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Je lis, j'écoute

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"Blessingway" de Nathanaëlle Bouhier-Charles a vu le jour il y a une semaine. Nathanaëlle répertorie un grand nombre d'activités à mettre en place pendant un rituel de grossesse. 

Voilà une tradition chaleureuse qui j'en suis sûre va vous faire envie ! Peut-être aurez-vous l'élan d'organiser un blessingway pour une amie, ou si vous attendez un bébé souhaiterez-vous que vos proches mettent en place une cérémonie organisée sur mesure, ce livre vous inspirera et vous donnera de nombreuses idées pratiques :-)))

De plus cet ouvrage est le premier de ma collection "Parent Autrement" chez La plage, et j'espère publier bientôt d'autres projets tout aussi nourrissant.

Tous les maquillages sur femmes enceintes dans le livre Blessingway sont réalisés par Solenn Minier pour Barbouille et Barbidon©

Bonne lecture :-)))

 

Catherine Dumonteil Kremer

 

Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 07:18

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Il arrive quand ce nouveau PEPS ? oui je sais que certains d'entre vous n'en peuvent plus d'attendre. Il est sous presse, il arrive :-))) Et celui-là c'est un spécial avec un cadeau. Des articles pour vous accompagner dans votre quotidien, des jeux, des idées, des partages... 

Une interview inédite d'Alexandre Jollien qui nous parle avec tendresse de l'art du lâcher prise, Olivier Maurel pose les bases des effets de la violence éducative ordinaire, un dossier sur le thème du corps... Le reconquérir c'est tout un programme ! 

Que faire en attendant ? Relire le numéro deux ? 

Tirer parti de chaque article, observer ce qui nous parle une nouvelle fois... Répondre au questionnaire de Daniel Siegel sur l'attachement (un travail qui devrait prendre plusieurs mois)... 

Voilà on y est presque, et pour vous faire patienter quelques extraits du numéro trois sur la page face book de PEPS.

 

Bonne journée :-)))

 

Catherine Dumonteil Kremer


Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 07:22

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Ben oui, après tout pourquoi pas ? En plus il y en aurait pour plusieurs jours... Si chacun de son côté s'y mettait, ma foi, ça résoudrait les problèmes des restau du coeur. Ou bien alors on pourrait les manger au moment de leur mort, ça ferait énormément de viande tous ces animaux de compagnie morts.

