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Élever son enfant autrement


La puissance d'exister

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 17 Novembre 2006, 06:45am

Catégories : #Elever son enfant autrement

Dans quelle rubrique mettre cet article, il aurait pu figurer dans les "je lis, j'écoute" mais son sujet est très lié à la violence éducative... Alors !!!

J'en ai toujours un peu "voulu"(tout est relatif ;-)))) à Michel Onfray de ne pas vouloir d'enfants ! Avec tout le respect que je porte à son travail cette question-là restait un peu un mystère, comment refuser ce qui peut transformer nos vies en définitive.

Je considère que mes enfants sont une immense richesse, source de progrés avant toute chose, Michel Onfray lui a décidé de ne pas en avoir. En lisant la préface de son dernier ouvrage "La puissance d'exister" aux éditions Grasset, j'ai eu me semble-t-il un début de réponse.

"Je suis mort à dix ans, une belle après-midi d'automne, dans une lumière qui donne envie de l'éternité...J'aborde enfin sur le papier ce  moment de mon existence après le prétexte d'une trentaine de livres pour ne pas avoir à écrire ces pages qui suivent. Texte remis à plus tard, trop de peine à revenir sur ces quatre années d'orphelinat chez des prêtres Salésiens..."

En lisant cela, je me suis imaginée que jusqu'à sa dizième année, Michel Onfray était un enfant heureux,que l'entrée à l'orphelinat (alors qu'il n'était nullement orphelin) avait fait basculer dans une indiscible souffrance.

Malheureusement ce n'était nullement le cas. "Ma douleur c'est ma mère" écrit-il, "je n'étais pas insupportable mais elle ne me supportait pas."

Abandonnée dans un cageot à la porte d'une église, elle ne se remettra jamais de ce rejet, qu'elle fera subir à son fils de mille manières jusqu'à l'abandonner à l'âge de dix ans dans un orphelinat, curieux orphelin muni de parents défectueux mais vivants !

iL 2CRI"Toujours est-il que cette femme qui enfant fut frappée, frappa son enfant, compulsivement avec tout ce qui lui tombait sous la main. Pain, couverts, objets divers, n'importe quoi."

"Comment pour ma mère exister sereinement avec en elle une plaie de laquelle un sang coule depuis le portail de l'église ?"

Après son abandon, Michel Onfray décrit avec une grande sensibilité sa vie d'enfant, son cauchemar quotidien, ses sanglots je pouvais les respirer, les vivre, en lisant la description de son désespoir.

J'ai tellement sangloté enfant, quand mes parents me laissait à l'école, je vivais un abandon quoidien, je ne sais pas si j'aurais survécu à l'orphelinat. Michel Onfray s'est accroché à la connaissance, au savoir si méprisé par les curés pédophiles qui ont croisé sa route quatre années durant.

Je vous encourage à lire cette préface : autoportrait à l'enfant, et à venir donner votre sentiment ici, si vous en avez le temps.

 

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Shounkpe 10/08/2014 04:40

On peut faire des enfants, mais on est pas TENU d'en faire.
Constat. On nous éduque pour le principe de réalité, on nous demande d'avoir des plaisirs sociaux : on fait des enfants, on entre dans des logiques d'honneur, de pouvoir, on participe à des stratégies sociales, on est acteur du théâtre mondain.

Michel Onfray compose des pages très lucides sur le désir d'enfant. Sa position reste très explicite : par amour des enfants, on ne devrait pas en faire. Car en infligeant la vie, on voue sa progéniture à l'inéluctabilité de la mort, on la soumet à l'intérêt qui mène le monde, on l'oblige au travail salarié dur et contraint, on l'expose à la précarité et au chômage. Dès que l'enfant paraît, on bricole dans l'incurable (Cioran), c'est-à-dire qu'on fait avec. Par ailleurs, dès qu'on devient père ou mère, on cesse d'être un individu pour devenir une fonction.

Dali 17/11/2006 12:03

merci Catherine de nous signaler cette préface en effet très éclairante sur le personnage!
j'ai lu qq'uns de ses ouvrages et j'hésitais justement à me plonger dans cette "puissance d''exister"

DM 17/11/2006 11:34

Sans avoir lu cette préface (ni rien d'autre du monsieur, shame on me) ça me donne l'impression qu'il a voulu rompre une chaîne de violence. C'est d'un grand courage aussi je trouve (tout comme choisir de mettre au monde des enfants et de les élever dans la vie)...
Longtemps je n'ai pas compris ce choix de ne pas avoir d'enfants (quand ça vient de personnes qui ont une humanité évidente, c'est d'autant plus obscure), maintenant je suis plus nuancée... Triste pour eux bien sûr, puisque je suppose que quelque chose non réparé de leur enfance est toujours en cause...

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