéressant.
Comme dit mon homme: "Nos enfants ne sont pas "bridés""
Eh oui... beaucoup d'investissements aujourd'hui ... mais rien comparé au bien être, à l'estime de soi, leur confiance en eux  qui se développent jour après jour ...
Bien sûr nous ne sommes pas parfaits, mais ce sera toujours bien mieux que d'avoir suivi le même maternage et éducation que ce que nous avons reçus !!
Alors à toutes les mamants et à tous les Papas ... vive nos chérubins !! Oui ce sont de vrais petits anges qui ne demandent que de nous ressembler et de gagner leur place dans notre société
d'hommes !


Bisous à tous !! et merci Catherine du fond du coeur pour ton article !!!

Barbara JEff Nicolas et Paï



Catherine Dumonteil Kremer 02/10/2010 08:44



Génial !


Vive les encouragements !



blandine 25/09/2010 15:46



Bonjour


Je voulais juste rebondir sur votre post . J'ai culpabilisé pour mon premier enfant de le faire dormir avec moi et essayé le plus possible de le faire dormir seul, une fois même , mon père est
intervenu en me disant qu'il ne fallait pas exagerer et que je ne pouvais pas le laisser pleure ainsi (merci papa!) mais j'essayais de suivre les conseils de Marie Thirion qui m'avait tant aidé
pour l'allaitement !


Pour les deux autres nous avons été beaucoup plus cool , cododo, calin du soir sans scrupule "les autres" pouvaient toujours nous critiquer on avait compris et au bout du compte mes trois enfants
dorment bien la nuit mais le premier est enurésique encore à onze ans. je ne suis pas sure que cela ne soit pas lié à nos périodes de "il faut pas le laisser nous manipuler" "il doit dormir seul
pourtant à la mater j'étais bien partie en disant à l'aux puer mais ne vous inquiétez pas il ne dormira plus avec moi à quinze ans mais aprés je me suis laissée influencer ... au risque d'être
épuisée très rapidement : c'est plus fatigant d'entendre un bébé pleurer que de lui faire des câlins et de codormir avec



Corinne 25/09/2010 08:35



Bonjour Catherine ,


Clea fit en effet bcp de bien de rassurer les mamans , j'ai moi aussi 3 enfants et pris conscience au fur et a mesure de ces " informations toxiques " de certains pédiatres , qui ne connaiissent
pas les enfants , en étant naturopathe pendant que j'ai eu mes enfants , là c'est ouvert un grand champs de connaissances et surtout moins d'intellectuasition et revenir vers des élans plus
natures ,


Et bien en effet la première a " souffert" de mon manque de confiance et les autres j'ai tt comme je ressnetais et mes enfants ont une belle confiance en eux et l'ainéemême si elle va très bien
son fond de personnalité , demeurent avec ce petit truc qui  aime pas trop les changements et cela en ts les cas l'inquiéte !


Comme dit Winnicott , il y a pas de bonne mères mais des mères suffisament bonnes ,


Et surtout sachons écouter nos sens , les bras être sérée dans les brasd'une maman , c'est un besoin FONDAMENTAL !


Merci pour cet article , et le faire tourner sur les forums pour rassurer les parents qu'ils sont suffisament bons !


Et arrêtons la culpabilité !


Belle journée parfumée à la fleur d'oranger


Corinne  



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