Elever son enfant...Autrement
"Cet épisode massacrant je dois le restituer. Pourtant il a bien fallu que je m'en sépare pour ne plus
voir resurgir l'intolérable. Paris, 1952, j'ai dix-sept ans. Presque.Mes premiers émois, le désir. Je rencontre un jeune homme. Je suis amoureuse, ce sera l'élu. Je fais l'amour avec lui deux
fois, le risque est encouru. Plus de règles. Au lycée je hante les toilettes, je scrute, attente terrifiante. Rien.
Vais-je lui annoncer ? Rendez-vous hâtif "je n'y peux rien". Possibilité de piqûres de je ne sais quoi. Il me conseille des tours de manège. Je suis enceinte. Mes parents n'en sauront rien. Dès
que ce sera visible je me tuerai. Un dimanche soir on dîne en famille. J'ai un malaise. A peine réanimée j'avoue.
La violence paternelle est effroyable, ma mère reste muette.
Moi je veux mourir ou alors être libérée de ce poids-là. Je ne suis pas prête. Je me sens trop petite. De toute façon on ne me consulte pas. Mon père, gynécologue doit rester à l'abri de tout
soupçon. Ce sera un monsieur, juste lui, sans assistance. Je me rends seule au rendez-vous. Ma mère en bonne épouse, a obéi. Elle ne m'accompagne pas. Prudence. Je suis allongée sur une table de
cuisine. Il m'injecte un liquide soi disant relaxant, un placebo ?
Comment mettre en mot ce qui me râcle, me déchire, m'ampute. Tout mon corps livré à cette torture. Je me mets à hurler. Il dit :"Tu ne criais pas quand..." Humiliation. Il a le pouvoir. Mais il
faut savoir ce que je veux. C'est terminé, le curetage. Je me lève, chancelante.
Soulagée, épouvantée."
Témoignage tiré de "Avorter, histoire des luttes et des conditions d'avortement des années 1960 à aujourd'hui" Collectif IVP, éditions Tahin Party.

Si nous devions faire un catalogue des souffrances de nos soeurs liées à la sexualité, à l'avortement, la contraception, cela demanderait un travail colossal et la liste serait sombre, triste,
angoissante... Je crois que n'importe quelle femme peut ressentir en elle les sentiments dont parle cette jeune fille.
Des femmes et des hommes, ont lutté pour notre dignité d'êtres humains. Et c'est l'objectif de cet ouvrage collectif que de le montrer.
L'histoire de la contraception et de l'avortement ce n'est pas qu'une succession de textes de lois, mais ce sont des luttes de femmes qui n'ont pas baissé les bras, qui ont toujours affirmé avec
force "Notre corps nous appartient".
(la suite demain...)
Catherine Dumonteil Kremer
Attention, il ne s'agit pas de ma part de condamner les femme ayant recours à l'avortement. Mais de défendre la vie de l'innocent, qui, comme vous semblez bien y adhérez d'après tous vos articles, ne mérite que notre amour.
J'aimais vous lire, dans vos livres et dans Grandir Autrement... Que valent toutes vos belles paroles de non-violence si vous défendez la violence la plus grande, celle qui supprime la vie même de celui qui attend notre chérissement ?
vous semblez choquée, et surprise, et si je comprends bien opposée à l'avortement avec beaucoup de convictions. Pour ma part je ne suis ni contre ni pour, je suis pour le respect de la dignité des êtres. De nombreuses femmes ont souffert et souffrent encore de grossesses non désirées, il n'est pas question d'être caricatural avec la souffrance. Elle est unique pour chacun, j'ai écouté de nombreuses femmes qui ont traversé un avortement, se sentant totalement coincée entre cet enfant en elle, et l'impossibilité de l'accueillir pour des raisons qui leur appartenaient, il leur a fallu faire un deuil.
J'espère que liberté et acceptation dans tous les domaines, permettront aux personnes de se sentir suffisament en sécurité pour faire leur vie le plus humainement possible.
Et élever leurs enfants le plus respectueusement possible, de"s enfants qui seront probablement compréhensifs avec les autres dans toutes les situstions.
Désolée de vous avoir choqué en tout cas, s'il arrivait à une de mes filles d'avorter j'aimerais qu'elle ne connaisse pas les conditions que raconte la jeune fille dans mon article,mais qu'elle se sente écoutée respectée et accueillie.
Bonne journée à vous.
Je fais connaissance avec vos écris de puis peu, et ça m'encourage beaucoup à changer de fond en combles ma façon de me comporter avec mes enfants ! Merci !
Mais là je suis choquée aussi, si je comprends bien ce que vous écrivez je me joins à l'auteure du commentaire précédent pour dire que je suis choquée !
Mamounette
Bonjour,
J'aime beaucoup vos publication, mais sur ce coup, je tilte. Je ne suis pas sure du message que vous voulez faire passer :
- la violence de l'acte dans la façon dont il est perpétré (médicalement parlant) du fait de sa clandestinité... Et la oui, la légalisation de l'avortement est une "bonne chose"
- la violence morale, subit par cette femme forcée à avorter : la légalisation de l'avortement n'y a rien changé, bien au contraire, car en plus on veux persuader la société que ce n'est pas traumatisant pour la femme... et la c'est pire qu'avant : j'ai moi même souffert de cela, et je suis de la "jeune" génération, pression morale (pas de la famille, du papa, mais le résultat est le même)...
La légalisation de l'avortement a un bon côté (pour quelques cas plus ou moins exeptionnels, selon les points de vu, je ne pense pas que vous vouliez relancer le débat pro ivg / pro vie), mais est trop considéré comme une alternative à la contraception (inconsciement), et le nombre d'avortement en france ne baisse pas, c'est même plus de 200 000 par an de mémoire... alors que nous avons de bons moyens de contraception (aussi bien naturel que chimique)
J'ajouterais que de nos jours, beaucoup de femme vivent encore l'avortement comme décrit plus haut "raclée, déchirée, amputée", et la pression sociale est toujours la : "trop jeune", "pas assez de moyens (selon les critères de la société)"... et sur les forums, si une jeune arrive en disant "je suis enceinte je suis déboussolée", la réponse est sans appel : "avorte", "n'écoute pas ceux qui te dirons le contraire, c'est des pro vie catho..", "c'est un droit acqui de haute lute..."... et j'en passe et des meilleures, pour les avoirs lues, entendues, vécues...
Le post date un peut, alors bon halowwen!
http://www.feministsforlife.org/
Voici un site de féministes pro vies américaine, pour un autre féminisme!
Effectivement moi ça me semble dangeureux de se battre contres la violence éducative et de de ne pas défendre l'enfant à naitre. De même que c'est dangeureux de prendre la défense de l'enfant à
naitre mais de proner la violence éducative.
Pour moi ça fait pas deux poids deux mesures.
Les deux doivent être défendus.
http://www.youtube.com/watch?v=XYP-T7J4OOw
Une autre figure historique marquante qui s'est battue pour le droit des femmes XD!