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Élever son enfant autrement


Pourquoi mes enfants ne vont pas à l'école ? (4)

Publié par Catherine Dumonteil Kremer sur 23 Février 2007, 06:39am

Catégories : #L'école à la maison ou vivre ensemble

Il y a une chose que j'ai constatée dans le comportement de mes filles, qui sont toutes allées à l'école malheureusement... (Agathe n'a fait que le primaire à la maison, et Coline et Claire en sont sortis en début de CE2 et CM1.) C'est qu'elles ont perdu trois éléments moteurs pour l'apprentissage.
Le premier c'est le questionnement, ou autrement dit la curiosité. A force de vivre la contrainte scolaire où on est forcé d'apprendre ce qui ne nous intéresse pas et où la plupart des questions ne sont pas au programme, on se lasse. Les questions restent sans réponse, une information en grande quantité dont on ne perçoit pas toujours le sens doit être stockée par tous les moyens en nous, cela a pour effet d'anesthésier la curiosité.
Les petits enfants en sont naturellement pourvu, ils traversent des périodes où ils posent quinze questions par jour, et des questions auxquelles nous ne savons pas toujours répondre (mais qu'avons-nous donc appris à l'école ?), c'est ainsi que pourrait se faire l'apprentissage de façon souple et naturelle. Ce qui se passe à l'école fait que le savoir que l'on avait envie d'acquérir le plus souvent dans un état d'excitation intense, est devenu un travail imposé, la plupart du temps morne et insipide, du coup on a tendance à se braquer de façon systématique contre ce qui pourrait être un grand plaisir dans nos vies.
Le deuxième élément c'est la motivation, et si vous êtes parents de bambins vous savez combien leur volonté est forte, ils veulent vraiment et ce de toutes leur force. Cette volonté si elle n'est pas brisée par l'éducation sera une excellente base pour la motivation. Cette motivation qui manque tant aujourd'hui aux enfants et aux jeunes ! Cette motivation dont on parle souvent en salle des profs essentiellement pour déplorer son absence. Et bien elle était présente en abondance en chacun d'entre nous, elle nous poussait à l'action. Et je me demande pourquoi cette motivation disparait (j'ai quand même des embryons de réponses), et comment on peut la préserver.
Le troisième c'est l'estime dans leurs capacités à apprendre, liée à l'habitude de considérer l'erreur comme un drame.
A force d'être évaluée, surveillée, à force de ne pas être considérée et appréciée pour ce que l'on est, on engrange un sentiment d'échec assez fort.
On se dit qu'on ne comprend pas, et qu'on ne comprendra jamais, on fait des erreurs et au lieu de les considérer comme des signes de bonne santé, on s'en désespére en se jugeant nul et inapte. On baisse rapidement les bras, considérant comme anormal le temps mis pour assimiler quoique ce soit.


La suite demain...

Catherine Dumonteil-Kremer



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carine 12/01/2012 16:26


waouh ! je souffre en lisant vos articles sur la non scolarisation. ma fille à 3 ans et va à l'école depuis septembre. j'ai envie parfois de lui dire... c'est fini plus d'école car j'aspire à la
liberté pour toi. comment faire pour concilier la vie de couple, la vie familiale, la vie professionnelle et la vie sociale avec deux enfants, un commerce et en ayant reçu en héritage que la vie
est souffrance, que l'on est seul et qu'on ne peut rien changer à cà ? bientot 16h30 et une belette crevée, frustrée et blessée va m'attendre devant le portail auprès de "maitresse bénédicte". je
m'épanche et ca fait du bien.

Marina 01/11/2010 16:36



bonjour,


vous soulevez bcp de questions...je suis jeune enseignante (en fait suppléante car c'est une expérience pour voir si le métier mel plait). Oui, il me plait, mais je me rends compte après
seulement 2 mois qu'on m'a imposé une certaine façon d'enseigner finalement: je fais partie de ces profs qui imposent une couleur de stylo! et je me suis dit après tout, qu'est ce que cela fait?
je vais dc essayer de les laisser choisir leur couleur de stylo...et peut etre qu'avec cela ils seront plus surs d'eux pour donner la plus belle écriture qui soit! bien sur, ce stylo est une
image...mais vous lire m'a questionné sur le genre de prof que je voudrais etre plus tard...


je suis déjà anti-devoirs (j'ai des Cp Ce1)...mais les parents voient ça d'un mauvais oeil...pourtant, je trouve que les parents ont du temps autre que les devoir a passer, mais j'ai l'impression
que ces parents ont besoin de ces devoirs pour se dire que là, ils se st occupé de leur enfant! j'ai beau leur dire que les apprentissages se font en classe, pas à la maison, ils ne concoivent
pas cela...c tres dur des changer des mentalités! et pourtant ces parents st de ma génération (entre 27 et 40 ans)


j'ai moi même hésité avant de scolariser mon fils...on verra! je déplore que l'école Freinet la plus proche soit à 45 minutes...


 


enfin voilà, j'essaie de me dire que si je deviens prof titulaire, ce sera avec ma philosophie...mais elle sera loin d'etre adaptée aux exigences de l'inspecteur...et donc de l'état ...


j'espère juste qu'une révolution est en marche car j'ai qd meme certains collègues proches des pédagogies Freinet et Montessori...


merci pour vos mots


Marina, 30 ans



BérengÚre 25/02/2007 20:34

Comme tout cela est vrai....

Comme l'école aurait besoin d'être repensée de fond en comble, en tenant compte des rythmes biologiques des enfants et de leurs besoins psyhco-affectifs et physiques (entre autres!), de leurs envies, tout simplement.... Démolir ces journées inumaines, démolir ces "contrôles", ces salles de cours, inhumaines aussi, où l'on oblige les enfants à rester assis des heures durant.... Tant de choses à dire...
Tant de questions pour moi, pour ma fille...
La question que je me pose dans la non-sco, c'est la question des liens avec les autres enfants; comment garder une richesse de sociabilités?

Je suis enseignante dans le secondaire et mes méthodes étonnent parfois... J'essaie simplement de "réveiller" la curiosité chez mesélèves... Hélas nombre d'entre eux ont perdu toute confiance (en eux, dans l'école, voire dans autrui)... Quel gâchis.

Continuez de réfléchir et d'écrire; vous faites beaucoup pour nous (parents/enseignants) et pour eux!


Bérengère, maman de Calliste, seize mois, prof et journaliste à Grandir Autrement.

Catherine Dumonteil Kremer 26/02/2007 09:35

Merci à vous Bérengère, de créer un îlot de résistance au sein de l'institution scolaire, ce n'est pas facile à vivre, et c'est très courageux, les enfants ont besoin de vous... Et de tous ceux qui décident un jour de ne plus se conformer aux règles pédagogiques, ils ouvrent une voie nouvelle, ils sont pionniers, je leur souhaite d'être reconnu dans leur démarche par l'éducation nationale !Courage !

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