Elever son enfant...Autrement
Très bien. et que proposez vous face à un enfant qui se met clairement en danger? ne pas frapper, normal.. gronder? ne sert à rien.. il reste bien souvent la punition : au coin, meme pas longtemps, c'est au moins une sanction symbolique.
C'est facile de mettre le doigt sur ce qu'il ne faut pas faire. Facile de culpabiliser les parents.
Ne croyez vous pas qu'en évinçant les sanctions on fait de l'enfant roi un enfant tyran?
Comment réagir face à un enfant de 18 mois pour qui la justification construite a autant de valeur qu'un cours de japonais?
Pour moi on ne peut pas juste trouver une alternative à la fessée ou aux punitions, c'est le rapport à l'enfant qu'il faut changer entièrement; arrêter de le considérer comme un (sous-)être à soumettre et à éduquer, mais un petit être humain à accompagner dans ses premiers pas dans la vie.
Seconde chose, je pense qu\\\'il est important de prendre du recul par rapport à leurs actions. Je n\\\'oublie pas qu\\\'il s\\\'agit de quelques jours où il va absolument vouloir faire ceci ou cela. C\\\'est pas toute la vie ;-) ! Je me souviens du pipi d\\\'Hugo. Il a eu des difficultés de ce coté là. On a l\\\'impression que cela ne finira jamais... Aux dernières nouvelles, Hugo est propre!
Et pour rependre ce que dit Catherine dans son bouquin "élever son enfant autrement", je pense profondément que l\\\'enfant recherche l\\\'amour de ses parents. A titre personnel, plus je prends conscience de cela plus j\\\'ai conscience de ma responsabilité vis à vis d\\\'eux et plus j\\\'apprends à être patient et à voir les choses plus positivement :-) .
Mais pour reprendre votre phrase "ce qui nous simplifie la vie aujourd'hui pourrait bien construire le cauchemer de demain", là, on touche les limites. Je ne pense pas qu'une punition (type au coin, ou non, tu n'aura pas le verre que tu demande si tu jète tes jouets par terre) soit une solution de facilité, car elle demande d'être accompagnée et ajustée à chaque erreur de parcours de l'enfant. Ce n'est pas un plaisir pour les parents. En revanche, un enfant qui vois assouvi chacune de ces envies... Comment va-il gérer plus grand son rapport aux plaisirs (alcool, drogue, domination des autres), saura t'il s'interdire d'en abuser. Comment réagira t'il devant la contrainte toute normale que peut fixer l'école, la dscipline en cours car les enfants sont nombreux et ne peuvent pas partir chacun à leur activité. Dans l'enfance, il est effectivement idéal de faire ses propres découvertes, à son rythme, sans limites... Mais la vie n'est qu'un cheminement entre les limites établie par les autres et de pas l'y habituer serait surement le fragiliser pour la suite (école, boulot,...) Mais l'on peut évidamment rêver de vivre toujours tout seul et à son rythme. Mais ce n'est pas ainsi, tout seul dans son coin que l'on construit les plus grandes choses. Venez voir sur un chantier les concessions que tout le monde fait... mais pour voir surgir de terre un bâtiment solide et beau.
Et quid de l'ado de ma collègue qui a fait une dépression sitôt sorti de l'école primaire (pas armé pour le collège !?) Et quid de mon année foutue après le bac car j'ai découvert la réalité des "cons". Ne vaut-il pas connaitre ce qu'est de faire des concessions sur son petit bonheur perso avant d'y être confronté trop durement.
Si votre enfant vous respecte et vous aime, c'est avant tout car vous les respectez et l'aimez mais les punitions n'entrent pas en compte dans cet équilibre je crois.
Après l'histoire de récompense, c'est encore autre chose à mon sens. C'est à chacun de voir si l'amour peut s'acheter... Moi je suis contre. Comme vous je pense que la récompense la plus vraie est la satisfaction personnelle. Et une punition justifiée n'a jamais besoin d'être accompagnée d'une "récompense". La, oui, c'est faire offense à l'intelligence de l'enfant.