A la limite je pourrai aussi manger Kity, un petit chien avec lequel j'entretiens des relations très conflictuelles... Alors qu'avec Zouzou, il y a une vraie relation profonde et sereine... Enfin, je vais voir, ça se réfléchit quand même ce genre de truc. 
Alors enthousiastes ? 
C'est marrant je ne vous sens pas vraiment avec moi sur ce coup-là... Je me sentais d'humeur à résoudre le problèmes de la faim dans le monde. C'est une idée qu'utilise avec beaucoup d'humour Jonathan Safran Foer, dans son livre "Faut-il manger les animaux ?". Eh bien non, nous ne mangerons pas nos animaux de compagnie, pourquoi ? Parce que nous les aimons, parce qu'ils sont intelligents et sensibles, et que nous avons une relation avec eux. Et puis, comme le dit l'anonyme de la citation ce serait de la cruauté.
Vous vous rappelez : 
Pourquoi appelle-t-on cruauté le fait de frapper un animal,
agression le fait de frapper un adulte et
éducation le fait de frapper un enfant ?
Pour autant il me semble que je ne suis pas d'accord  là dessus, non "on" n'appelle pas cruauté le fait de frapper un animal. On appelle cruauté le fait de frapper un animal de compagnie.
Ce n'est pas exactement la même chose. Un cochon d'élevage est-il moins intelligent que mon chat ? Moins sensible ? qu'en dites-vous ? 
Le salon de l'agriculture, le lieu qui entretient nos illusions
Je suppose que le salon de l'agriculture s'est terminé. Je suis un peu en retard. Quand mes filles étaient petites je me disais que ce serait une visite sympa à faire, elles aimant particulièrement les animaux. On aurait vu réunis au même endroit tout un tas d'animaux de la ferme. Je suppose que ce salon a toujours pour fonction de nous réconcilier avec ce que nous mangeons. Les animaux sont élevés dans des fermes, ils batifolent dans les près avant d'être conduits à l'abattoir, triste fin quand même. (C'est peut-être encore le cas dans certaines exploitations en France, mais ce modèle ne suffit pas à répondre à la demande croissante de viande à un coût de plus en plus bas). Mais bon, c'est notre imaginaire collectif à propos de la ferme, c'est "La petite maison dans la prairie" associée aux fermes playmobil que nous offrons à nos bambins.
Une triste réalité
La réalité même si nous souhaitons l'ignorer, certains l'ont dénoncée. Des associations, des réalisateurs, et des auteurs. Des élevages intensifs terriblement cruels, où les animaux vivent une vie de souffrance, où la torture et la violence sévissent au quotidien. Ils sont devenus des objets qui doivent à tout prix grossir vite, et être abattus et vendus rapidement. Je ne vais pas entrer dans les détails mais il y a un phénomène qui m'a interpellé.
Ce que Jonathan Foer appelle : "Notre nouveau sadisme"
Voilà ce qu'il décrit en page 245 de la version de poche de son livre :
"Dans un élevage porcin de Caroline du Nord, une vidéo tournée secrètement par des enquêteurs a montré des ouvriers qui battaient quotidiennement les animaux, frappaient les truie gestantes à coups de clés à molette, et enfonçaient une tige de fer de trente cms dans le rectum et le vagin des truies.
Ce genre de chose n'a rien à voir avec le soucis d'améliorer le goût de la viande, ou de préparer les porcs à l'abattage, ce n'est que de la perversité.
Dans d'autres scènes tournées sur place, des ouvriers scient les pattes des porcs, et les écorchent alors qu'ils sont encore conscients..."
De la perversité ? 
Là, j'ai eu l'impression très nette qu'il manquait un maillon explicatif à la chaîne du mal. C'est encore un tour sanglant que nous joue la violence éducative. Cette violence qui lorsque nous l'avons subie cherche à se rejouer à se reproduire sur les catégories d'êtres sans défense, que sont les enfants, les âgés, les détenus, les animaux.
Il n'y a pas de goût pour le mal chez les humains, ni chez les animaux du reste. C'est notre éducation qui nous déforme et nous coupe de nous mêmes. La meilleure preuve c'est qu'il existe des éleveurs sensibles à cette question, même s'ils sont peu nombreux. C'est peut-être notre travail de les identifier. Foer évoque également tous ces individus qui ne peuvent plus travailler dans les élevages intensifs, totalement déprimés par ce qui est infligé aux animaux. 
Une souffrance silencieuse
Une maltraitance qu'on ne voit pas, mais qui nous nourrit. Dans le livre de Foer j'ai trouvé un chiffre incroyable : 50 milliards de poulets sortent tous les ans des élevages pour la plupart intensifs. Une population issue de manipulations génétiques plus ou moins sombres, ébouillantés vivants, malades, on ne les entend pas crier pourtant. Est-ce pour cela que les élevages intensifs sont surveillés, bouclés, pour que l'on ne voit pas l'insoutenable ? C'est sûr c'est plus pratique pour manger des nuggets au Mc do ou son poulet PAC au KFC du coin. Pour ma part je ne peux pas me dire que se nourrir de souffrance est sans conséquence.
Enfants heureux = Animaux respectés
C'est une équation à laquelle vous n'aviez peut-être pas pensé. Mais elle est très intéressante pour nous tous, et fondamentale pour l'avenir de notre planète !
Pour ne pas rester ignorant en la matière :
"Faut-il manger les animaux ?" de Jonathan Safran Foer, chez points en poche. Un livre à acheter à distribuer autour de soi, à faire connaître...
Catherine Dumonteil Kremer
Mardi 5 mars 2013 2 05 /03 /Mars /2013 08:03

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Voici pour vous une fiche de lecture écrite par une femme que j'aime beaucoup maman et médecin généraliste, elle a été indignée par le livre d'Aldo Naouri.

 

 

 

 

"Je me suis lancée dans la lecture du livre d’ Aldo Naouri « éduquer ses enfants, l’urgence d’aujourd’hui »  dans le but d’en faire une fiche de lecture.

Pour épargner aux autres la lecture de ce livre !

J’y ai été poussée par un entretien avec des professionnelles de la petite enfance, à qui je voulais présenter la proposition de signer avec les bébés. Elles ont été très intéressées, mais leur argument final et imparable a mis fin à notre rencontre : ce n’est pas bon car les bébés seront moins frustrés, la relation parents/bébé va devenir plus simple. Et tout cela n’est pas bon. Il faut frustrer les bébés, ça doit être compliqué de comprendre son enfant ! je n’ai pas pu répondre. En en reparlant autour de moi, on m’a dit « mais c’est le livre de Aldo Naouri qui fait recette, il révolutionne l’éducation ! »

 

Ce livre a fait couler et fait encore couler beaucoup d’encre et de salive. Qu’en ont retenu les personnes qu’il a convaincues : il ne faut plus parler aux bébés, on leur parle trop, il faut supprimer doudous, sucette, punir sans état d’âme, cadrer, frustrer ... pour échapper aux catastrophes promises dans le livre par ce vieux pédiatre. 

Il était nécessaire que je le lise pour comprendre ces positions.

 

«  Caresserais-je l’espoir que cet ensemble d’explications puisse amener tous les parents, et en particulier toutes les mères, à se promettre de suivre à la lettre les recommandations que je vais leur donner, Bien sûr que non ! Je ne suis pas assez naïf pour cela. Il y a beaucoup trop d’aveuglement, mais surtout de jouissance, à la clef ! La majorité des mères, devant les comportements de leurs enfants, sont en effet persuadées d’assister à la manifestation de leur « forte personnalité », ce dont elles sont ravies et n’entendent brider d’aucune façon. Il est d’ailleurs pratiquement impossible de les détromper……..( page 201)

 

 

Belle introduction pour ma fiche de lecture sur le livre d’Aldo Naouri… 

 

En fait, l’analyse de ce livre est complexe à faire, et cela explique son succès . Car tout n’est pas faux, tout n’est pas mauvais. Il a souvent raison :Il existe réellement des difficultés spécifiques chez de nombreux enfants…Mais….

 

Il y a des pages qui sont intéressantes, pleines de bon sens,(P.50, 56, 239, 240 et suivantes) de belles pages poétiques (, P.60-61) aussi, des pages qui ont l’air documentées.

Il dit même des choses intéressantes sur la différence entre frustration et privation. La privation étant de l’ordre du réel et la frustration de l’ordre du symbolique…( P.148)

Mais le tout est perdu dans un livre terrifiant, ce qui explique que le public, voire des professionnels,  n’aient retenu de ce livre que l’appel à l’autorité sans état d’âme et à la frustration bénie.

 

Il est hors de question de reprendre ses arguments, ce serait stérile et sans effet .

Mais il est important de situer le ton de ce livre .

Livre qu’il dit avoir écrit comme une mission, pour sauver les enfants , en véritable sauveur ,à condition qu’on l’écoute .

Car si on décortique le ton qui imprègne le livre, on ne peut plus rien en accepter .

C’est un livre plein d’angoisse (celle de l’auteur vis à vis de la mort certainement, pages 101, 113), plein de colère, plein de mépris contre les parents, de violence à toutes les pages .On comprend mal comment des professionnelles de la petite enfance ont pu adhérer aux propos sans voir la violence diffuse dans tout le livre.

 

Pour faire bref !

 

Il donne une image terrible de l’enfance «  qui asservit son entourage, page 35, », enfant présenté comme une boule de violence potentielle dès la naissance, (P.62) , enfant terrorisé par sa mère, enfant terrorisé par la mort, enfant cherchant à prendre le pouvoir absolu. Il faudrait citer aussi la violence des mots utilisés pour parler de l’enfant, monstre à dompter, dont la violence naturelle demande une vigilance extrême et inquiète !

 

Une image terrible des parents «  qui se repaissent impunément de leurs enfants, page 32 »,

et en particulier des mères ( on a du mal à comprendre comment les réactions de femmes n’ont pas été plus virulentes ?), une image un peu moins terrible des hommes !

Les relations entre homme et femme sont décrites longuement sous la forme d’une guerre dure.

 

Sur quoi base-t-il son discours ?

            Sur des descriptions de familles clairement pathologiques, la grande majorité de ses vignette vécues . Qui aurait l’idée de ne pas alors partager son analyse ? Mais de l’exception, il tire des préceptes pour toutes les familles .