Désolée d'avoir été longue mais je viens de faire le tour des sites sur l'éductaion alternative des enfants et votre billet m'a lancée...
Amicalement
Mariette
j'ai lu avec intérêt votre commentaire, et il appelle une réponse me semble-t-il.
Pourquoi la punition entrainerait-elle des difficultés dans l'avenir familial ? Ou plutôt qu'évitons nous en ne l'utilisant jamais ? La punition tout comme la fessée présente l'avantage de "fonctionner" (et de blesser l'enfant profondément) quand il est petit et que le rapport de force est en faveur de l'adulte, c'est tout à fait indéniable. Cela dit, une chose est sûre, plus le temps passe, plus nous nous approchons d'un temps où nos enfants seront plus forts physiquement que nous, et n'accepterons plus d'être traité de la sorte. Ils manifesteront également toute sorte de souffrances engrangées pendant la petite enfance, et les parents auront bien du mal à faire face à cet ado qui ment, qui n'a pas confiance en ses géniteurs etc...Je peux vous affirmer travaillant tous les jours avec des parents que c'est chose courante. L'absence de punition ne signifie pas absence de limites, ce n'est pas parce que nous refusons une action, que nous devrions en plus blesser nos petits. Faire autrement, sortir des systèmes de manipulation ce ne'st pas facile, mais cela s'apprend, et les relations sont du coup infiniment plus saines avec les autres.
Vous parlez d'erreurs de parcours, pour moi c'est en faisant des erreurs que l'on apprend à vivre, c'est en faisant des erreurs en tant que parent que j'ai appris à être un parent un peu plus acceptable pour mes enfants, heureusement je n'ai pas été punie, car je crois que je n'aurais absolument rien compris...
Au lieu de cela j'ai eu la possibilité de me connecter aux autres et à moi même, ce qui m'a permis d'évoluer, pour mes enfants c'est un peu la même chose, je ne les punis jamais, j'exprime mon désaccord, nous discutons, il en sort quelque chose. Lorsqu'ils étaient petits j'utilisais d'autres systèmes mais jamais de punition, et encore moins de coups. Quand je vois les adultes autour de moi, des personnes qui ont été punis en grande majorité, je ne vois pas beaucoup d'individus pour lesquels la relation est chose facile. On peut dire que notre capacité d'aimer à été largement altérée.
Sinon il n'y aurait plus de guerre, plus de délinquance, de maladie, de fuites recherchées dans la drogue, ou les psychotropes, le système coercitif mène pour moi à une impasse, et il est facile d'en sortir, même si le chemin est complexe. Bon week end à vous.
Catherine Dumonteil Kremer
L'éducation est difficile et parfois, c'est simplement de l'autodéfense que de remettre les choses à leur place avec une fessée à un enfant qui a très bien compris ce qu'on veut de lui mais qui n'en a cure et s'en moque totalement.
Maintenant si je lui dit "ne pas obéir à maman, peut donc faire très mal, je n'accepte pas ce que tu fais, si tu récommences, tu vas avoir mal" en quoi est-ce différent ??
L'environnement familial ne doit pas non plus être un cocon où l'on ne soufre jamais, où tout est beau, tendre, idyllique ! l'apprentissage de la vie (avec aussi ses côtés durs) se fait aussi dans la famille ! si les conséquences sont explicites, l'enfant garde le choix d'y aller ou non.
Je suis moi même contre la fessée et bien embarrassée avec le concept de punition ... à celui-ci je préfère le concept de frustration et je pense qu'il ne faut pas hésiter à frustrer nos enfants de quelque chose qu'ils aiment en conséquence d'une action "non souhaitée", voire "défendue"
Marina
Qu'il est difficile d'accompagner un enfant sans violence . La punition est un recours presque systématique quand le quotidien nous opresse, quand le passé ressurgit, quand les douleurs ne se cicatrisent pas. On ne punit pas seulement un enfant, on se punit soi même de quelques choses qu'on nous a enlevés, le fait d'être soi.Il est tellement plus facile de punir, en 5 min c'est réglé.
Accompagner l'enfant dans son développement, est dur au quotidien, c'est se remettre en question, c'est réévaluer sa personne, son entité familiale, ses valeurs, ses traditions. C'est aussi comprendre qu'un enfant est une personne pas un objet que l'on choisi de soumettre au bon vouloir de nos principes.
Non la punition n'est pas une solution. Mais pour trouver des solutions peut être faudrait il partager ensemble, entre parents conscients de ce qui se passe, de nos limites, et d'apprendre des autres. Se nourir de l'expérience de chacun pour donner à nos enfants l'amour néceassaire pour qu'il devienne un adulte .
@Lutine : tout d'abord, quel âge a votre fille ? Tout dépend de ça.
"comment lui inculquer des valeurs" ? En ayant des valeurs, en vivant selon ces valeurs, et en interagissant avec elle en respectant ces valeurs, en gros : en incarnant nos valeurs. Les enfants prennent beaucoup exemple sur nos actes, bien plus que sur les jolis discours qu'on leur fait.
Il peut être intéressant de débusquer les valeurs qui se cachent derrière nos actes - qu'est ce que cela veut dire, par exemple, de penser que les enfants doivent obéir aux adultes ? Par ailleurs, quelles sont les valeurs des gens qui nous conseillent, les psychologues, les enseignants, les pédiatres ? Quelle est LEUR vision du monde, de l'enfance, de la normalité ? Que disent-ils sur les gros mots comme liberté, par exemple ?
Je crois en un monde où il n'est pas nécessaire de punir les enfants (je ne punis jamais les miens, et ils sont en tout cas aussi coopérants que d'autres). Je ne vois pas l'intérêt de la punition. Vraiment. J'ai beau tourner ça dans tous les sens, je ne comprends pas à quoi ça sert.
A faire obéir un enfant ? A le rendre attentif au danger ? A lui faire comprendre que ce qu'il a fait est mal ? A lui apprendre à faire attention aux autres ? A l'entraîner au fait que la vie n'est pas un champ de roses ?
De toutes ces raisons, je dirais que seule la dernière est cohérente avec l'idée de punition - oui, en le punissant, je lui apprends très tôt que la vie est injuste (ce qu'elle est, objectivement). Mais est-ce nécessaire ? Ne suffit-il pas de VIVRE pour s'en rendre compte ?
Même sans gros drame, il y a le chien qui fait une fugue et qu'on ne revoit plus jamais, le chat qui se fait écraser par une voiture, la super copine qui déménage, ou alors qui vous laisse tomber pour une autre plus cool à ses yeux, le petit frère qui naît, ou la petite soeur qui est handicapée et qui prend tout le temps de maman, il y a le clochard en bas de l'allée, le monsieur qui lave les vitres de la voiture au carrefour, ou ... la liste est longue de toutes les injustices auxquelles un enfant peut être confronté, parfois très jeune.
Y a-t-il vraiment besoin d'ajouter quoi que ce soit, VOLONTAIREMENT ?
J'ai tendance à penser qu'il serait plutôt mieux, au contraire, d'essayer d'être le plus juste possible (ça ne sera de toute façon jamais parfait), et d'être présent pour consoler l'enfant confronté à une de ces nombreuses injustices. Qu'il y ait un endroit au moins où trouver du réconfort, une écoute, où se refaire une santé émotionnelle dans un monde qui n'est pas facile. Histoire de croire à l'idée de justice, précisément - et de croire qu'elle est accessible, à notre portée, et qu'elle dépend de notre bonne volonté.
Comment faire alors ? Laisser faire ? Expliquer simplement ?
Les limites sont-elles efficaces si elles ne contiennent aucune contrainte ?
Si je dis à ma fille : ce que viens de faire n'est pas bien, il ne faut pas. Franchement, elle s'en fiche. Elle va laisser passer. Le lendemain, dans la même situation, elle agira pareil. Et tous les jours suivants aussi. Comment ne pas s'enerver et ne pas céder à une réaction brutale, douloureuse (psychologiquement ou physiquement) ?
Alors comment respecter l'enfant, ne pas le manipuler et quand même lui apprendre (j'ai hésité à écrire inculquer) des valeurs ?
Meci pour les éclaircissements.
Lutine