            Sur la dramatisation du monde actuel «  la perversion ordinaire qui a pris le pouvoir manie l’exclusion et la calomnie avec efficacité »

            Sur un ethnocentrisme étonnant : les menaces qu’il fait aux malheureuses mères donnant le sein au delà de ce qu’il trouve raisonnable ( «  je me disais que, jouissant égoïstement de sa place, elle ne pouvait pas imaginer le désordre qu’elle allait semer dans la vie future de ce bébé … et dans sa descendance !( p.195) ), semblent ignorer le reste du monde qui continue, depuis des millénaires,  à allaiter les bébés portés sur le dos de leur mère,  à la demande … sans dégâts planétaires semble-t-il .

 

            Sur des poncifs navrants (dont par exemple la prétendue baisse du niveau scolaire des enfants, menaçant à court terme la recherche française )

Sur des erreurs historiques et scientifiques, ou des horreurs . Sur la bestialité de nos ancêtres, (page 98) n’aspirant qu’à massacrer les petits, à castrer les jeunes, à s’entretuer, à « sauter «  les femelles ! D’où sort-il tout cela ? Même les animaux prennent soin des petits et en assurent le mieux possible la survie ; les hommes préhistoriques, nos pères, dont on peut imaginer la vie en regardant celle des tribus amazoniennes ou australiennes, respectent les enfants et vivent plutôt paisiblement . Quand il parle de la faible valeur de l’enfant dans l’histoire, il se base sur des écrits aujourd’hui remis en cause (je pense qu’il a du lire Elisabeth Badinter) . La mort d’un enfant a toujours été un drame, et dans tous les pays.

            Ses pages sur la mort d’un enfant sont affligeantes .Il ne comprend pas qu’on accorde plus d’importance à la mort d’un enfant qu’à celle d’un adulte ! (page 111).

            Il veut beaucoup insister sur le lien entre le physiologique et le psychologique, mais de façon caricaturale, il ne semble pas au courant des dernières recherches sur la prolactine paternelle . Sur l’attachement qui lui est lié dans toute espèce animale ,même chez les oiseaux !( page 223)

            De la même façon, il semble manquer des données sur l’acquisition du langage, (page 227)

Il parle aussi des enfants handicapés, là aussi sans aucun respect des familles , il sait tout sur tout et sauvera l’humanité défaillante !

 

Je ne peux pas citer toutes les pages où il se moque des mères avec une ironie mordante, sans aucun respect humain, il y en a trop ; des comparaisons hasardeuses et inadmissibles (comme comparer à une violeuse la mère inquiète qui force son enfant à manger) les termes utilisés salissent la personne qui les lit .

Ironie contre les familles recomposées, ironie contre les pauvres, (dépourvus de moyens intellectuels),ironie contre les pédagogues de tous genres,  ironie contre F.Dolto…qui n’a jamais remis en cause la nécessaire frustration symbolique dont il parle .

 

Et enfin, sa conclusion, qu’il voulait en apothéose, est seulement  terrible de nouveau : il termine sur Helen Keller, victime de l’amour excessif de ses parents – condamnés par des propos hallucinants-, mais sauvée par l’éducatrice et ses exigences .

Il se trompe totalement : ce qui a permis à Helen Keller de sortir de ses angoisses, ce ne sont pas seulement les règles de l’éducatrice ,mais c’est l’accès au langage .

Langage humanisant.

J’en suis le témoin chaque fois émue, de voir comment les troubles du comportement des enfants handicapés s’apaisent immédiatement dès qu’on leur donne un moyen de s’exprimer, de se dire . Je connais des adultes dont le traitement anti-psychotiques a pu être presque arrêté, après des dizaines d’années de camisole chimique, par la simple introduction de signes .

Ce n’est pas l’autorité, le cadre qui manquait à ces enfants débordés de leur angoisse , mais juste un moyen de communiquer !

Helen Keller a été sauvée par l’accès au langage, non pas par l’autorité de son éducatrice, mais par son acharnement à lui donner un moyen de communication symbolique.

 

Ce qu’il pensait être l’argument final, sa botte secrète, se retourne en fait contre lui et l’ensemble de son livre.

On voit finalement comment, par un raccourci involontaire, on arrive à la nécessité absolue de donner un langage aux enfants .

Quant aux arguments donnés contre la proposition des signes avec les bébés, sous le prétexte que les bébés seraient alors moins frustrés( et si on lit bien ce qu’il dit, il ne le dit pas du tout), ils tombent totalement ! Donnons un langage aux enfants ! Donnons des signes aux bébés…."

 

Marielle Lachenal

Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 10:54

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